Si Bart De Wever devient Premier ministre, une élue N-VA est pressentie pour lui succéder à l'hôtel de Ville d'Anvers
La députée flamande et échevine anversoise Els van Doesburg est pressentie pour le mandat de bourgmestre. Si tout se passe comme prévu, en tout cas…

- Publié le 23-09-2024 à 19h57

Le scénario était attendu. Lundi, le Palais a prolongé de trois semaines la mission de Bart De Wever. Le formateur de la majorité "Arizona" devra présenter un nouveau rapport au Roi le 17 octobre. Soit quatre jours après les élections locales. Les "arizoniens" préfèrent ne pas se mettre trop de pression, le temps que la campagne s'achève. Si des discussions ont toujours lieu entre négociateurs fédéraux, elles se situent surtout au niveau des groupes de travail thématiques. Pour l'instant, les sujets qui fâchent – singulièrement la nouvelle note socio-économique et budgétaire que doit rédiger Bart De Wever – ne sont pas abordés. Le futur gouvernement fédéral devant réunir N-VA, MR, Vooruit, CD&V et Engagés ne verra pas le jour avant novembre (au mieux).
Une "Arizona" apaisée
Même si les discussions avancent "à la vitesse d'un omnibus plutôt que d'un TGV", pour citer le président de la N-VA, l'atmosphère s'est détendue entre les négociateurs. Et un optimisme tempéré point à l'horizon. "Il y a des avancées dans les discussions, les points plus difficiles sont renvoyés vers le groupe central de négociations (où se retrouvent notamment les présidents de parti, NdlR)", constate une source. "Le climat est apaisé", affirme un autre informateur. Un indice qui ne trompe pas sur la (relative) confiance retrouvée entre partenaires : il y a moins de fuites dans la presse… La politique belge est suffisamment surprenante pour dissuader de se lancer dans des prédictions. Mais il semble que Bart De Wever puisse raisonnablement s'attendre à devenir Premier ministre vers la fin de cette année.
D'ailleurs, le nom de son remplaçant potentiel au "Schoon Verdiep" circule déjà : Els van Doesburg. Échevine en charge du Logement à Anvers, elle a également été élue au parlement flamand aux élections de juin après un "carton" en voix de préférence. Près de 25 000. Esprit bien fait, auteur de chroniques remarquées dans plusieurs médias flamands, elle est présentée depuis deux ou trois ans comme l'une des futures stars de la N-VA.
Restons prudents : avant que la jeune femme de 35 ans ne s'installe dans le fauteuil de bourgmestre, plusieurs étapes doivent être franchies. La N-VA doit tout d'abord réussir à se maintenir à l'hôtel de Ville d'Anvers et, ensuite, Bart De Wever – qui tire la liste nationaliste aux communales – devra renoncer au mayorat pour s'installer au 16, rue de la Loi. Si ces conditions sont réunies, Els van Doesburg, qui occupe la deuxième place sur la liste locale, a toutes ses chances. Pour devenir bourgmestre, elle devra toutefois réaliser le meilleur score après Bart De Wever, ce qui semble à sa portée.
Belgo-néerlandaise
Qui est-elle ? Belgo-néerlandaise, elle est née aux Pays-Bas. À l'âge de onze ans, elle déménage en Belgique, avec ses parents dans la région d'Anvers. À Schilde, dans la riche banlieue nord "colonisée" par les Hollandais. Elle fera des études en science politique à l'Université d'Anvers et deviendra attachée parlementaire pour le groupe N-VA à la Chambre des Représentants. En 2018, lors des dernières élections locales, elle devient conseillère communale à Anvers. En 2021, elle entre au collège comme échevine. Els van Doesburg est également fiancée à Peter De Roover, actuellement président de la Chambre et ancien chef de groupe de la N-VA dans cette assemblée. Leur union très "people" bénéficie d'une forte exposition médiatique sur les réseaux sociaux.
Sûre d'elle, elle a hérité de ses origines néerlandaises un ton parfois hâbleur et direct. À son arrivée en Belgique, elle s'est vite rendu compte que les Flamands étaient moins extravertis et plus réservés que les Hollandais : "Pourquoi dire quelque chose en face à quelqu'un quand on peut le dire dans son dos ?", ironisait-elle dans De Tijd, en juillet.
Sur le plan idéologique, Els van Doesburg se classe parmi les conservateurs. Comme son président de parti, mais dans une version moins sombre. "Bart et moi sommes tous deux conservateurs. On ne part donc pas d'un idéal utopique, mais de la réalité parfois amère. Cela fait de nous des pessimistes. Mais la différence, c'est que, moi, je suis une pessimiste joyeuse", a-t-elle confié dans une interview accordée à De Zondag et publiée ce week-end.
Anti-Woke
Un exemple de sa manière de penser : sa position "de droite" sur les luttes féministes. Dans De Morgen, elle avait publié en mars un texte acide, sous la forme d'un faux manuel, contre l'élite de femmes de gauche qui, à ses yeux, cadenassent, le mouvement : "Égalité. Ce n'est qu'un nom de code pour tout ce qui peut profiter aux femmes progressistes hautement instruites. Des quotas pour les postes de pouvoir, par exemple." En cela, on peut dire d'Els van Doesburg qu'elle est farouchement "anti-Woke". De quoi plaire à Bart De Wever et se voir adouber par ce dernier à Anvers…
