Qui est Kim Ju Ae, l'héritière présumée du régime nord-coréen ?
Longtemps cachée à la population du pays, Kim Ju Ae s'impose peu à peu sur la scène publique nord-coréenne. La fille de Kim Jong-un apparaît aux côtés de son père dans les grands rendez-vous militaires et diplomatiques. Tout laisse penser qu'elle pourrait être préparée à lui succéder, une première pour une femme dans l'histoire du pays.
- Publié le 03-09-2025 à 15h39

Ce mercredi 3 septembre, lors du défilé militaire organisé à Pékin, une invitée a attiré les regards : Kim Ju Ae, la fille du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Ce n'était pas sa première apparition publique. Le 19 novembre 2022, les Nord-Coréens la découvraient pour la première fois, main dans la main avec son père, lors de la mise en scène du tir d'un missile intercontinental Hwasong-17.
Son existence avait été révélée bien plus tôt, en 2013, par l'ancien basketteur américain Dennis Rodman, proche du dirigeant nord-coréen. Mais son nom n'avait jamais été confirmé officiellement. Ce n'est que grâce aux services de renseignement sud-coréens que son identité a été précisée : il s'agit bien de Kim Ju Ae, née de l'union entre Kim Jong-un et Ri Sol Ju, l'épouse du dirigeant et ancienne chanteuse.
Depuis deux ans, sa présence aux côtés de son père s'intensifie. Elle a été photographiée dans des cérémonies militaires ou accompagnant son père lors de visites diplomatiques. Toujours dans un cadre officiel, en présence de l'armée. En faisant jouer à sa fille un rôle public, Kim Jong-un souhaite consolider les liens entre la famille régnante et l'armée, qui possède un rôle central dans le régime.
Ce qui frappe aussi, c'est l'apparence de Ju Ae. Celle-ci détonne à Pyongyang, avec ses lunettes Gucci, sa montre Cartier ou encore sa veste en cuir semblable à celle de son père. Ses accessoires ostentatoires contrastent fortement avec l'austérité du pays.
Pour les analystes, sa présence à Pékin marque une étape supplémentaire. "En accompagnant son père en Chine, elle fait ses débuts officiels à l'étranger", explique Yang Moo-Jin, ancien président de l'Université des études nord-coréennes de Séoul. Selon lui, il s'agit d'une "dernière étape vers la succession".
Si Kim Ju Ae venait à succéder à son père, elle deviendrait la première femme à diriger la Corée du Nord depuis sa fondation en 1948. Une possibilité encore incertaine, mais qui semble de plus en plus probable.
En effet, l'idée d'une succession féminine semble ne pas poser de problème au régime. Des timbres ont même été imprimés à l'effigie du duo père-fille. Le niveau de protocole qu'elle reçoit, sa place aux côtés de son père ou encore le traitement médiatique qui lui est réservé renforcent l'hypothèse de son rôle d'héritière.