Croyante, la Reine aura défendu la foi et gouverné l'Église d'Angleterre
La reine Elizabeth II a fait preuve de fidélité envers l'Église d'Angleterre durant son règne.

- Publié le 08-09-2022 à 22h10
- Mis à jour le 09-09-2022 à 18h36

"Je vous ai été - et reste - reconnaissante pour vos prières, et reconnaissante envers Dieu pour son amour constant. En effet, j'ai vu sa fidélité."
Tels sont les quelques mots, témoins de sa foi personnelle, que l'on peut lire dans la préface de la biographie d'Elizabeth II The Servant Queen. Et de fidélité, on peut dire que la Reine en a fait preuve vis-à-vis de l'Église d'Angleterre. Comme ses prédécesseurs, Elizabeth II fut en effet "défenseur de la foi et gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre" dès son arrivée sur le trône.

Un pouvoir symbolique mais des obligations réelles
Constituée au XVIe siècle par le schisme d'Henri VIII avec Rome, l'Église d'Angleterre, Église mère de la Communion des Églises anglicanes, a à sa tête les monarques anglais. Ce sont eux qui ont pour devoir de "maintenir et préserver de manière inviolable l'établissement de l'Église d'Angleterre et la doctrine, le culte, la discipline et le gouvernement de celle-ci, comme l'établit la loi en Angleterre" ; un culte et une doctrine soucieux de leur indépendance, mais qui naviguent entre le protestantisme et le catholicisme.
Pour autant, le titre est essentiellement symbolique. Si c'est officiellement la Reine qui nomme les archevêques et évêques de l'Église d'Angleterre, c'est une Commission dédiée qui prépare les nominations. De même, les manettes de cette Église d'État sont tenues par l'archevêque de Cantorbéry (Canterbury en anglais, NdlR) qui est Justin Welby depuis 2013. C'est ce dernier, avec son confrère de York, qui préside ainsi le Synode de l'Église d'Angleterre qui a autorité sur la doctrine et la liturgie.
Notons que la Reine a aussi le devoir de "maintenir l'Église d'Écosse". Mais la Reine n'en est que membre ordinaire.
Si le pouvoir de la Reine est donc avant tout symbolique, les obligations liées à ce titre le sont moins. Le monarque britannique a l'obligation d'être de confession anglicane. C'est ainsi qu'en 2001, après sa conversion, Nicholas Windsor a été exclu de la succession au trône britannique (il occupait alors la 37e place). Les conjoints des membres de la famille royale peuvent cependant ne pas être anglicans.