Piotr Van Montagu : "Le tir à l'arc, c'est 70 % de mental et 30 % de physique."
L'archer belge né sans bras vise le podium aux Jeux paralympiques de Paris.
- Publié le 28-08-2024 à 13h51
- Mis à jour le 28-08-2024 à 13h52

Né sans bras et avec une malformation des jambes, Piotr Van Montagu est aussi doté d'un mental d'acier et d'une endurance à toute épreuve. Celui qui a jeté son dévolu sur le tir à l'arc par passion pour le Seigneur des Anneaux et ses personnages d'elfes archers, s'entraîne depuis plusieurs années pour tenter décrocher une médaille olympique en tirant avec… ses pieds. Le Carolo qui était arrivé neuvième aux jeux de Tokyo et dont les performances rendent jaloux des archers dits valides espère pouvoir grimper sur le podium à l'issue des Jeux paralympiques de Paris. "On ne peut jamais être tout à fait sûr, mais au vu des résultats de mes derniers entraînements, je suis assez optimiste", confiait-il à la veille de son départ vers la capitale française.
Pour maximiser ses performances Piotr Van Montagu s'entraîne avec un préparateur physique à raison d'une séance d'une heure et demie par semaine. "On fait beaucoup de renforcement musculaire au niveau de la jambe qui porte l'arc. Il n'est pas tout léger et je dois pouvoir le maintenir stable quand il y a du vent par exemple. Et puis il y a aussi tout ce qui est gainage au niveau du tronc, pour que je ne parte pas en arrière quand je tiens l'arc", explique l'athlète.
À cette séance hebdomadaire s'ajoutent deux à trois sessions de tir pur et dur. "Finalement, il n'y a pas tellement de différences entre moi et un tireur valide. Au niveau de l'entraînement, c'est la même chose et mon arc est également tout à fait pareil. Il n'y a que ma position qui est différente mais, une fois que c'est acquis, il n'y a plus qu'à ! Au niveau de l'arc en lui-même, il n'y a rien. La plus grosse adaptation, c'est l'équipement que j'ai sur l'épaule pour tenir la corde. C'est un prothésiste bruxellois qui l'a fabriqué. Cela a été des mois et des années de galère pour avoir cet équipement. Le prothésiste était très occupé donc j'ai dû attendre trois ans. Je suis entré au club de tir en 2015 mais je n'ai pas pu tirer avant 2017-2018."
Palpitations et self-control
"On dit que pour le tir à l'arc, c'est 70 % de mental et seulement 30 % de physique. Il faut pouvoir gérer les palpitations, par exemple, et c'est un peu compliqué de tirer quand on tremble dans tous les sens. Pour m'aider, j'ai des séances avec un préparateur mental pour m'aider à comprendre pourquoi je suis stressé, comment gérer ma respiration et des exercices comme cela."
Si cet entraînement doit lui permettre d'aborder les épreuves olympiques avec plus de sérénité, l'exercice d'un sport lui a aussi permis gagner en confiance et, tout simplement, de trouver sa voie.
"Je me suis beaucoup assagi. On m'avait déjà dit que j'avais une bonne maîtrise de moi-même, mais le tir me permet d'être encore plus calme. Parfois je craque et j'ai besoin de faire autre chose, mais sans le tir à l'arc, je ne sais pas ce que je ferais dans la vie. Je ne me vois pas faire autre chose. Et cela me permet aussi de sortir de chez moi et de rencontrer des gens."
