Généraliser le début des cours à 9h pour privilégier le rythme physiologique des jeunes en dette de sommeil: bonne ou mauvaise idée?
C'est en tout cas ce que prônent notamment certains scientifiques qui viennent de signer une tribune en France. Qu'en pense une spécialiste belge du sommeil ?

- Publié le 13-03-2026 à 15h27
- Mis à jour le 13-03-2026 à 15h38

Dans une tribune parue mardi dans Le Monde, à l'occasion de la journée mondiale du sommeil, ce vendredi 13 mars, une ancienne ministre de l'Éducation nationale, Anne Genetet, députée Renaissance, et plusieurs scientifiques, médecins spécialistes du sommeil, réclament la généralisation du début des cours à 9 h pour les collégiens et les lycéens. Ils plaident pour "une politique scolaire fondée sur les découvertes scientifiques concernant le rythme physiologique des adolescents".
Pour justifier cette demande, ils partent d'un constat selon lequel "des millions de collégiens et de lycéens se lèvent chaque matin pour arriver aux cours à 8 h dans un état de réveil physiologique qui ressemble davantage à celui de la nuit qu'à un début de journée".
Ce que dit la science
Comme les signataires le soulignent, "la science a démontré qu'à la puberté, l'horloge interne des adolescents se décale spontanément et plus tardivement d'une à trois heures par rapport à celles des enfants ou des adultes. Les jeunes ne sont donc pas capables de mobiliser leur mémoire, leur attention dès 8 h du matin".
Si le sujet a également été évoqué en Belgique, cela engendre d'évidents problèmes d'organisation, notamment pour les parents, nous a dit le Dr Sonia Scaillet, médecin spécialiste du sommeil et actuellement secrétaire de l'Association belge de recherche et de médecine du sommeil (BASS).
Ceci dit, pour cette spécialiste, "c'est une bonne idée, qui est basée sur une observation scientifique : les adolescents ont un décalage physiologique de leur horloge interne, ce qui se traduit par une envie d'endormissement plus tardive que celle observée quand ils étaient enfants. D'ailleurs, les Français ont déjà instauré cette mesure dans deux lycées à Dijon. Mais c'est une solution qui demande une certaine volonté politique".
Pas une solution miracle
Quant à savoir si généraliser à 9 heures, le début des cours pour les adolescents est "la" solution à leur bien-être, le Dr Scaillet répond : "Non, il n'y a pas "une" solution miracle. Mais ce serait un début : cette mesure permettrait, en combinaison avec des campagnes d'hygiène de sommeil, une amélioration de la vigilance, de l'anxiété et du comportement de nos adolescents".
Et à ceux qui estiment que "si l'on commence l'école plus tard, les adolescents iront dormir encore plus tard", la spécialiste rétorque que "même si ceci était vrai pour un petit pourcentage des adolescents, le respect du rythme biologique de l'adolescent par cette mesure aura un effet positif sur une majorité des élèves du secondaire".