Édito: Courage, M. Marcourt
Face à l'adversité, le ministre Marcourt (PS) va-t-il ranger sa réforme du paysage de l'enseignement supérieur au fond d'un tiroir ? Possible. Et ce serait bien dommage.
- Publié le 17-12-2012 à 07h54

Face à l'adversité, le ministre Marcourt (PS) va-t-il ranger sa réforme du paysage de l'enseignement supérieur au fond d'un tiroir ? Possible. Ce serait bien dommage. Car il a le courage de s'atteler à une réorganisation profonde du système, qui en a grand besoin. Certes, notre enseignement supérieur est de grande qualité. Mais ceux qui refusent toute évolution ont-ils seulement jeté un coup œil sur le taux d'échec en bac ? Ont-ils vu la concurrence féroce à laquelle se livrent les établissements ? Pensent-ils vraiment que l'excellence passe par des collaborations entre cathos d'un côté, laïques de l'autre ?
Non, il y a bien matière à réformer. Souhaitons donc à M. Marcourt courage et persévérance. Mais aussi diplomatie, car dénigrer ses opposants catholiques n'aide en rien. Et souplesse, car le blocage ne provient pas que de peurs virtuelles, comme il le prétend. Il repose sur des héritages du passé et des éléments du projet à corriger. En effet, pourquoi le gouvernement désignerait-il le président de l'Académie unique, ouvrant la porte à la politisation, au lieu de mettre en place, par exemple, une tournante entre recteurs ? Pourquoi, alors que les caisses sont vides, affecter quatre millions d'euros par an au simple fonctionnement des nouvelles structures ? Pourquoi ne pas donner à chaque institution les garanties qu'elle ne sera pas bridée dans ses projets, pour autant qu'ils servent l'intérêt commun ? Pourquoi ne pas lever les soupçons de régionalisation larvée en bétonnant des interactions entre Wallonie et Bruxelles ? Que M. Marcourt mette de l'eau dans son vin, ou les accusations de "bouffeur de calottes" et de "régionaliste à tous crins" qu'on lui porte se verront justifiées. Quant aux réfractaires, qu'ils prennent davantage en compte l'intérêt général, et pas seulement celui de leur institution.
Édito de Laurent Gérard
