Cyclone Belal à la Réunion : "Mes voisins réunionnais me disent que ça fait 30 ans qu'ils n'ont plus connu ça. C'était très intense"
Jérôme et Marie racontent comment ils ont vécu le passage du cyclone Belal sur l'île de la Réunion.

- Publié le 15-01-2024 à 15h25
- Mis à jour le 15-01-2024 à 20h08

"C'est mon cinquième cyclone, si je ne me trompe pas, mais c'est la première fois qu'on annonçait un cyclone d'une telle puissance depuis un moment", nous raconte Jérôme Floriant, coach sportif, qui est retourné dans son île natale après avoir passé quelques années en Belgique. Aujourd'hui installé à l'Hermitage-les-bains, côté ouest de l'île de la Réunion, Jérôme ne paraît pas vraiment fort impressionné à ce moment de la journée. "Les vents sont effectivement très violents, il y a également beaucoup de pluies mais, jusqu'ici (14h, heure belge), je ne vois pas forcément une grosse différence avec les autres cyclones que j'ai vécus auparavant. Peut-être le phénomène va-t-il évoluer mais pour le moment, c'est moins catastrophique que prévu et les vents annoncés sont globalement moins forts qu'attendus."
"Ceci dit, poursuit-il, ça reste un cyclone et donc les dégâts sont quand même présents sur plusieurs endroits de l'île. De nombreux endroits sont inondés, des radiers submergés et les habitations moins solides ont quand même pris un fameux coup. Des toits se sont envolés, il y a des coupures d'électricité… Mes craintes sont liées à mon habitation. Le pire scénario serait de voir son toit s'envoler avec la puissance des vents. J'ai des nouvelles de mes amis et ma famille. Tout le monde va bien jusqu'à maintenant. On espère que cela continue dans ce sens…"
Si la situation semble sous contrôle, c'est aussi que le cyclone avait été annoncé et donc, certaines mesures ont été prises, nous explique encore Jérôme. "Étant originaire d'ici, j'ai l'habitude des cyclones et les préparatifs sont toujours les mêmes : acheter des bouteilles d'eau pour pallier les coupures d'eau et l'eau non potable, acheter des bougies et se munir d'une radio pour suivre les infos, veiller à avoir de quoi manger pour quelques jours, rentrer tout le mobilier extérieur à l'intérieur pour éviter les projections ou encore couper les arbres ou plantes qui pourraient présenter un risque de chute".
Peur que la ravine déborde
Chez Marie Cnezsev, on perçoit aussi un "ouf" de soulagement. "La situation s'est calmée donc ça va mieux !, raconte la jeune femme qui habite à la Possession, au nord ouest de l'île. Nous avons eu une première alerte orange dimanche dans la journée puis nous sommes passés en alerte rouge à 20h. Dès l'alerte orange, avec les colocs nous avons commencé à ranger l'extérieur et mettre tout en sécurité pour éviter les dégâts chez nous, mais aussi chez les voisins. Une fois l'alerte rouge passée, nous nous sommes confinés chez nous et avons fermé les volets pour éviter tout projectile sur les fenêtres".
Ensuite, "ce lundi à 6h, nous sommes passés en alerte violette, la plus haute des alertes. Vers 10h les vents et la pluie étaient très forts ; il y avait des voitures dans le parking de ma résidence sous l'eau. Le stress est monté tout comme l'eau dans le jardin et dans le cellier. Nous avons commencé à faire des barrages avec des pierres et des draps de bain pour empêcher l'eau de passer par la porte d'entrée car le couloir des communs était inondé. On a commencé à écoper pour évacuer l'eau de l'intérieur".
Pour Marie, c'est une première. "Mes voisins réunionnais me disent que ça fait 30 ans qu'ils n'ont plus connu ça. C'était très intense. Mes principales craintes étaient de perdre ma voiture. J'avais peur que la ravine derrière mon jardin déborde et vienne inonder l'immeuble car j'habite au rez-de-chaussée. Heureusement, je sais que mes amis à la Réunion vont bien ; normalement tout le monde est bien entouré et en sécurité."