La Belgique peut-elle rêver de jouer le championnat olympique de hockey sur glace ?
Loin derrière le Canada ou les USA, les Belgian Blades (Belgique dames) et les Silver Foxes (Belgique messieurs) existent sur la scène internationale. Sans viser les Jeux à court terme.
- Publié le 20-02-2026 à 08h55

Alors que les tournois de hockey sur glace s'achèvent ce samedi pour les femmes et ce dimanche pour les hommes, la Belgique va observer ces épilogues de loin. Sans grand espoir à court terme de disputer les Jeux.
"C'est compliqué. Aujourd'hui, la Belgique est 37e au classement mondial et il n'y a que douze équipes qualifiées, explique Olivier De Vriendt, le président des Bulldogs de Liège. On pourrait peut-être réussir un tour dans le processus des qualifs, mais la suite serait difficile. Dans ce cas, on devrait mettre le championnat à l'arrêt."
Un championnat du monde chaque année
La Belgique n'est toutefois pas absente de la scène internationale. Elle dispute d'ailleurs le championnat du monde chaque année. Mais dans sa division. En avril, les messieurs y joueront leur tournoi de la division 2, soit le troisième échelon mondial derrière la D1 et la plus haute division où l'on retrouve les meilleures équipes mondiales (Canada, USA, Norvège…), aux Émirats arabes unis avec l'Australie et la Croatie, la Serbie, la Géorgie et les Émirats avec l'idée de monter en D1 et d'éviter la bascule en D3. En attendant, les internationaux belges disputent leurs compétitions nationales tout en regardant les Jeux olympiques, en se mettant à rêver un jour d'affronter ces monstres sur la glace.
Actuellement, le niveau des joueurs belges ne le permet pas. La Belgique peut compter sur des joueurs issus de ses clubs phares comme les Bulldogs, Herentals, Louvain ou Malines qui restent "amateurs".
"On a aussi des Belges qui évoluent aux Pays-Bas, à Geleen, qui dispute un championnat professionnel… en Allemagne. On peut aussi compter sur un joueur en Oberliga, la troisième division allemande professionnelle, ajoute le président d'un club quadruple champion de Belgique en titre. Par contre, les Belges sont absents de la NHL. Par le passé, on a déjà connu des joueurs au Canada qui ont été draftés ou impliqués dans une équipe junior. Malheureusement, les dix dernières années, personne n'a réussi à s'imposer."

Une compétition continentale pour les clubs
Les clubs belges ne restent toutefois pas inactifs. Leur volonté est clairement d'évoluer. "Avec Malines, Herentals et Louvain, on est regroupé dans la CEHL (NdlR : Central European Hockey League). Anciennement, c'était une Beneleague mais les Bären Neuwied, un club allemand, nous ont rejoints, ajoute De Vriendt. On a aussi le championnat belge à côté et la Coupe de Belgique. La finale est devenue un classique entre Herentals et nous. C'est aussi un peu l'événement de la saison en Belgique. On dispute également les premiers tours en Coupe d'Europe et chaque année, on essaie de progresser. Devenir pro ? Il ne faut jamais dire jamais. Si on voulait le faire aujourd'hui, on devrait intégrer une compétition en Allemagne et surtout trouver des sponsors d'une autre envergure. Sportivement, on devra aussi recruter pour avoir des joueurs beaucoup plus souvent disponibles car évoluer dans une division professionnelle implique des matchs en semaine. Ce serait une petite révolution. On est toujours preneur de défis sportifs, mais on ne veut pas non plus mettre l'avenir du club en danger."
Devenir pro ? Toutes les portes restent ouvertes, mais tout devrait être revu chez nous.
Sur une vingtaine d'éléments par match qui se disputent souvent devant 2 000 personnes dans sa patinoire, Liège peut compter sur l'apport de joueurs canadiens, le pays référence du hockey sur glace. Ils sont quatre actuellement à patiner pour les Bulldogs. "La ligue n'en autorise que quatre, précise le président liégeois. Ils sont chez nous depuis quelque temps et ils nous permettent d'équilibrer les forces face aux autres clairement. Ils sont venus pour découvrir autre chose, l'Europe et nous utiliser comme tremplin vers les meilleurs championnats. Dans nos Belges, on a aussi des gars qui ont des origines canadiennes. Cela reste dans leur ADN."

Un sport-études à Liège
Histoire de continuer à pouvoir alimenter leurs équipes sans trop dépendre du recrutement extérieur, les Liégeois ont mis sur pied le sport-études. "Avec Brian Kolo, notre joueur, qui est prof de hockey sur glace. On peut dire qu'on a au moins un joueur pro en Belgique, se marre le Liégeois. L'idée est d'arriver à alimenter le club. Surtout, nous ne sommes pas loin de la France ou de l'Allemagne où les jeunes prometteurs peuvent tenter leurs chances dans des ligues plus relevées et ensuite revenir chez nous plus aguerris."