Offensive contre le vote par correspondance : voici comment Donald Trump veut une fois de plus brider les législatives
Il a pris un décret présidentiel pour contrôler l'organisation du vote par correspondance – qu'il déteste, mais utilise…

- Publié le 01-04-2026 à 20h54
- Mis à jour le 01-04-2026 à 21h17

Obsédé par l'issue potentiellement catastrophique des prochaines élections législatives pour le Parti républicain, Donald Trump a signé mardi un nouveau décret présidentiel censé réduire, selon lui, le risque de fraudes dont il assure que se rendront inévitablement coupables ses adversaires démocrates. Il cible spécifiquement, cette fois, le vote par correspondance, en enjoignant aux services postaux de n'envoyer des bulletins de vote qu'aux électeurs dont le nom figurera sur des listes établies par le département de la Sécurité intérieure (DHS), avec l'aide de l'administration de la Sécurité sociale.
Comme d'autres du même acabit auparavant, cette initiative sera combattue devant les tribunaux dans la mesure où, aux termes de la Constitution américaine, l'organisation des élections relève de la seule compétence du Congrès et des États de l'Union. Il n'appartient ni au Président ni à son gouvernement, et encore moins à la poste, de déterminer qui a le droit de voter en restreignant l'envoi des bulletins.
Gesticulation inutile
Quand bien même le décret ne serait pas invalidé par la justice, les experts estiment qu'il serait matériellement impossible, faute de temps, de l'appliquer au scrutin de novembre prochain. D'aucuns dénoncent donc une gesticulation inutile, qui sert seulement à rappeler l'hostilité viscérale de Donald Trump à l'égard du vote par correspondance. Ce qui n'avait pourtant pas empêché le Président d'utiliser lui-même le procédé pour voter dans un scrutin local à Palm Beach, le 24 mars, alors qu'il se trouvait sur place…
Donald Trump n'a de cesse de vouloir modifier les conditions dans lesquelles se dérouleront les "midterms". Il a encouragé un redécoupage des circonscriptions électorales, exigé (vainement jusqu'ici) que les États lui remettent leurs listes électorales pour les contrôler, et tenté de changer la législation en imposant notamment l'obligation de fournir une pièce d'identité avec photo pour voter (le projet de loi est bloqué au Sénat).