Retranché à la Maison-Blanche, Donald Trump était furibond en allumant la télévision: "Il a réalisé qu'il avait un gros problème"
La position du gouvernement américain vis-à-vis de la mort d'Alex Pretti, abattu par la police de l'immigration à Minneapolis, a drastiquement changé ces derniers jours. "Donald Trump a réalisé qu'il avait un gros problèmes en allumant la télévision", confie le New York Times. Coulisses d'une nouvelle volte-face du président américain.

- Publié le 29-01-2026 à 14h55
- Mis à jour le 29-01-2026 à 15h04

Ce samedi 24 janvier, Alex Pretti, abattu par l'ICE, était un "terroriste". Dimanche, il était un "assassin". A présent, l'administration Trump lui accorde enfin le statut de victime, en écartant les responsables de sa mort et en acceptant que soit ouverte une enquête. Mais en lui reprochant encore et toujours d'avoir amené une arme à une manifestation.
Pour en arriver à un tel changement de ton, il a fallu que plusieurs jours s'écoulent, que les preuves s'amassent et que le président ouvre les yeux. Retour sur les 48 heures qui ont changé la donne pour Donald Trump.
Bloqué à la Maison-Blanche, Donald Trump cogite
Au moment du drame, Donald Trump est enfermé à la Maison-Blanche. La vague de froid qui frappe Washington et le manteau blanc qui recouvre la ville poussent le chef d'Etat à se retrancher dans son bureau. Les heures qui suivent le décès de Pretti, le milliardaire jette un œil inquiet aux émissions d'informations, comme le rapporte le New York Times. Ce qui le préoccupe ? Non pas la mort d'un citoyen américain, mais l'image que l'on renvoie de son administration dans les médias. Il faut dire que, de manière générale, la couverture est négative. Les images du drame ne tardent pas à fuiter. Les propos tenus par le conseiller de Trump, Stephen Miller, et la secrétaire d'Etat à la sécurité intérieure, Kristi Noem, visant à incriminer l'infirmier décédé passent mal.
Le locataire de la Maison-Blanche est furibond. Cette séquence éclipse, selon lui, tout son travail en termes d'immigration et de contrôle des frontières. "Deux dossiers qu'il considère comme ses principaux succès et sur lesquels il revient sans cesse lorsqu'il se sent politiquement assiégé", écrit le New York Times. Il compte d'ailleurs sur ces deux atouts pour les élections de mi-mandat. Mais il craint qu'à présent la mort d'Alex Pretti ternisse son bilan.
D'autant qu'il commence à recevoir des coups de fil paniqués de collaborateurs et élus républicains, qui lui demandent de prendre les choses en main. Le sénateur Lindsey Graham fait partie de ceux qui tirent la sonnette d'alarme au cours d'un bref entretien téléphonique: "J'étais parmi ceux qui lui disaient que son intuition était juste. Personne ne comprend mieux la télévision que lui", déclare après coup l'élu de Caroline du Sud. Toujours, selon le média américain, le CEO d'Apple, Tim Cook, décroche également le combiné pour échanger sur la situation avec le président.
Le dimanche soir, Donald Trump effectue une première courbe rentrante. Il laisse entendre au Wall Street Journal qu'il est favorable à ce qu'une enquête soit ouverte sur la mort d'Alex Pretti.
Le lendemain matin, rebelote. Le locataire de la Maison-Blanche s'installe devant son petit écran. En quelques minutes, il comprend que la colère gronde toujours. Ils sont nombreux à lui demander des comptes. Même l'animateur de l'émission qu'il affectionne "Fox & Friends" sur FoxNews, qui va traditionnellement plutôt dans son sens, tient un discours qui ne lui plaît pas. A trois reprises en deux heures, il appelle Donald Trump à agir en envoyant Tom Homan, son conseiller anti-immigration surnommé le "tsar des frontières", à Minneapolis pour superviser les opérations de l'ICE.
Comme le rapporte le New York Times, vingt minutes après la fin du programme de Fox News, le président américain annonce sur ses réseaux sociaux qu'il fera appel à Tom Homan à Minneapolis, à la place du controversé Gregory Bovino. Coïncidence ? Le média américain n'y croit pas.
L'équipe présidentielle s'adoucit
Dans ses prises de parole qui suivent, Donald Trump adopte un ton beaucoup moins dur à l'égard d'Alex Pretti. Sa porte-parole, Karoline Leavitt, le suit, créant un décalage notable avec les propos de Stephen Miller et Kristi Noem. Cette dernière demande à s'entretenir avec le président. Dans la soirée de lundi, elle est reçue avec son conseiller Corey Lewandowski dans le bureau Ovale pour une discussion qui dure environ deux heures. Si le président évoque le changement de stratégie dans le Minnesota, il embraye rapidement sur d'autres sujets comme la construction de sa nouvelle salle de bal. La secrétaire à la sécurité intérieure comprend alors qu'elle n'a pas à craindre pour son poste. Le locataire de la Maison-Blanche en a déjà fini avec Alex Pretti.
Pourtant, les Américains, eux, ne sont pas prêts à faire une croix sur ce qu'il s'est passé, comme le pointent les sondages. Les mobilisations se poursuivent pour réclamer de vrais changements vis-à-vis de l'ICE. Mais, ça, le président ne semble pas l'envisager.