Georges-Louis Bouchez pourrait devenir le prochain ministre-Président wallon : "Ce n'est plus du tout une simple hypothèse"
Le président du MR se dit prêt à "prendre ses responsabilités". Mais il ne s'agit pas que d'une formule : le libéral envisage réellement de devenir le prochain chef du gouvernement wallon dans une coalition unissant le MR aux Engagés.

- Publié le 10-06-2024 à 14h16
- Mis à jour le 10-06-2024 à 18h09

Dans les locaux du MR, une réunion du bureau de parti a été organisée lundi après-midi. Il s'agissait pour les députés et ministres libéraux d'analyser avec le président Georges-Louis Bouchez les excellents résultats obtenus dimanche : premier parti à Bruxelles, premier parti en Wallonie, score "stalinien" de Sophie Wilmès aux européennes…
Standing ovation pour "GLB"
Fait assez inhabituel chez les réformateurs : les membres du conseil de parti, réunis au QG de l'avenue de la Toison d'Or, ont accueilli leur jeune patron par une standing ovation. C'est le signe d'une nouvelle ère qui s'ouvre sans doute au MR. Georges-Louis Bouchez a souvent été critiqué en interne depuis qu'il avait été élu à la tête du MR en novembre 2019. Lui étaient reprochés son style, son manque de tact…. Tout cela semble oublié, manifestement.
D'autant plus que Georges-Louis Bouchez pourrait quitter… la présidence. Le bruit circule de façon insistante. Fort de son triomphe électoral en Wallonie comme à Bruxelles, le libéral songe à s'emparer de la ministre-présidence wallonne et prendre la suite d'Elio Di Rupo dont il admire le parcours personnel.
Une voie royale s'ouvre à lui alors qu'une majorité entre le MR et Les Engagés tient la corde à la Région (et à la Fédération Wallonie-Bruxelles). Cette configuration politique sans le PS ni Écolo donnerait à l'actuel président libéral la possibilité de mener une série de réformes dans les matières socio-économiques. "Georges-Louis, ministre-Président wallon ? Ce n'est plus du tout une simple hypothèse", confie un libéral.
Direction : l'Élysette
Les libéraux, dimanche soir, ne s'attendaient pas à terminer si haut en Wallonie face à un PS déclinant. Ils ont toutefois rapidement compris qu'une occasion historique se présentait à eux. En s'installant à l'Élysette, à Namur, et en prenant rapidement plusieurs décisions fortes, Georges-Louis Bouchez marquerait les esprits en vue des élections communales et provinciales d'octobre. Ainsi, les socialistes n'auraient pas l'occasion de reprendre leur souffle et le MR remporterait également les élections locales.
Prévot temporise
Bien entendu, avant que Georges-Louis Bouchez ne prenne la tête du futur exécutif wallon, il faut que Les Engagés – probables futurs partenaires du MR – donnent leur accord. Contacté ce lundi, Maxime Prévot, président du mouvement politique, temporise quelque peu. Bouchez à l'Élysette ? "Tout cela est beaucoup trop précoce. Keep calm", répond le patron des Engagés.
Des présidentielles libérales anticipées ?
Georges-Louis Bouchez voudrait en tout cas régler très rapidement cette question. Pour la fin juin. Si ce scénario devait se réaliser, d'autres lignes bougeront. En particulier, la question du renouvellement de la présidence du MR. Pour rappel, le mandat de Georges-Louis Bouchez à la Toison d'Or – le siège du parti – avait été prolongé d'un an, jusqu'à la fin 2024. Et des élections internes devaient être organisées à cette période.
Il nous revient que Georges-Louis Bouchez pourrait réclamer beaucoup plus rapidement la confiance des membres du MR afin de profiter des excellents résultats de dimanche soir et asseoir encore davantage son autorité sur le parti. Ensuite, s'il devient bien ministre-Président, il céderait son fauteuil à un intérimaire qui aurait sa confiance. Comme Charles Michel qui avait confié les rênes du parti à Olivier Chastel lorsqu'il était devenu Premier ministre en 2014. Reste à trouver cette perle rare…
Bouchez, "super-francophone" ?
Selon des bruits de couloir, la présidence du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, où il est également question d'une majorité MR/Engagés, échoirait alors à un membre du parti de Maxime Prévot. Autre scénario : la ministre-présidence wallonne et la ministre-présidence de la Fédération Wallonie-Bruxelles seraient fusionnées et occupées par… Georges-Louis Bouchez.
Ce dernier deviendrait alors le "super-francophone". Il y aurait une logique à cette fusion de fonction, les libéraux réclamant le retour du mécanisme des ministres à "double casquette" (un même ministre est en charge de matières régionales wallonnes et de matières de la Fédération).
Et le 16 pour Bart…
Et pour le poste de Premier ministre, qu'il convoitait ? Georges-Louis Bouchez se serait rangé à l'idée de voir Bart De Wever s'y installer.