"L'humain doit rester au centre de nos priorités car c'est là que se joue la réussite du traitement"
Trois questions à Elise Derroitte, vice-présidente de la Mutualité chrétienne à propos d'une étude sur le recours aux anticoagulants en Belgique.

- Publié le 08-01-2026 à 08h45

Réalisée par Elise Derroitte, vice-présidente de la Mutualité chrétienne (MC), une analyse sur les anticoagulants en Belgique a mis en avant l'évolution des prescriptions et le profil des patients concernés; les problématiques de persistance et d'adhérence au traitement, notamment chez les personnes atteintes de fibrillation auriculaire; les risques associés, en particulier les incidents hémorragiques; les enjeux économiques liés à la forte augmentation des dépenses de santé.
Qu'est-ce qui vous a le plus étonné/inquiété dans ce rapport ?
Ce qui m'a particulièrement frappée, c'est que, malgré les avancées thérapeutiques, une part importante de patients interrompt ou ne suit pas correctement son traitement anticoagulant. Cela met en lumière un enjeu humain majeur : la technologie et la simplification des traitements ne remplacent jamais la nécessité d'un accompagnement personnalisé. Derrière chaque chiffre, il y a des personnes qui, parfois, se sentent seules face à la complexité de leur parcours de soins. Cette réalité nous rappelle que la lutte contre les accidents vasculaires ne se gagne pas uniquement avec des médicaments mais aussi grâce à la confiance et au dialogue entre patients et professionnels de santé.
Quels enseignements faut-il avant tout en retenir ?
L'étude montre que l'efficacité d'un traitement ne dépend pas seulement de ses qualités pharmacologiques mais aussi de la capacité du système de santé à accompagner chaque patient dans la durée. Il est essentiel de renforcer le suivi, d'adapter l'information et de valoriser la relation de confiance entre soignants et patients. C'est ainsi que l'on peut garantir que les progrès médicaux profitent réellement à tous, en limitant les risques et en maximisant les bénéfices pour la santé publique. L'humain doit rester au centre de nos priorités car c'est là que se joue la réussite du traitement.
Quel message faire dès lors passer ?
Notre message est clair : à la MC, nous croyons que la qualité des soins passe par l'écoute, la pédagogie et un accompagnement bienveillant. Nous appelons à une mobilisation collective : médecins, pharmaciens, patients et proches doivent collaborer pour assurer la meilleure observance possible. Il est crucial de ne pas banaliser les difficultés rencontrées mais d'y répondre par des solutions accessibles et adaptées. C'est ainsi que nous pourrons garantir à chacun l'accès à des traitements efficaces et sûrs, tout en prévenant les risques liés au décrochage thérapeutique.