Bart De Wever n'a pas dit son dernier mot : Un accord budgétaire "au plus tard" pour le 6 novembre
Les négociations budgétaires ont repris, vendredi soir. Les poids lourds de l'Arizona réussiront-ils à trouver un compromis dans les prochains jours ? Le climat s'améliore, selon le "16".

- Publié le 24-10-2025 à 21h12
- Mis à jour le 26-10-2025 à 15h43

Toujours la même dramaturgie… Un blocage important, des négociations suspendues, puis des réunions bilatérales pour tenter de défaire les nœuds et une réunion en "plénière", tard le soir. Les gouvernements fédéraux se succèdent mais la méthode est immuable.
Vendredi, Bart De Wever a rencontré ses vice-Premiers ministres en colloque singulier. Ces entretiens confidentiels ont permis de clarifier certaines choses, d'établir les lignes rouges des cinq partis de la coalition Arizona. L'exercice a payé : à 19 heures, les négociateurs se sont revus pour la première fois depuis mercredi, lorsque les discussions avaient buté sur un mur infranchissable.
Un accord pour le 6 novembre au plus tard
À l'heure d'écrire ces lignes, peu de choses ont filtré de ce "kern" budgétaire destiné à boucler le budget 2026 et à trouver 10 milliards d'euros sur la législature. Toutefois, les services du Premier ministre, ont communiqué en soirée et ont mis en évidence une amélioration du climat politique : "Le Premier ministre a constaté ce soir, lors de la réunion du kern, qu'il existe toujours une volonté suffisante de parvenir à un accord sur un budget pluriannuel jusqu'en 2029. Le niveau d'ambition fixé précédemment par le kern demeure inchangé. À savoir la norme européenne de dépenses comme socle minimum."
"Les vice-Premiers ministres ont donné leur accord pour poursuivre le travail et les négociations en profondeur, dans le but de pouvoir présenter un accord au plus tard le 6 novembre à la Chambre. S'il n'y a pas d'accord, le premier ministre en fera rapport au chef de l'État."
"Éviter le naufrage budgétaire"
Le vice-Premier ministre des Engagés, Maxime Prévot, a lui aussi communiqué vers les rédactions après le kern de ce vendredi soir. "Chacun est conscient de l'importance du moment et de la nécessité de faire des choix responsables pour éviter le rapide et inévitable naufrage budgétaire du pays si rien d'audacieux n'était décidé. Nous travaillerons donc ardemment d'ici la prochaine séance plénière de la Chambre – le 6 novembre – pour trouver un accord sur la trajectoire jusque 2029 et sur les réformes socio-économiques qui sont actuellement sur la table (pensions, marché du travail, fiscalité, santé…). Il faudra des accords équilibrés qui soutiennent la compétitivité, veillent à la cohésion sociale, et à la juste contribution de chacun."
Pour l'instant, le nœud gordien se situe au niveau des recettes. Le MR campe sur ses positions : pas d'augmentation des impôts. "Il y a encore trop de taxes sur la table. Mais nous restons constructifs", a d'ailleurs déclaré brièvement le vice-premier ministre MR, David Clarinval, à son arrivée au 16, rue de la Loi.
De la "créativité"
Entre autres, les propositions de hausse de la TVA ont particulièrement heurté les libéraux francophones. Bart De Wever a pris leurs griefs en considération : en soirée, deux propositions figuraient à l'agenda des discussions, l'une contient une augmentation de la TVA, l'autre retire cette mesure, mais avance des compensations. Il était question également de rechercher des économies supplémentaires et de mesures destinées à stimuler la croissance. Le maître-mot du jour : la "créativité".
Reste à savoir si cette "créativité" suffira. Certains négociateurs se montraient pessimistes sur la possibilité d'un compromis politique. Jusqu'à provoquer la chute du gouvernement ? Il ne faut rien exclure, entend-on. D'autres insistaient sur le fait que le gouvernement fédéral n'a pas le choix.
La prochaine négociation en "plénière" est prévue ce mercredi.