Jeter des ponts après le tsunami

Le docteur Navtej Talwar c'est avant tout un sourire qui irradie, rend confiance. Deux yeux d'aigle, brillants, attractifs. Et sa voix, mélodieuse comme une berceuse, une prière du fond du coeur, termine de captiver. Son plaidoyer bien étayé s'appuie sur de longues mains, fines, aristocratiques.

Thierry De Gyns

Le docteur Navtej Talwar c'est avant tout un sourire qui irradie, rend confiance. Deux yeux d'aigle, brillants, attractifs. Et sa voix, mélodieuse comme une berceuse, une prière du fond du coeur, termine de captiver. Son plaidoyer bien étayé s'appuie sur de longues mains, fines, aristocratiques. Ce docteur-là n'est pas seulement pétri de médecine, mais aussi de rhétorique, de pouvoir de persuasion. Il a l'art de captiver son auditoire.

Un communicateur

Il est psychologue, pédagogue dans l'âme. D'un calme olympien, son esprit vif, analyse, calcule puis avance avec la force d'un bulldozer.

La vague du tsunami était à peine apaisée qu'il avait pris contact avec ses professeurs liégeois et maastrichtois en Santé publique pour lui permettre de partir porter le secours là où il le fallait. Oh, sans moyens démesurés -85 kg de bagages, 8 sacs- mais avec coeur et discernement. Un de ses professeurs néerlandais avait organisé son voyage et l'hôpital proche de l'Unif avait fourni les médicaments. Mais il apportait bien plus. Son sourire, sa main tendue, des espoirs, des liens à tisser avec la Belgique et le Pays de Liège chers à son coeur.

Début décembre, il a remis le cap sur Colombo et le Sri Lanka, "là où, disait-il, avec 40 millions d'euros on peut reconstruire toute la côte". Lui, veut simplement ramener l'espoir, la vie dans le coeur déchiré de tant d'enfants. Leur redonner par le jeu, par quelques peluches, par un dessin offert aux petits Belges l'occasion de voir que le soleil brille encore et qu'on pense à eux.

Il a tenu le même message dans des écoles liégeoises dont, quelques heures avant son envol, N.-D. de la Providence à Jemeppe. MmeServais, la directrice, fut frappée pour sa magie, son pouvoir de séduction. "Sans jamais verser dans le mélodrame, dit-il, sans montrer de photos des hôpitaux ou du tsunami, le docteur a parlé au coeur des 80 enfants. Subjugués pendant 2 heures. Et la première question qui a fusé à la fin de son exposé fut: Que pouvons-nous faire pour vous?"

Rendre la joie!

Cette force tranquille, cette flamme douce qui brille dans les yeux de cet ascète -il se contenta lors de son premier séjour à Sri Lanka de boire 7 litres d'eau par jour et une soupe avec un peu de pain le soir- a conquis aussi les petits Sri Lankais. Il leur a parlé de Liège, de la Belgique, de son Roi, de l'Atomium, des animaux d'ici et de là-bas, leur demandant un dessin pour expliquer leur pays aux petits Belges et les mettre debout, fiers et heureux.

Lui qui parle 7 langues en vigueur dans la région dévastée a cumulé les tâches. Mais il connaît la valeur de l'argent, déniche le meilleur marché, dans la production locale pour aider, soigner, guérir, accoucher même à 2 heures du matin une petite fille, rendre un espoir dans les camps de réfugiés.

Et de retour au pays, une fois les témoignages donnés de ce qu'il a apporté du Pays de Liège, il fonde l'association Saraswati Ji et reprend son bâton de pèlerin. Il récolte de nouveau des peluches, des bics, un peu d'argent. Il reviendra début février pour rendre compte, comme il dit de "la générosité des Liégeois".

© La Libre Belgique 2005

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...