Israël a délibérément ciblé des enfants palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, selon une commission de l'Onu
Cette commission d'enquête est composée de trois juristes internationaux de haut niveau et présidée par un ancien juge.

- Publié le 25-06-2026 à 18h28

L'armée israélienne est accusée par une commission indépendante de l'Onu d'avoir délibérément ciblé des enfants à Gaza et en Cisjordanie.
Composée de trois juristes internationaux de haut niveau et présidée par l'ancien juge indien Srinivasan Muralidhar, la commission explique avoir constaté un schéma de comportements montrant une volonté d'anéantir l'avenir des Palestiniens et réitère sa conclusion – en septembre 2025, ces mêmes experts avaient déjà conclu que l'action militaire d'Israël répondait à la définition juridique du génocide – selon laquelle Israël nourrit des intentions génocidaires. Une position de plus en plus partagée par de nombreux experts dont des universitaires israéliens et des organisations de défense des droits humains, comme le rappelle le Washington Post.
Les comportements relevés sont des tirs délibérés sur des enfants par des soldats, la destruction d'hôpitaux, de maternités et d'écoles et l'utilisation indiscriminée de munitions explosives. De plus, Srinivasan Muralidhar affirme que l'armée israélienne a continué à cibler des enfants même après la conclusion d'un accord de cessez-le-feu avec le Hamas en octobre dernier.
Tirs intentionnels, maltraitance…
Dans son enquête, la commission a consulté des dossiers médicaux et a interrogé des victimes, des familles, des professionnels de santé ainsi que des avocats. 17 membres du personnel médical déployés à Gaza ont affirmé avoir constaté que les enfants ne présentaient généralement qu'une seule blessure par balle, laissant "penser que le tir était intentionnel et non accidentel ou le résultat d'un tir aveugle".
À Jabalya, dans la bande de Gaza, un cas particulièrement frappant a été rapporté. Un enfant de 16 ans a été abattu par des soldats israéliens avant que ces derniers ne roulent sur son corps avec un char. À Khan Younis, un enfant de 15 ans brandissant un drapeau blanc a été tué ainsi que son frère et leur mère par un tireur d'élite israélien.
En Cisjordanie, la commission accuse l'armée israélienne de cibler systématiquement les garçons et fait état de nombreux cas de maltraitance à l'égard d'enfants lors de leur arrestation et de leur détention, ce qui constitue un crime de guerre.
Une "calomnie diffamatoire", selon Israël
Le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié ces conclusions de "texte de propagande aussi scandaleux que les précédents", de "calomnie diffamatoire" et a fermement rejeté le rapport assurant qu'il était "dépourvu de tout mécanisme de vérification crédible".
"Utilisant la démagogie des accusations de crime rituel modernes pour diffamer Israël [le document] dissimule activement des preuves évidentes d'atrocités terroristes", ajoute le ministère israélien, qui accuse la commission de fermer les yeux face aux crimes commis contre les enfants israéliens.