Face au dérèglement climatique, des solutions et des actions possibles en montagne
L'ONG environnementale Green Cross a récemment organisé un séminaire pour encourager les stations alpines à diversifier leur offre. Quitte à parfois renoncer à certains projets.

- Publié le 14-02-2024 à 09h42

Exit le "tout ski", place à "un tourisme responsable multisaisons". Voilà l'une des quatre priorités fixées par l'ONG à but environnemental Green Cross, qui a organisé en janvier son séminaire annuel, en partenariat avec la mairie de Bourg-Saint-Maurice, avec pour thème "l'accélération du passage à l'action". Preuve que les acteurs des territoires de montagne réfléchissent depuis belle lurette à la manière de diversifier l'offre d'activités toute l'année dans le respect de la nature.
"Pas contre le ski, mais avec lui"
Mais ce n'est pas simple, prévient d'emblée Éric Chevalier, directeur de l'Office de Tourisme des Arcs : "La diversification touristique est une notion à la mode qui génère de nombreux fantasmes. La première étape n'est pas de remplacer le ski mais d'imaginer comment le compléter". Ainsi sur la commune de Bourg-Saint-Maurice, les activités outdoor remportent un franc succès l'été, même si les retombées économiques ne sont pas les mêmes que celles du ski. L'hiver aussi : grâce à l'invention d'un nouveau type de mousqueton plus sécurisant et qui peut se manipuler avec des gants, l'accrobranche commence à fonctionner durant cette saison. "C'est un succès non pas contre mais avec le ski" poursuit-il.
Bourg-Saint-Maurice mise également sur l'événementiel, prenant le contre-pied des événements sportifs habituels, en organisant des événements culturels, comme "Les Arcs Film Festival", y compris en période hivernale.
À Peisey-Vallandry, il y a trois ans, l'École de Ski Français (ESF) a pour sa part mis en place "Montagne Expérience" avec plusieurs stations pour proposer des activités écologiques. Elle travaille aussi avec le Bureau des Guides pour mettre en place un programme baptisé le "petit trappeur" et destiné à emmener les enfants en pleine montagne.
Préparer les domaines skiables à l'après-ski
Une des pistes d'adaptation au dérèglement climatique mises en avant par l'association consiste en outre à renoncer à certains projets. C'est ce qu'a décidé en 2023 le Granier, la première station de ski démontée en Tarentaise, le domaine nordique de Gap qui a fait le choix de se passer des canons à neige pour la saison 2023-2024 ; la station des Arcs qui a arrêté de faire la promotion de sa destination sur les vols long-courriers ou encore celle de La Plagne qui abandonne définitivement le ski sur son glacier.
L'association Green Cross a désormais pour ambition de "faire émerger des démonstrateurs, des projets pilotes, à la hauteur des enjeux pour donner à voir ce qui peut être fait localement, immédiatement et avec les moyens à disposition".
De son côté, la Cour des comptes hexagonale recommande que chaque station de montagne élabore son propre plan d'adaptation au changement climatique. C'est ce qu'a fait Métabief dans le Jura, en s'engageant à passer d'une "station de ski" à une "station de montagne" à l'horizon 2040-2050. La Cour va plus loin en préconisant que les financements publics soient désormais conditionnés à l'existence de tels plans et à leur respect…