"L'Union européenne doit devenir l'Union des océans"
La Commission européenne a approuvé le Pacte pour les océans ce jeudi 5 juin, afin de se présenter en leader mondial du sujet lors de la Conférence des Nations unies, prévue à Nice du 9 au 13 juin.
- Publié le 05-06-2025 à 20h29
- Mis à jour le 07-06-2025 à 11h15

La Commission européenne a adopté le Pacte pour les océans ce jeudi 5 juin. En clair, le projet est une agrégation de plusieurs cadres législatifs européens existants, dont la Directive cadre sur la stratégie pour le milieu marin (DCSMM), qui commençait à dater. Objectif : une meilleure coordination des outils législatifs actuels, qui étaient trop fragmentés.
Six objectifs se cachent derrière l'initiative : un océan plus sain, une économie "bleue" compétitive et durable, une meilleure intégration des communautés côtières, un renforcement de la défense et la sécurité maritime, une meilleure connaissance et recherche liées aux océans et enfin un renforcement de la diplomatie internationale des océans.
Pourquoi ce Pacte pour les océans ?
La Commission a rappelé que les océans représentent plus de 70 % de la surface de la Terre, abritent 80 % de la diversité globale et composent environ la moitié de l'oxygène produite sur notre planète. Avant de souligner leur impact économique : 5 millions de jobs à travers l'Union européenne, et 74 % du commerce extérieur européen qui transite par le transport maritime.
"Le Pacte européen pour l'océan n'est pas une bouteille à la mer, c'est un plan d'action concret", a déclaré Costas Kadis, Commissaire européen à la pêche et aux océans. "L'océan est de l'eau, l'eau est la vie. C'est pourquoi le pacte européen pour l'océan est si important pour nous", a ajouté Ursula von der Leyen, la Présidente de la Commission européenne.
Les zones d'ombre qui persistent
L'enthousiasme suscité par la présentation du Pacte pour les océans est tempéré par quelques zones d'ombre. L'application des mesures attendra 2027, et la proposition d'un "Ocean Act". Avant cela, les Vingt-sept devront envoyer leurs plans d'action, d'ici août 2026.
Pour mieux protéger les eaux européennes, la Commission a également annoncé la mise en place future d'une flotte de drones européens. Ils devraient permettre de mieux surveiller les aires maritimes protégées.
Qu'en est-il de l'économie bleue évoquée par l'exécutif ? Le souhait est de stocker du carbone sous la mer, même si le sujet n'a été que brièvement évoqué.
Certains observateurs attendaient avec impatience une régulation plus stricte du chalutage, technique de pêche industrielle destructrice pour les écosystèmes marins. Questionné à ce propos, l'exécutif européen a souligné que le Pacte pour les océans reconnaissait l'importance des aires marines protégées. Un monitoring sera établi zone par zone, afin de voir quelles activités peuvent y être menées.
Côté budget, la Commission européenne compte à la fois sur un financement public et privé pour mettre en oeuvre ce paquet de mesures. Ainsi, des prêts à la Banque européenne d'investissement (BEI) seront sollicités.
Enfin, la Commission a souligné qu'aucune entrave au forage des fonds marins, en vue d'une exploitation minière, voulu par le président américain Donald Trump ne se retrouverait dans le Pacte pour les océans.
