Un saint parmi nous
Ceux qui ont un jour croisé la route de l'abbé Léopold Bentein peuvent être assurés d'avoir rencontré un saint. Peut-être ne lui élèvera-t-on jamais de statue, peut-être son nom ne sera-t-il jamais inscrit dans le calendrier des saints de l'Église, il n'en reste pas moins que la sainteté du chapelain Bentein est de celles qui s'imposent.
- Publié le 27-09-2010 à 04h15
Chronique Ceux qui ont un jour croisé la route de l'abbé Léopold Bentein peuvent être assurés d'avoir rencontré un saint. Peut-être ne lui élèvera-t-on jamais de statue, peut-être son nom ne sera-t-il jamais inscrit dans le calendrier des saints de l'Église, il n'en reste pas moins que la sainteté du chapelain Bentein est de celles qui s'imposent.
Il est né à Liège, le 22 mai 1908, dans une famille d'épiciers de la rue Hors-Château. Des neuf enfants dont cinq garçons, quatre seront ordonnés prêtres. Le petit Léopold ira à l'école à Saint-Paul, puis au collège Saint-Barthélemy et enfin au petit séminaire de Saint-Trond que dirigeait un de ses oncles. Ordonné prêtre le 17 décembre 1932, il est chapelain des Trixhes (Flémalle-Haute) de 1935 à 1950 et ensuite, jusqu'à sa mort le 1er janvier 1991, il sera chapelain de La Brouck (Trooz).
Quand on évoque l'abbé Bentein, on voit une haute silhouette, mince, vêtue d'une longue soutane qui manifestement a connu bien des malheurs, des chaussures visiblement usées et qui se déplace à grandes enjambées. Que ce soit pendant ses quinze années aux Trixhes (où je l'ai connu) ou ses quarante années à La Brouck, le presbytère de Léopold Bentein était à la fois un refuge et un phare. Il y accueillait tout le monde et n'importe qui, il distribuait ses vêtements, ses chaussures (au grand désespoir des donatrices), partageait sa pauvre nourriture, aidait aux démarches administratives des étrangers. Il n'avait évidemment pas de voiture, se déplaçait toujours à pied, en autobus, et était un virtuose de l'auto-stop. Pendant la guerre il recueillait indistinctement résistants, Juifs, prisonniers évadés de toutes nationalités, ce qui lui valut d'être arrêté par les Allemands. A son procès devant le Conseil de guerre, en 1943 à Saint-Léonard, il ne facilita pas, apparemment, la tâche de ses défenseurs en reconnaissant les faits et en déclarant : "Nous avons pour mission d'accueillir tous les malheureux; l'occupation ne modifie en rien notre rôle de prêtre". Finalement, à la surprise générale, lui qui risquait la peine de mort, fut condamné à cinq années de réclusion qui furent écourtées par la fin de la guerre.
Il n'a jamais voulu abandonner ses vieilles soutanes, dont il tirait des profondes poches, des journaux, des morceaux de chocolat qu'il distribuait aux enfants, et même parfois un sachet de frites. Sa volonté de défendre les plus pauvres, les plus affligés, et de stimuler les mouvements de jeunesse l'avait fait militer dans la Joc, les syndicats, les mutualités. A sa mort, dans son portefeuille, on n'a retrouvé qu'un petit billet avec, écrite de sa main, la prière de l'onction des malades.
Vendredi 1er octobre, à l'occasion de la fête de Sainte-Thérèse à qui la chapelle de La Brouck est dédiée, une grande célébration est organisée en l'honneur de l'ancien chapelain. A partir de 14 h., une projection permanente sur grand écran retracera la vie de Léopold Bentein. A 19 h., une messe sera célébrée suivie du verre de l'amitié au presbytère. Rens. : Unité pastorale, tél. 04.365 02 38
