Triple assassinat de Visé: Les secours ont déclaré qu'ils avaient fait l'impossible pour tenter de sauver Esteban

Le premier ambulancier a fait des cauchemars après la scène à laquelle il a assisté.

Sarah Rasujew
Triple assassinat de Visé: Les secours ont déclaré qu'ils avaient fait l'impossible pour tenter de sauver Esteban
©Belga

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12H30: Les secours ont déclaré qu'ils avaient fait l'impossible pour tenter de sauver Esteban

La cour a entendu Malory W, qui se trouvait à bord d'une des ambulances. Les secours ont confirmé qu'ils avaient fait leur possible pour tenter de sauver le petit Esteban. "On a fait des injections d'adrénaline même si on savait que c'était peine perdue, quand c'est un enfant, on essaye toujours", a déclaré l'ambulancière. Celle-ci s'est également occupée de Carol Haid. "Elle était fort inquiète par rapport à son mari et ne comprenait pas ce qu'il s'était passé. Je lui ai dit que son mari était pris en charge et qu'Esteban se dirigeait vers l'hôpital. J'ai essayé de la rassurer comme je pouvais. Je ne lui ai pas dit non plus que son mari n'était pas très vaillant." Malheureusement, l'état de Carole Haid s'est également dégradé avec l'issue fatale que l'on connait. "On a dû s'arrêter sur le pont de visé pour l'intuber."

12H20: Même les urgentistes aguerris ont eu du mal à vivre les faits

Fanny C, qui travaille depuis de longues années aux urgences de la Clinique André Renard de Herstal en province de Liège s'est dit marquée des faits. "C'est l'intervention qui m'a le plus marquée en 13 ans", a-t-elle indiqué. "Le deuxième véhicule arrivé sur place. Je me suis occupée en priorité du petit garçon. J'ai échangé quelques mots à Mme Haid qui m'a demandé de l'aider et de m'occuper du petit garçon." L'enfant était en train de rendre ses derniers souffles. Les secours se sont centrés au sauvetage de l'enfant. "Le petit garçon était en train de passer en arrêt cardiaque alors que Monsieur Philippens n'avait même plus une respiration agonique, ce que j'avais encore sur Esteban."

12H15: Les secours ont expliqué le déroulement de leur intervention sur la scène

La passagère de la première ambulance arrivée sur place a été entendue par la cour d'assises. D'emblée, elle a expliqué que cette affaire avait eu des conséquences sur sa vie. "Ca a mis fin à ma carrière d'ambulancière, c'était quelque chose d'horrible à voir", a-t-elle déclaré. "Esteban était en train de gasper, il y avait énormément de sang. J'ai vu que l'enfant était blessé à la tête, j'ai essayé de compresser les plaies comme je pouvais", a-t-elle poursuivi. "J'ai été perdue, je l'admets. J'ai regardé si il y avait d'autres points d'impacts. On a mis un défibrillateur, on a continué à travailler, on n'a jamais récupéré le petit. On a continué à faire des efforts alors que l'on voyait bien que c'était fini." La dame était visiblement émue de ce qu'elle a vécu. "c'est horrible de tomber sur une scène avec un enfant de 9 ans avec une balle dans la tête. Je suis maman!"

12H: Le premier ambulancier a fait des cauchemars après la scène à laquelle il a assisté

Vincent B, un des premiers ambulanciers qui est intervenu sur les lieux des faits a apporté un témoignage poignant de son intervention. Lorsqu'il est arrivé sur les lieux, il a directement compris qu'il arrivait sur des faits très graves. "J'ai directement vu Esteban derrière la voiture et Mme Haid couchée au sol", a indiqué l'ambulancier. "J'ai tiré le frein à main et je suis sorti de l'ambulance avec ma collègue. Je suis arrivée près d'Esteban, il gaspait, c'est-à-dire qu'il rendait les dernières respirations avant de mourir", a déclaré Vincent B. "Mme Haid était consciente, elle m'a dit qu'elle avait des douleurs aux épaules et qu'elle ne pouvait plus bouger les jambes. Elle m'a pris la main pendant que ma collègue s'occupait d'Esteban."

