La Terre n'a pas toujours été une planète
Une proposition pour une nouvelle définition des planètes est sur le point d'être débattue dans la communauté des astronomes. N'est-il pas surprenant qu'après des milliers d'années à observer le ciel, les astronomes ne soient pas encore d'accord sur une définition des planètes et leur nombre ?

- Publié le 02-08-2024 à 06h35
- Mis à jour le 02-08-2024 à 10h25

La semaine prochaine, à l'Assemblée générale de l'Union astronomique internationale, sera discutée une proposition de nouvelle définition des planètes. La première date de 2006 et ne met pas tout le monde d'accord. Jean-Luc Margot, un astronome belge basé aux États-Unis a donc décidé d'y remédier, avec cette suggestion de nouvelle définition. Sa proposition entraînera aussi un changement radical dans le nombre de planètes existantes, qui passeraient de huit à potentiellement des milliards. N'est-il pas surprenant qu'après des milliers d'années à observer le ciel, les astronomes ne soient pas encore d'accord sur une définition des planètes et leur nombre ? Ces éléments ont en fait fortement fluctué au cours du temps, relativise le planétologue et professeur d'astronomie à l'UCLA Jean-Luc Margot. "Au début de l'astronomie, le Soleil était une planète. La Lune aussi, mais pas la Terre, parce qu'elle était le centre de tout ! Le mot vient du grec planetis qui veut dire "promeneur". Les planètes ont reçu ce terme car lorsqu'on regarde le ciel étoilé, les planètes bougent sur le fond."
La révolution copernicienne a cependant modifié cette vision : la Terre est devenue une planète tandis que la Lune a perdu ce statut. Ensuite, Uranus (1781) et Neptune (1846) ont été découvertes et ajoutées à ce groupe. Les astéroïdes Cérès et Pallas, découverts en 1801, ont eux aussi été classés parmi les planètes jusqu'à ce que les astronomes se rendent compte qu'ils étaient beaucoup plus petits, se trouvent dans une ceinture d'astéroïdes et ne sont pas comparables à la Terre ou Vénus. Ils ont donc quitté cette classification un demi-siècle plus tard. "Le nombre de planètes a varié au cours du temps et le fait que Pluton a perdu ce statut en 2006 fait partie d'une réorganisation. Ici, avec les exoplanètes, c'est une autre réorganisation de notre vision des choses."
Cependant, si la proposition de Jean-Luc Margot est acceptée et que l'astronomie se dirige vers une définition des planètes où le critère est la capacité de nettoyage et non le fait de devenir rond, il estime qu'il faudra inventer un nom pour tous les corps ronds, "qui ont la propriété intéressante d'avoir pu s'arrondir grâce à la gravité" : des planètes, des planètes naines comme Pluton, des satellites… Parmi les suggestions de noms : planemo pour Planetary Mass Objects, "sphero", "circle world"…
Chiffre : la plus petite planète du système solaire, Mercure, affiche une masse de 3.3 x 10²³ kg. Pluton, avec 1.31 x 10²² kg, resterait une planète naine dans la nouvelle définition.