Un accord budgétaire au fédéral pour jeudi? "C'est du 50-50"
Bart De Wever devra-t-il se rendre chez le Roi en cas d'échec ? Rien n'est certain à ce stade.

- Publié le 03-11-2025 à 19h50

Sur les réseaux sociaux, les adversaires de la coalition Arizona s'en donnent à cœur joie. Des pages "Pot de départ pour Bart De Wever" fleurissent, qui évoquent la possible chute de la majorité fédérale ce jeudi. Face aux délicates négociations budgétaires, le Premier ministre avait annoncé qu'il se rendrait chez le Roi, le 6 novembre, s'il ne pouvait dégager un compromis au sein de son gouvernement. Il s'agit de trouver 10 milliards supplémentaires pour la fin de la législature, pour rappel.
Mais les attentes des contempteurs de l'équipe fédérale risquent d'être douchées. Pour l'instant, rien n'indique que l'Arizona soit proche de la chute. Vendredi, Bart De Wever a rencontré une fois encore ses vice-Premiers ministres en bilatérales, seul à seul. Sur la base de ces échanges confidentiels, les équipes du "16" ont travaillé tout le week-end afin de soumettre une piste d'accord aux partenaires de coalition. Ce projet devait être abordé ce lundi après-midi lors d'un énième "kern", le cénacle informel qui réunit les poids lourds de l'exécutif.
Quel est le pronostic pour la suite ? Selon nos sources, le bord du précipice s'éloigne de Bart De Wever. "Pour jeudi, c'est du 50-50", juge un informateur. Toutes les propositions sont connues, reste aux négociateurs à en dégager un équilibre politique. Certains chapitres de la discussion ont d'ailleurs progressé. Une partie de l'effort financier devrait provenir des réformes de Frank Vandenbroucke, le vice-Premier Vooruit et ministre de la Santé, en matière de retour à l'emploi des malades de longue durée.
De nouvelles taxes ?
Cette bonne volonté des socialistes flamands sur le front des économies pourrait amener le MR à approuver une augmentation de la fiscalité, malgré les réticences affichées par le président libéral, Georges-Louis Bouchez. "On sait que l'on va devoir accepter certaines taxes, résume un libéral fataliste. Par contre, nous sommes toujours opposés à une augmentation de la TVA."
Et si les "arizoniens" ne réussissaient pas à s'entendre avant la date du 6 novembre, il semble peu probable que la coalition entre la N-VA, le MR, Vooruit, le CD & V et Les Engagés meure pour autant. Selon un scénario, le Premier ministre se rendra au Palais et remettra sa démission au Roi. Mais cet acte solennel n'aurait qu'une dimension symbolique. Le chef de l'État sera tenté de privilégier la stabilité politique et d'inviter Bart De Wever à poursuivre sa quête.
L'Arizona ou le chaos
Actuellement, aucune des formations de la majorité ne tirerait avantage d'une fin prématurée de l'Arizona, assortie d'élections anticipées. Par exemple, la N-VA, qui occupe le 16, rue de la Loi, doit démontrer qu'elle incarne le parti de l'ordre et de la goed bestuur. Davantage qu'en 2018, lorsqu'ils avaient claqué la porte du gouvernement Michel, les nationalistes flamands doivent assumer le poids de la responsabilité gouvernementale. Ne serait-ce qu'en raison des circonstances géopolitiques, la Belgique ne peut pas se permettre de sombrer dans le chaos.