Le caïd du quartier Orban reste évasif devant la cour d'assises

Cité comme témoin, Mustapha S. avait mené une enquête officieuse pour retrouver deux des accusés.

Le caïd du quartier Orban reste évasif devant la cour d’assises
Le caïd du quartier Orban reste évasif devant la cour d’assises ©Jean Luc Flemal

La cour d'assises de Bruxelles s'est heurtée à un mur en auditionnant jeudi Mustapha S., l'un des hommes appelés "les shérifs" dans le dossier de l'assassinat de Soufiane Benali. Le témoin, qui connaissait bien la famille de la victime, a répondu laconiquement à la présidente qu'il ne se rappelait de rien, ni d'avoir interpellé plusieurs individus ni de les avoir fouillés puis conduits manu militari devant les enquêteurs.

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Cannabis et cocaïne

Mohamed-Amine Dardour, Youssef Jeddi et Younes Bakkali sont accusés d'être auteurs ou co-auteurs de l'assassinat, à Forest, de Soufiane Benali et de tentative d'assassinat sur deux autres victimes. Selon l'enquête, Dardour et Jeddi seraient les tireurs, tandis que Bakkali aurait prévenu les deux premiers de la présence de Soufiane Benali rue Alfred Orban.

Dardour était à la tête d'une association de malfaiteurs active dans la vente de cannabis et de cocaïne depuis 2018, dont l'un des "points de vente" était le quartier Orban, d'après le dossier. Il aurait décidé de s'en prendre à Soufiane Benali parce qu'il lui faisait concurrence.

Surnommés "les shérifs", Mustapha S. et deux comparses ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel pour répondre de leurs actes.

La douteuse brigade "Silva"

Le 5 juillet 2020, vers minuit trente, des tirs ont retenti rue Alfred Orban à Forest. Le corps sans vie de Soufiane Benali (23 ans), un habitant du quartier, a été retrouvé devant un salon-lavoir. Deux autres individus ont été blessés.

Les investigations ont été confiées à la brigade "Silva" de la zone de police Bruxelles-Midi, avant de passer aux mains de la PJF de Bruxelles en raison d'erreurs commises. Il ressort d'une enquête du Comité P que plusieurs policiers de cette brigade Silva ont permis à trois caïds du quartier Orban aux lourds casiers judiciaires, Mustapha S., Rachid H. et Zakariya R., de procéder à des interpellations, à des fouilles et à user de violence.

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Surnommés par la suite "les shérifs", ces trois hommes ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel pour répondre de leurs actes. Trois policiers ont également été renvoyés devant le même tribunal, dans le cadre d'une procédure distincte.

"J'ai juste fait le taxi"

Jeudi, devant la cour d'assises, Mustapha S., cité comme témoin, est resté très évasif sur l'enquête officieuse qu'il a menée avec deux comparses pour tenter de retrouver Mohamed-Amine Dardour et Youssef Jeddi. Pourquoi recherchaient-ils ces deux hommes ? Pas de réponse.

Pourquoi a-t-il amené certains jeunes du quartier aux enquêteurs ? "J'ai juste fait le taxi pour conduire des gens au commissariat et qu'ils soient entendus. Ils y sont allés de leur plein gré". Et pourquoi s'est-il rendu dans des villages de vacances au Lac de l'Eau d'Heure, puis à Marseille, des endroits où semblaient être allés Dardour et Jeddi ? "Je ne me souviens plus", a-t-il répondu.

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