Depuis la Maison-Blanche, Donald Trump durcit ses attaques contre les élections : "La seule raison de voter contre ce texte, c'est pour tricher"
À l'approche des élections législatives de mi-mandat qui s'annoncent difficiles pour son parti, le Républicain a utilisé une allocution en prime-time, depuis la Maison-Blanche, pour intensifier ses efforts de remise en cause du système électoral.
- Publié le 17-07-2026 à 06h39
- Mis à jour le 17-07-2026 à 09h43

Élections truquées, machines de vote vulnérables, interférence de la Chine dans la présidentielle de 2020… À quelques mois des élections législatives de mi-mandat (midterms) de novembre qui pourraient lui être défavorables, Donald Trump a cherché une fois de plus à semer le doute sur l'intégrité du système électoral dans une allocution prononcée, jeudi 16 juillet, depuis la Maison-Blanche.
Lors d'un discours d'une trentaine de minutes, que certaines chaînes nationales avaient décidé de ne pas retransmettre redoutant une avalanche de contre-vérités, le Républicain a notamment accusé Pékin d'avoir obtenu illicitement 220 millions de fichiers d'électeurs américains, comprenant notamment les noms, les adresses, les numéros de téléphone et les préférences d'affiliation politique, et organisé une vaste campagne d'influence pour le faire battre en 2020. Il a également reproché à "l'État profond" et des "bureaucrates renégats" d'avoir dissimulé ces actions.
Les Démocrates ciblés
Il s'en est aussi pris aux machines de vote, susceptibles d'être piratées, évoqué un groupe démocrate dans l'État clé du Michigan coupable de fraude électorale et indiqué que le Département de la Sécurité Intérieure (DHS) avait identifié approximativement 278 000 non citoyens inscrits sur les listes électorales pour les scrutins fédéraux. "Comme les États dirigés par les démocrates refusent de partager leurs fichiers électoraux, le nombre réel est en réalité bien plus élevé", a-t-il même avancé.
Pour appuyer ses dires, le président a renvoyé le public à des documents largement caviardés, publiés sur le site de la Maison-Blanche. "Chaque Américain mérite de savoir que, lorsqu'il vote, son bulletin sera correctement comptabilisé dans un système fiable et sécurisé. Un système où la fraude et les ingérences ne sont pas seulement difficiles, mais pratiquement impossibles, a-t-il déclaré. Malheureusement, le système dont nous disposons aujourd'hui est très loin de répondre à cette exigence."
Si le cadre – décor solennel de la Maison-Blanche, prime-time – lui donne un poids particulier, le discours de Donald Trump n'a rien de nouveau. Depuis sa défaite face à Joe Biden en 2020, il cherche à faire croire que le système électoral est gangrené par la fraude. Du moins, quand il perd. Une affirmation battue en brèche par les experts indépendants et les administrateurs des élections.
Aujourd'hui encore, il ne s'entoure que de personnes qui défendent le "Big Lie" ("Grand mensonge") du "vol" de la présidentielle par Joe Biden. Interrogé sur le sujet, mercredi 15 juillet, lors de son audition devant les sénateurs, Jay Clayton, nommé par Donald Trump pour diriger le renseignement national, a refusé de dire que le Démocrate avait remporté le scrutin, se contentant d'indiquer que sa victoire avait été "certifiée" par le Congrès. Réponse devenue courante chez les "négationnistes électoraux" qui veulent botter en touche.
L'objectif de Donald Trump : pousser le Congrès, où le Parti républicain est majoritaire, à adopter le "SAVE America Act", un texte controversé qui prévoit notamment d'obliger les personnes qui s'inscrivent sur les listes électorales à fournir une preuve documentaire de leur citoyenneté américaine (passeport, certificat de naissance, document de naturalisation) de manière à empêcher les non-citoyens de voter.
Restreindre le droit de vote
Les détracteurs de ce projet de loi craignent au contraire qu'il ne conduise à restreindre le droit de vote car des millions d'Américains n'ont pas facilement accès aux documents exigés, en particulier des personnes âgées, des populations pauvres, des étudiants ou certains groupes minoritaires. Ils s'inquiètent aussi de nouvelles conditions pour voter par correspondance, un mode de scrutin plutôt utilisé par les Démocrates.
Donald Trump ne l'entend pas de cette oreille. "La seule raison pour laquelle vous ne voteriez pas en faveur de ce texte, c'est que vous voulez tricher, parce que vos politiques sont tellement mauvaises et vos candidats tellement pitoyables que vous ne pouvez pas vous en sortir – ou être élus – autrement", a-t-il affirmé.
Après avoir poussé des États républicains à redessiner les circonscriptions électorales de la Chambre des Représentants pour favoriser son parti aux "midterms", Donald Trump veut utiliser tous les moyens à sa disposition pour peser sur les résultats. Traditionnellement, ces scrutins de mi-mandat ne sourient pas au parti au pouvoir, surtout quand le président est impopulaire. Ce qui est le cas aujourd'hui. Il recueille 37 % d'opinions favorables, selon un sondage du Washington Post sorti jeudi. "Si nous ne gagnons pas, a-t-il dit en janvier aux parlementaires républicains, ils (les Démocrates) trouveront une raison de me destituer".
