

Retrouvez toute l'actualité de Sarah Knafo : ses prises de position politiques, son rôle au sein de Reconquête, ses interventions médiatiques et sa campagne pour les municipales 2026 à Paris.
Députée européenne Reconquête et candidate à la mairie de Paris, Sarah Knafo a obtenu 10,40 % au premier tour des municipales du 15 mars 2026. Elle a annoncé son retrait avant le second tour pour "préserver les chances de la droite de l'emporter", sans appeler explicitement à voter pour Rachida Dati.
Sarah Knafo ne ressemble pas au profil habituel des candidats à la mairie de Paris. Ancienne élève de l'ENA, elle aurait pu faire carrière dans les allées feutrées de la haute administration. Elle choisit autre chose : la politique, frontale et assumée, aux côtés d'Éric Zemmour.
C'est lors de la campagne présidentielle de 2022 qu'elle se fait connaître du grand public, comme principale conseillère stratégique du fondateur de Reconquête. Elle est l'architecte discrète mais déterminante d'une campagne qui bouscule les équilibres de la droite française. La proximité avec Zemmour, personnelle autant que politique, alimente les commentaires, mais ne freine pas sa trajectoire.
En juin 2024, elle est élue députée européenne sur la liste Reconquête. Au Parlement de Strasbourg, elle s'impose dans une ligne souverainiste et conservatrice, aux côtés de Marion Maréchal. À 35 ans, elle est l'une des figures les plus en vue d'une droite radicale qui cherche encore sa place dans le paysage électoral français.
Pour Reconquête, Paris est un symbole autant qu'un enjeu. La capitale concentre tout ce que le mouvement combat : politiques cyclables agressives, permissivité supposée sur la sécurité, gestion jugée idéologique de l'espace public. Présenter une liste à Paris, c'est exister dans le débat national.
Sarah Knafo conduit cette liste. Sa campagne cible un électorat de droite qui ne se reconnaît ni dans la ligne Dati, jugée trop accommodante avec la majorité présidentielle, ni dans les orientations des Républicains. Elle veut incarner une droite de rupture, sans concession, qui dit tout haut ce que les autres candidats de droite expriment à demi-mot.
Dans les faits, Reconquête part de loin à Paris. Le mouvement n'y dispose d'aucun élu local, d'aucune implantation militante solide. La campagne Knafo repose avant tout sur la visibilité médiatique et la mobilisation d'un électorat acquis aux idées du mouvement mais peu habitué à voter aux municipales.
Au premier tour du 15 mars, Sarah Knafo obtient 10,40 % des suffrages à Paris, franchissant de justesse le seuil de 10 % qui lui permettait de se maintenir au second tour. Le mardi 17 mars, elle annonce son retrait, expliquant vouloir "donner toutes les chances de battre la gauche". Elle prend soin de préciser qu'elle ne se désiste "pas pour la personne de Rachida Dati" mais "pour Paris". Rachida Dati avait refusé toute alliance officielle avec Reconquête.
Le défi était double. D'abord exister : Knafo a franchi le seuil des 10 % de justesse, là où les sondages lui prédisaient de 6 à 8 %. Ensuite peser : son retrait avant le second tour, sans consigne explicite, a immédiatement alimenté le débat sur le report de ses voix vers Dati, que le camp Grégoire a dénoncé comme une union de fait avec l'extrême droite.
Ensuite, peser : même sans victoire, un score significatif de Knafo au premier tour enverrait un signal fort sur la vitalité de la droite souverainiste à Paris et nourrirait les ambitions nationales du mouvement pour les prochaines échéances.
La concurrence avec Rachida Dati est le nœud de la campagne. Les deux femmes politiques chassent en partie sur les mêmes terres : sécurité, critique du bilan Hidalgo, rejet de la politique cyclable, mais avec des positionnements très différents. Dati joue la crédibilité et le rassemblement ; Knafo joue la rupture et l'identité.
Sarah Knafo ne cherche pas à gagner Paris, elle cherche à y faire exister Reconquête durablement. Sa stratégie est celle de l'implantation : marquer les esprits, obtenir des élus de proximité dans quelques arrondissements, poser les bases d'un réseau local qui n'existe pas encore.
Sur le fond, sa campagne s'articule autour des thèmes nationaux du mouvement déclinés à l'échelle parisienne : sécurité du quotidien, critique de l'immigration incontrôlée, refus des politiques de mobilité imposées aux automobilistes, défense d'une certaine idée de l'ordre urbain. Des thèmes qui résonnent dans certains arrondissements bourgeois de l'Ouest, même si l'électorat visé vote traditionnellement LR.
Sa présence médiatique, plateaux de télévision, réseaux sociaux, interventions au Parlement européen, compense en partie l'absence d'ancrage local. Elle mise sur la notoriété là où elle manque de militants.
Les sondages créditent Reconquête de scores modestes à Paris, loin derrière Dati et Grégoire. Mais, dans une élection fragmentée, même 6 ou 7 % peuvent suffire à peser sur les négociations d'entre-deux-tours ou à priver Dati de voix décisives au second tour.
C'est peut-être là le véritable enjeu de la candidature Knafo : peser sur l'issue sans la décider. À l'issue de la campagne, Knafo s'est dite "extrêmement fière" de son résultat, ajoutant que ce n'était "pas la dernière", alors qu'on lui prête des ambitions pour la présidentielle. Son retrait avant le second tour, qu'elle présente comme un acte d'intégrité, lui a donné une stature politique inattendue dans une campagne où elle partait de très loin.
Pour Reconquête, l’enjeu reste évident : transformer une dynamique nationale en implantation durable dans la politique locale.