On connaît tous un être qui nous manque, emporté par un cancer : "Soutenir la recherche est plus que jamais indispensable"
"Missing" est le thème de la campagne lancée par le Breast international group (BIG). Cette organisation est le plus grand réseau de groupes de recherche académiques sur le cancer du sein. Ce qui nécessite des moyens importants.

- Publié le 23-09-2022 à 10h10
- Mis à jour le 23-09-2022 à 10h20

Un groupe d'amis souriants, attablés au restaurant ; des joueuses de hockey qui respirent la santé, riant à pleines dents dans le vestiaire ou encore une bande de cyclistes amateurs, en balade à vélo dans les bois : autant de scènes de la vie quotidienne, dans lesquelles on peut tous se retrouver. Des clichés joyeux et colorés qui, à chaque fois, sont doublés d'un autre. Mise en scène quasi identique, genre "Trouvez l'erreur". Pas besoin de chercher longtemps pour s'apercevoir qu'entre les deux prises de vue, il manque à chaque fois un protagoniste. En l'occurrence emporté par un cancer du sein.
C'est en effet de cette manière que le Breast International Group (BIG) a choisi d'illustrer en Belgique sa campagne annuelle, intitulée "Missing" et présentée jeudi à Bruxelles, par cette organisation internationale à but non lucratif qui représente le plus grand réseau de groupes de recherche académiques dans le domaine du cancer du sein, soit quelque 10 000 spécialistes.
À quelques jours du lancement d'Octobre rose, le mois dédié à la lutte contre le cancer du sein, BIG a souhaité rappeler toute l'importance de la recherche, qui ne pourra avancer qu'avec des fonds conséquents.
De figurant volontaire à patient…
Et ce n'est pas Edouard Messina qui dira le contraire, lui qui est venu assister au lancement de la campagne "Missing", où sont exposées les différentes affiches. Cet ingénieur de 58 ans apparaît en cycliste sur l'une d'elles, aux côtés du journaliste sportif de la RTBF, Rodrigo Beenkens. En tant que volontaire, comme tous les autres figurants de cette campagne, il s'est prêté au jeu, pleinement convaincu que la cause valait la peine. "Je suis sportif (cycliste) amateur depuis mon jeune âge. Une collègue avec qui je roule régulièrement a proposé à des membres de notre groupe de participer à cette campagne, nous raconte celui qui, comme nous tous, est touché de près ou de loin par le cancer. On a forcément tous un proche qui est concerné. En ce qui me concerne, c'est mon épouse qui a dû affronter un cancer du sein il y a cinq ans. Pour notre ami Albert (aussi sur l'affiche), il s'agit de sa fille."
Mais lorsque ces photos ont été prises, en avril dernier, Edouard ne savait pas qu'il serait touché à son tour par la maladie. "Parfois, les jours de calendrier ont des destins incroyables, poursuit-il, avec un sourire dans les yeux. La vie continue. On continue à rouler à vélo, à vivre, à être heureux jusqu'au jour où, lors d'un examen médical, j'apprends de manière fortuite que j'ai une tumeur au rein. Je n'ai jamais fumé, je ne bois pas, je suis sportif… et voilà. C'est génétique. Aujourd'hui, je l'accepte. On ne peut en vouloir à personne. C'est comme ça et cela ne m'empêche pas de continuer à faire du vélo. […] L'intervention, qui s'annonce très lourde, aura lieu le jour du lancement de la campagne, le 6 octobre…"
Autant dire que, pour le quinquagénaire, sa participation à "Missing" prend encore plus de sens. "Plus que jamais, il faut continuer à se battre pour qu'avance la recherche", nous dit-il.
La recherche sauve des vies
Cofondatrice de BIG, président de BIG against breast cancer (la branche philanthropique de BIG), directrice scientifique de l'Institut Jules Bordet et professeure à la faculté de médecine de l'ULB, Martine Piccart n'a de cesse de le clamer : "La recherche sauve des vies". Tant et plus, cette spécialiste de renommée internationale le martèle, tant et plus, présentant les résultats encourageants d'études réalisées par BIG. (Lire par ailleurs)
"Soutenir la recherche est plus que jamais indispensable, explique-t-elle. D'autant que, dans le contexte actuel, avec la guerre en Ukraine et la crise économique, la population n'est pas sensibilisée au cancer. Elle a d'autres préoccupations. Toutes les organisations caritatives sont en grande souffrance et il est extrêmement difficile aujourd'hui de mobiliser. Et j'ai peur que cela soit un frein très important au développement de la recherche à un moment où l'on a des technologies extraordinaires pour pouvoir affiner nos connaissances de cette maladie". À bon entendeur…