L'ambulancier a continué son récit poignant. "On m'a demandé de lâcher la main de Mme Haid pour une intervention sur Esteban. On a massé Esteban. La doctoresse m'a dit ça va, c'est fini. J'ai continué à masser." Malheureusement, il n'y avait plus rien à faire pour le petit garçon. Les secours ont toutefois fait l'impossible pour tenter de sauver Esteban. "Ma collègue est allée chercher le brancard dans l'ambulance. J'ai porté le petit et nous l'avons mis dans l'ambulance. On est resté près du petit dans l'ambulance. Je suis sorti et j'ai laissé ma collègue dans le véhicule pour voir si on avait besoin de moi. La doctoresse du Smur m'a dit de partir à la citadelle avec le gamin, le médecin légiste nous attendait déjà." Une scène que l'ambulancier n'oubliera jamais. "J'ai vu beaucoup de choses en 16 ans, mais ce jour-là, j'étais en enfer."

L'homme n'a pas oublié ce qu'il a vécu. "Il y a des moments de l'intervention qui ressortent parfois, Mme Haid qui me tient la main, le gamin en train de gasper. J'en ai fait des cauchemars."

11H: Un conseiller technique de la défense estime que l'on ne peut pas en tirer des conclusions.

Ce mercredi matin, la cour d'assises de Liège a poursuivi l'examen du dossier de triple assassinat reproché à Amadéo Troiano. L'audience a débuté avec une heure de retard car un des jurés a été bloqué sur la route par un accident grave qui s'est déroulé en province de Liège. Ensuite, les jurés ont entendu en même temps l'expert ADN Angelo Abati, mais aussi un conseiller technique de la défense, le Dr Schmidt.

Ce dernier n'a pas eu l'accès à tout le dossier ni aux douilles, mais s'est uniquement basé sur l'expertise d'Angelo Abati. L'expert Abati a reçu en tout 5 douilles à analyser pour déterminer si elles contenaient de l'ADN. "Nous avons reçu une grande enveloppe qui contenait 5 petites enveloppes. Chacune contenait une balle dont 4 avait le même numéro de dossier et la 5e un autre numéro", a indiqué l'expert Angelo Abati. "Sur la douille seule (Ndlr: retrouvée dans la haie après les faits), il n'y avait aucun ADN", a poursuivi Angélo Abati.

"Sur les 4 douilles, il y avait un mélange de 4 profils ADN. Benoît Philippens et Esteban apparaissent sur les douilles et quand je compare le profil génétique du suspect, que je ne connais pas, et je trouve tous les allèles (ndlr: des composants de l'ADN) du suspect mélangé à 4 personnes", a poursuivi l'expert. "Le procureur va estimer que le mélange provient des deux victimes et du suspect et la défense va dire qu'il s'agit de deux profils de personnes différentes", a poursuivi l'expert. Quant au conseiller technique, qui s'est basé uniquement sur les analyses de son confrère, il a estimé que l'on ne pouvait pas en tirer des conclusions. "Il y a certains allèles que l'on ne trouve pas, il y a un total de 5 allèles, on le retrouve de manière partielle et pas complète." La défense avait fustigé le fait que les douilles avaient été analysées ensemble et non séparément.

"Le juge d'instruction m'a interpellé sur le fait que les 4 douilles avaient été analysées ensemble et l'autre séparément. Si on fait un seul prélèvement par douille on a peu de chance d'obtenir un profil génétique, mais comme elles avaient le même numéro de notice, il était plus que probable qu'elles viennent toutes de la même affaire." L'expert s'est toutefois montré prudent. "À aucun moment, je n'ai jamais dit que l'on retrouve l'ADN du suspect, mais on retrouve tous ses allèles. On doit être le plus conservateur possible".

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