Triple assassinat de Visé: un élément-clé enfonce Amédéo Troiano
Le procès d'Amédéo Troiano, suspect dans l'affaire du triple assassinat de Visé se poursuit à Liège.
- Publié le 10-02-2017 à 13h01
- Mis à jour le 10-02-2017 à 18h03

Le véhicule d'Amédéo Troiano présente le même type de vitres et de jantes que ceux de l'auteur du triple assasinat.
Après de longs débats et des contre-expertises, un coup de tonnerre vient de tomber à la cour d'assises de Liège ! En effet, les jantes, mais aussi les fenêtres arrières de la voiture de l'auteur des faits, mais aussi celle d'Amédéo Troinao sont exactement les mêmes!
Ainsi, lors des débats d'audience, la défense tenait argument du fait que bien que les véhicules soient similaires, on ne pouvait pas démontrer qu'il s'agissait bien du véhicule d'Amédéo Troiano. À la suite de ces discussions, les enquêteurs ont analysé toutes les images en leur possession. Ainsi, ils ont comparé les images de la voiture de l'auteur filmée avant et après les faits, une photographie du véhicule d'Amédéo Troiano, flashé en Allemagne, mais aussi la voiture d'Amédéo Troiano utilisée lors de la reconstitution.
Il est apparu de ces analyses que le modèle de voiture correspondait, mais surtout, d'autres éléments encore plus troublants, non seulement les jantes, mais également les vitres arrières fumées des deux véhicules sont exactement identiques… Il pourrait s'agir d'un nouvel élément, peut-être décisif, à charge de l'accusé qui continue de nier les faits.
15h30: Amédéo Troiano a menti à son père
Lors de l'audition par la police, la papa d'Amédéo Troiano a expliqué que son fils lui avait confié ne jamais avoir possédé d'arme. "Son papa nous a expliqué qu'après la décision de la cour d'appel, il n'y avait plus d'action envisagée et que les avocats leur avaient d'ailleurs déconseillé. Il nous a déclaré que son fils n'avait jamais envisagé d'écrire ou encore de rencontrer les banquiers."
L'homme a également été entendu sur le fait que les experts avaient découvert des traces de poudre tant sur une casquette que sur une veste de son fils. "Il nous a expliqué qu'il pensait que cela pouvait provenir d'un feu d'artifice. Mais lorsque nous lui avons expliqué qu'il ne s'agissait pas des mêmes produits, il nous a répondu qu'il n'avait pas d'idée."
Concernant l'arme que possédait son fils, l'homme n'était pas au courant. "Son papa nous a dit que lorsqu'il avait eu connaissance de ces traces, il lui avait posé la question et son fils lui avait dit qu'il n'avait jamais possédé d'arme."
Il est avéré qu'Amédéo Troiano lui avait menti. "Il a été fort étonné lorsque nous lui avons expliqué que son fils lui-même avait admis devant nous qu'il avait une arme", a expliqué l'enquêteur.
15h00: L'épouse d'Amadéo Troiano lui fait confiance
Les enquêteurs ont entendu l'épouse d'Amadéo Troiano. Celle-ci a été entendue le 3 mars 2015. À cette époque, elle vivait à Burdinne chez ses beaux-parents. Interrogée sur le fait que son mari possédait une arme, celle-ci a déclaré qu'il n'en n'avait jamais eu. "Elle nous a dit que son mari n'avait jamais possédé d'arme", a indiqué un enquêteur.
Mais ensuite, une vidéo filmée involontairement prise par Amédéo Troinao lui a été montrée. "Elle a bien reconnu qu'on la voyait sur la vidéo car elle a reconnu son pyjama", a poursuivi l'enquêteur. "Elle a également reconnu le décor de sa chambre à Polleur. Elle a déclaré qu'elle n'avait jamais vu cette arme qui se trouvait sous l'oreiller de son époux." La dame a également déclaré que son mari pourrait lui donner des explications. "Elle a expliqué qu'elle lui faisait toute confiance."
Les enquêteurs lui ont également demandé si elle était l'auteure des recherches concernant le domicile des victimes sur l'ordinateur qu'elle partageait avec son mari. "Elle nous a confié que ce n'était pas elle, qu'elle n'avait rien à voir avec cela", a terminé l'enquêteur.
13h00: "Avec votre enquête, vous m'avez mis dans de beaux draps!"
La cour d'assises de Liège a entendu la suite des exposé des enquêteurs qui ont travaillé sur le dossier à charge d'Amadéo Troiano, soupçonné du triple assassinat de Visé. Les enquêteurs ont retracé les nombreuses variations de versions du suspect tout au cour de l'enquête et des investigations qui a démonté point par point la plupart des versions d'Amédéo Troiano.
L'homme qui disait ne pas avoir détenir d'arme depuis le début de l'enquête a été informé qu'il s'était involontairement filmé alors qu'il manipulait une arme qu'il cachait sous son oreiller. L'homme a alors admis qu'il avait une arme, de la marque Smith et Wesson. Lorsqu'il a été informé que cette marque était la même que celle qui avait servi à commettre les faits, il ne se souvenait plus si c'était bien une arme de ce type qu'il avait détenu. Il a déclaré qu'il avait acheté cette arme et usé toutes les balles dans un endroit situé sur les hauteurs de Herstal.
Mais des recherches à l'endroit réalisées grâce à des chiens spécialisés, n'ont pas permis de trouver aucune trace de tirs. Il a également prétendu s'être fait voler l'arme, mais le cambriolage dont il a été victime a eu lieu avant le film dans lequel il s'est involontairement filmé. Il a alors déclaré qu'il avait revendu cette arme sans permettre de pouvoir identifier celui qui lui aurait acheté. Les enquêteurs ont rappelé que lors d'une de ses auditions, le suspect avait déclaré "Beh oui avec votre enquête, vous m'avez mis dans de beaux draps."
Lorsque les enquêteurs lui ont signalé que des résidus de tirs avaient été retrouvés sur une casquette et une veste noires, Troiano a déclaré qu'il devait s'agir des traces d'un feu d'artifice. Mais les composants des feux d'artifices et de la poudre utilisée dans les balles ne sont pas les mêmes. "Amédéo Troiano a alors déclaré qu'il devait avoir été contaminé par quelqu'un ou lors de ses tirs pour essayer l'arme."
Concernant le véhicule de l'auteur qui présentent des similitudes avec le sien, il dira que des beaucoup de voitures du même type existent. Alors qu'il prétendait qu'au moment des faits, la situation financière de sa société était stabilisée, un enquêteurs a démontré grâces aux propres mails envoyés par le suspect qu'elle était en réalité "désastreuse." Il a été démontré que l'homme, qui bénéficiait d'allocations de la mutuelle se rendait avec des amis dans des bars de prostitution et offrait la drogue et les boissons à tous ses amis.
