Le tournoi de repêchage pour Belgium Rugby coûtera plus de 100 000 €
Belgium Rugby a dû mettre la main au portefeuille pour envoyer une équipe compétitive à Dubaï et rêver d'une qualification historique à la Coupe du monde, même si World Rugby intervient.
- Publié le 06-11-2025 à 16h07

Le grand jour est presque arrivé pour les Diables noirs qui disputent dès samedi, à Dubaï, le tournoi de repêchage pour tenter de décrocher le dernier ticket pour la Coupe du monde 2027 en Australie. Depuis l'annonce de l'élargissement du nombre d'équipes, la Belgique n'a jamais eu autant de chances d'y parvenir. Mais cela a un coût pour Belgium Rugby et pour les joueurs.
Car, dans les Émirats arabes unis, la Fédé a envoyé un squad de 31 joueurs et un staff de onze personnes pour quinze jours sur place. "Billets d'avion, logement et autres frais : on dépasse les 100 000 euros", dévoile Thibaut André, le co-CEO de Belgium Rugby. Tout n'est toutefois pas à charge de la Belgique. "World Rugby (NdlR : la Fédération internationale) intervient pour l'équivalent de 38 personnes. Le budget à notre charge reste considérable. En rugby, dès qu'on fait quelque chose, les frais sont immédiatement multipliés par 40 au moins."
Le rugby en Belgique n'est pas la discipline la plus riche et, pour rentrer dans ses frais, Belgium Rugby a d'ailleurs lancé un crowdfunding pour inciter les amateurs de l'Ovalie à participer à ce qui pourrait être un tournant historique.
"On doit réussir à passer des étapes et on veut s'inspirer du Canada qui, pour son équipe féminine, l'avait aussi fait. Cette levée de fonds, c'est surtout pour se projeter sur l'après tournoi. Soit, c'est la qualification et donc la Nations Cup à préparer dans un an. Soit, la non-qualification et, donc, on travaille déjà sur 2031. Deux axes sont donc tracés même si, pour les qualifiés, World Rugby interviendra encore. Le plus dur est donc de passer ce cut."
Les joueurs n'ont rien demandé mais on a débloqué un forfait journalier.
Même si la Fédé internationale participe, les instances belges n'attendent pas que l'argent tombe du ciel et veulent se montrer proactives et imaginatives. Dans ce sens, la réception organisée le 31 octobre avant le grand départ était l'un des leviers.

"On voulait attirer les anciens, créer un événement autour des mecs. La barre était élevée en termes de standing mais l'idée était de ramener les entreprises et montrer que, nous aussi, on sait organiser des choses professionnelles, de manières structurées et très propres. C'était réussi même si on aurait pu avoir plus de monde. On envisage de réitérer l'expérience plusieurs fois dans la saison. Pourquoi pas juste avant le prochain REC (NdlR : championnat d'Europe en 2026) ?"
Même si les chances sont minces, les Belges ne veulent pas louper cette opportunité. La Fédé l'a bien compris et a aussi voulu faire un geste envers ses joueurs. 10 d'entre eux ont d'ailleurs pris congé pour être du voyage. "Les joueurs n'avaient rien demandé mais on a décidé de débloquer un budget forfait journalier de quelques dizaines d'euros pour eux, explique Thibaut André. Après discussions, ils ont surtout demandé des équipements, un pack plus fourni. Cela démontre la mentalité du groupe. Mais, clairement, ils ne seront pas riches au terme des quinze jours sur place. Pour eux, ce n'était de toute façon pas le but."