Donald Trump, seul responsable de la faillite de l'État fédéral en matière environnementale ?
La Libre a posé trois questions à Dave Anderson sur le secteur énergétique américain. Dave Anderson est chercheur auprès du think thank Energy and Policy Institute, qui surveille l'évolution du secteur énergétique américain.
- Publié le 11-08-2020 à 14h40
- Mis à jour le 11-08-2020 à 14h41

1. Quels sont les efforts entrepris par les États-Unis en matière de transition énergétique, et sont-ils couronnés de succès ?
Durant les dernières dix à vingt années, des efforts conséquents ont été réalisés dans le domaine de la production d'électricité, principalement pour fermer les réacteurs à charbon, une des options les plus polluantes en termes de gaz à effet de serre. Ces centrales ont été remplacées par des usines fonctionnant au gaz naturel, presque tout aussi problématiques de par ses émissions de méthane. La transition opérée ces dernières années vers des solutions propres (solaire et éolien) a été lancée, mais ces dernières tardent à se révéler économiquement viables, même si c'est en bonne voie.
2. Où se situent les États-Unis en ce qui concerne les politiques publiques "vertes", en comparaison des autres pays ?
Il est un fait que le pays est à la traîne par rapport à d'autres acteurs internationaux, en tout cas en ce qui concerne les initiatives entreprises par le gouvernement fédéral. En revanche, les législations mises sur pied par les États fédérés sont assez satisfaisantes, même si cela dépend des régions. Les municipalités disposent également d'un grand degré d'autonomie en ce sens. Les autorités fédérales ont en tout cas fait preuve de leur incapacité à s'accorder sur des objectifs ambitieux, ceux-ci étant systématiquement bloqués par les Républicains, généralement hostiles à un renforcement des règles encadrant l'industrie énergétique.
3. Donald Trump porte-t-il seul la responsabilité de la faillite de l'État fédéral en matière environnementale ?
Malheureusement. Les législations décidées par l'administration Obama ont été battues en brèche dès l'arrivée au pouvoir du nouveau président, et pas seulement en ce qui concerne l'accord de Paris sur le climat. Au niveau national aussi, son secrétaire d'État à l'énergie Rick Perry a favorisé le sauvetage financier par les autorités fédérales de nombre d'acteurs en difficultés opérant dans les industries énergétiques les plus polluantes. Dans le secteur des émissions de gaz à effet de serre générées par le secteur automobile également, les standards ont été abaissés, à la grande satisfaction des constructeurs nationaux.