La réunion dans un garage d'un candidat MR aux communales fait des remous, des insultes se perdent
Chaque vendredi, La Libre vous propose de retrouver les dernières actualités marquantes concernant les élections communales du 13 octobre.

- Publié le 06-09-2024 à 16h18
- Mis à jour le 11-09-2024 à 15h39

C'est reparti ! Deux mois et demi seulement après les élections fédérales, régionales et européennes, les partis se relancent dans la bataille. Cette fois, dans le cadre du scrutin communal. Et cette campagne risque d'être d'autant plus périlleuse qu'elle se déroule en même temps que les négociations pour la formation des gouvernements fédéral, bruxellois et flamand. Temps forts, candidatures surprises, tensions… La Libre vous propose chaque vendredi de retrouver les faits les plus marquants de la semaine de campagne.
1. Agitation à Schaerbeek: Hadja Lahbib fait un pas de côté
Retournement de situation à Schaerbeek. Hadja Lahbib a annoncé son retrait de la tête de liste MR ce vendredi lors d'une conférence de presse. Faisant part de son choix de se concentrer uniquement sur son potentiel futur poste de commissaire européenne, la ministre des Affaires étrangères a surpris tout le monde. En effet, alors que Georges-Louis Bouchez annonçait proposer le nom de l'ancienne journaliste pour le mandat européen, le président du MR avait assuré qu'elle mènerait tout de même les troupes schaerbeekoises lors des communales.
Quelques jours plus tard, les libéraux ont visiblement changé d'avis. Cela peut notamment s'expliquer par les remous qu'avait suscité la candidature de Mme Lahbib au poste de commissaire européenne au sein de la section schaerbeekoise du MR. Comme La Libre le révélait, certains membres doutaient de sa capacité à mener la campagne dans la cité des ânes, tout en préparant son audition européenne. Était alors évoqué le possible retrait de la ministre des Affaires étrangères de la tête de liste de la commune bruxelloise. Mais d'aucuns supposaient qu'il était inconcevable pour les libéraux de se priver d'une figure si populaire pour le scrutin.
Finalement Mme Lahbib a laissé sa place à Audrey Henry, directrice de communication du vice-Premier ministre, David Clarinval. "Audrey Henry est là pour s'implanter dans la durée et nous sommes légitimes pour revendiquer le mayorat", a précisé Georges-Louis Bouchez.
2. Une réunion dans un garage qui dérange
A peine formée, l'alliance Ensemble de Sambreville – composée initialement de citoyens, de membres du MR, des Engagés et d'Ecolo – a déjà du plomb dans l'aile. Les écologistes ont claqué la porte, suivis par le parti DéFi. En cause, une obscure réunion dans le garage automobile d'un candidat libéral. Les deux formations politiques suspectent Flavio Cioffi d'avoir organisé un meeting en faveur de l'extrême droite italienne. Ces dernières pointent ainsi l'utilisation des figures de Giorgia Meloni et Matteo Salvini pour les flyers de l'événement. "Nous ne portons pas de jugements, mais nous devons rester prudents. Il est inquiétant d'être associé à des formations politiques d'extrême droite antidémocratiques, même si je garde en tête que des trucages sont toujours possibles", a déclaré Baudouin Decharneux (DéFi), dont la présidente de parti Sophie Rohonyi a retiré son soutien à la liste.
Alors, est-ce la fin de la coalition qui voulait barrer la route aux socialistes ? A l'heure actuelle, tout est encore flou. En effet, les candidats DéFi envisageraient de quitter la formation amarante pour poursuivre avec Ensemble à Sambreville. "Que la présidente de Défi soit sortie sans consulter sa locale, c'est surprenant et dommage pour l'image de la politique", a fustigé Clotilde Leal-Lopez (Les Engagés), membre de la liste Ensemble, à nos confrères du Soir. "Monsieur Cioffi, pour nous, ne s'est jamais fait repérer pour des positions extrêmes et il garde notre soutien pour le moment."
De son côté, le candidat libéral au centre de la polémique a nié toute accointance avec l'extrême droite italienne. Il s'est dit victime d'une "attaque directe de Jean-Charles Luperto". "J'ai organisé un événement chez son oncle, et il ne veut pas être associé à la liste Ensemble. Il a d'ailleurs déclaré "il va me le payer". On m'associe à une propagande d'extrême droite alors qu'il s'agissait simplement d'un rassemblement. Forza Italia est un parti de droite en Italie, semblable au MR en Belgique. J'ai par ailleurs le soutien de mon propre parti", a-t-il détaillé.
3. Le bourgmestre de Liège "à bout" insulte une conseillère communale
Lundi 2 septembre, le conseil communal de Liège se déroule comme à l'habitude. Vient ensuite sur la table la situation des habitants de la tour Kennedy. L'élue PTB Céline Fassote prend la parole pour dénoncer les "drames de vie en cours". "Qu'allez-vous faire maintenant ?", interroge-t-elle les autorités liégeoises. Le bourgmestre socialiste lâche alors un discret "connasse". Enfin, difficile d'être discret quand on a un micro ouvert devant soi et des caméras braquées sur soi.
La séquence fait directement le tour des médias. Contactée par la RTBF, Mme Fassote se dit outrée par les propos de Willy Demeyer. L'intéressé, lui, tempère et explique avoir été indigné par les interpellations du parti d'extrême gauche, remplies "de grande malhonnêteté intellectuelle". Il reconnaît toutefois avoir commis une erreur et affirme compter s'excuser auprès de l'élue PTB.
Tout va dès lors bien dans le meilleur des mondes ? Pas si vite… Soucieuse de défendre son collègue, la socialiste Christie Morreale explique, le lendemain, que le mayeur de Liège "était clairement à bout". "La question que l'on n'a pas entendue était profondément malhonnête", justifie-t-elle sur les ondes de RTL. De quoi faire ruminer le président du MR, Georges-Louis Bouchez. "Donc au PS, quand on est à bout, on peut insulter. Et ça se dit un parti progressiste et féministe. La ligne de défense est au moins aussi scandaleuse que l'acte. Cette légitimation de l'insulte et du mépris. C'est cette gauche moralisatrice et le deux poids deux mesures qui me met à bout… Mais sans insulte", écrit le Montois sur X.
L'épisode ne manque pas de rappeler le coup de chaud de Paul Magnette sur le plateau de la RTBF. Le président du PS avait invité les électeurs à voter pour "des partis qui prennent leurs responsabilités et qui prennent des risques… Et pas pour des couillons comme ceux du PTB". L'insulte lancée par le bourgmestre de Charleroi avait révolté le leader de l'extrême gauche. Mais n'avait pas surpris les citoyens qui ont l'habitude de voir les deux partis s'écharper en public.