L'UCL déploie l'armada anti-Marcourt

Courriels, lettres ouvertes, opinions depuis quelques jours les réactions ne cessent de se multiplier sur le dossier.

Alice Dive
L'UCL déploie l'armada anti-Marcourt
©B.Demoulin

Courriels, lettres ouvertes, opinions depuis quelques jours les réactions ne cessent de se multiplier sur le dossier. La réforme du paysage de l'enseignement supérieur, telle qu'elle est concoctée par le ministre compétent, Jean-Claude Marcourt (PS), suscite au sein de la communauté universitaire - mais pas seulement - un débat de plus en plus vif.

Tandis que le point doit être débattu en gouvernement (de la Communauté française) ce vendredi, les professeurs de l'Université catholique de Louvain (UCL), réunis en assemblée générale, viennent de voter une motion de méfiance à ce propos.

Pour rappel, le texte de l'avant-projet de décret prévoit notamment la mise en place d'une Académie de recherche et d'enseignement supérieur (Ares), soit une structure faîtière unique qui chapeauterait cinq pôles géographiques centrés sur l'ULB, l'UCL, l'ULg, l'UMons et l'Université de Namur, et autour desquels graviteraient les hautes écoles et écoles supérieures des arts. L'Ares serait dirigée par un administrateur général nommé par le gouvernement lui-même.

Mais voilà, dans cette réforme en gestation, l'UCL s'estime lésée. Et s'y oppose fermement.

Sur l'Ares d'abord. Au nom de la liberté académique, "essence même de la démarche intellectuelle", nous communique-t-on, "un modèle de gouvernance centralisée au sein d'une académie unique va à contresens des évolutions observées ailleurs dans le monde, qui s'articulent plutôt autour de réseaux à com position variable et en mutation constante". Le schéma proposé par l'avant-projet de décret est, selon l'AG de l'UCL, "dirigiste, coûteux et porteur d'un grand risque de politisation".

Sur les pôles géographiques ensuite. "A nos yeux, ce modèle anéantirait des années de collaborations fructueuses entre les universités constituant une même académie, ainsi que celles établies avec les hautes écoles. Et les mêmes de souligner : "Une collaboration contrainte sur base géographique est contraire à la Constitution qui protège à la fois la liberté d'association et la liberté d'enseignement."

Enfin, le corps académique de l'UCL déclare "ne pouvoir soutenir le rejet par principe de la concurrence entre les universités", estimant au contraire qu'"une émulation justement régulée stimule l'excellence dans tous les secteurs d'activités, y compris dans ceux de l'enseignement et de la recherche".


Ce 22 décembre, Jean-François Raskin, Administarteur général de l'IHECS, sera l'Invité du samedi de LaLibre.be

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