Plongée au coeur de l'opération Red Kite: six jours pour exfiltrer les Belges de Kaboul
Des milliers d'individus ont fui l'Afghanistan après la prise de Kaboul par les talibans, le 15 août. Récit de l'opération belge d'évacuation, qui a permis de sauver plus de 1 400 personnes.

- Publié le 02-10-2021 à 09h33
- Mis à jour le 26-07-2022 à 14h45

Une maman et ses deux enfants émergent de la foule. Ils brandissent des passeports belges. Des Bruxellois. C'est bon, ils peuvent pénétrer dans l'aéroport de Kaboul et fuir l'Afghanistan. La maman veut aussi faire passer le reste de sa famille. Une douzaine de personnes. Le responsable consulaire belge refuse parce qu'elles ne sont pas reprises sur ses listes. La scène est déchirante. La dame s'affole. Elle ne veut plus partir. Un militaire belge essaye de la raisonner. "Ne pénalisez pas vos enfants. Rentrez en Belgique, vous pourrez toujours revenir par le Pakistan pour voir votre famille." Rien n'y fait. Elle refuse. "Je vais reprendre mes enfants" , dit-elle. La dame rejoint sa famille et retourne dans le brasier afghan.
"Il faut s'imaginer, on arrive sur place, c'est le chaos, et nous, on régule le chaos , témoigne Cédric (prénom d'emprunt), un opérateur des Forces spéciales. Notre métier, c'est cela : arriver dans un chaos et accomplir notre mission. O n facilitait les choses, on sécurisait le personnel des Affaires étrangères, on prenait des gens, on les mettait en sécurité. Ceux qui décidaient qui pouvaient rentrer, c'étaient les agents des Affaires étrangères." "Pour eux aussi, c'était très difficile" , insiste le colonel Tom Bilo, commandant des Forces spéciales (il vient d'être remplacé à ce poste).
Un cerf-volant rouge se déploie
"Beaucoup de gens, qui voulaient fuir, tentaient leur chance, c'est normal , raconte un membre du gouvernement fédéral. Il a fallu leur dire : 'Non, désolé, vous n'êtes pas sur les listes'. C'est terrible humainement."
"Émotionnellement, ce n'était pas facile, confesse Cédric. Mais cela fait partie de notre métier. On doit rester pragmatiques. On sait qu'on ne peut pas sauver tout le monde. On est là pour sauver nos ayants droit et je pense qu'on en a ramené un maximum."
La vitesse avec laquelle les talibans ont reconquis l'Afghanistan a pris tout le monde de court. La Belgique, comme tous les pays occidentaux, a dû mettre en place dans la précipitation une opération d'évacuation de ses ressortissants après la prise de Kaboul, le dimanche 15 août. Nom de code : "Red Kite". Cerf-volant rouge. En référence à ce loisir interdit durant la première ère talibane.
Le 7 août, les Affaires étrangères publient un avis général demandant de quitter le territoire. Cette semaine-là, l'ambassade belge à Islamabad (Pakistan), qui couvre aussi l'Afghanistan, contacte la trentaine de ressortissants inscrits dans ses registres et les 15-20 repris sur Travellers Online (un site sur lequel les voyageurs signalent leur présence à l'étranger). Elle les invite à quitter le pays et demande s'ils ont besoin d'une assistance. "Mais personne ne répond par la positive. Personne…" , rapporte-t-on.
Le kern doit valider une solution d'évacuation
Jalalabad, grande ville à l'est de la capitale afghane, est prise par les talibans le samedi 14 août. "On se rend alors compte que la voie vers Kaboul va s'ouvrir." Les réseaux consulaires appellent une troisième fois les ressortissants belges. Cette fois, une vingtaine d'entre eux demandent de rentrer en Belgique.
Vingt-quatre heures plus tard, Kaboul tombe. Les Affaires étrangères prennent contact avec la Défense et disent en substance : "On n'a pas beaucoup de personnes à évacuer, on devrait pouvoir se débrouiller avec d'autres nations pour ramener nos ressortissants." À toutes fins utiles, la Défense va tout de même vérifier ce qu'elle peut prévoir pour organiser une opération d'évacuation (opération dite NEO, non-combatant evacuation operation ).
Sur place, la situation dégénère. L'aéroport de Kaboul est envahi par des milliers d'Afghans qui tentent de fuir. Les Américains ne parviendront à reprendre le contrôle des lieux que le lendemain.
Rapidement, le nombre de Belges voulant partir augmente. Lundi soir, ils sont 67, familles comprises, selon une source gouvernementale. "On est donc passés de 20 à 67 personnes en 24 heures. On prend conscience qu'il faut un kern (un comité ministériel restreint) le lendemain pour valider une solution d'évacuation."
Ce kern devait de toute façon avoir lieu le lundi 16, en fin de journée. La ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès (MR), demande d'ajouter le point sur l'évacuation à l'ordre de jour. Mais pas question d'attendre jusque-là. Le nombre de Belges et ayants droit à rapatrier monte à 105. L'état-major de l'armée fait savoir à la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), que deux C-130 et un A400M (des avions de transport) peuvent être déployés à très court terme.
Mme Dedonder transmet l'information au Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD). À la mi-journée, le Conseil des ministres restreint, lors d'une réunion électronique, donne son "go" à l'opération NEO. L'armée lance aussitôt les préparatifs.
Des gens en danger pour ce qu'ils ont fait ou dit
Quelques heures plus tard, lors du kern qui se réunit cette fois en présentiel, les ministres doivent déterminer qui va pouvoir être rapatrié. Ils définissent quatre catégories. Un : les Belges et leur famille nucléaire (conjoint et enfants). Deux : les gens en possession d'un titre de séjour belge. Trois : les Afghans ayant collaboré avec l'armée belge. La ministre Dedonder avait déjà eu un accord politique à ce sujet, en juillet.
Enfin, les écologistes et les socialistes demandent que l'on puisse aussi accueillir des membres d'ONG, des militants des droits humains, des journalistes (Ricardo Gutiérrez, secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes, avait alerté des ministres sur la situation des journalistes). Bref, des gens en danger pour ce qu'ils ont fait ou dit.
Une semaine plus tôt, on avait appris que le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, Sammy Mahdi (CD&V), avait cosigné une lettre avec des collègues européens dans laquelle il demandait à la Commission européenne de pouvoir continuer les retours forcés vers l'Afghanistan. Cette initiative avait provoqué un coup de chaud dans la majorité. "Il était inacceptable qu'il agisse sans mandat du gouvernement" , peste un ministre. Mais ce 16 août, la volonté d'accueillir des militants est générale. Un consensus est trouvé sans peine. L'exécutif prévoit aussi les modalités de screening des personnes à rapatrier.
Un premier Falcon s'envole
Le mardi 17, sur le coup de 16 h, un premier avion (un Falcon) s'envole de Melsbroek avec une équipe militaire et consulaire à son bord pour préparer la mission. Ils s'installent à Islamabad. L'essentiel de la coordination de la mission s'effectuera depuis la résidence de l'ambassadeur belge, transformée en QG.
Le lendemain, mercredi 18, les deux C-130 et l'A400M, chargés de militaires et de matériel, décollent à leur tour. L'A400M fait le trajet en une étape jusqu'au Pakistan. Les deux autres appareils font une escale à Chypre et arrivent le jeudi 19.
À peine débarqués, aussitôt repartis. Une quarantaine de soldats, accompagnés d'une dizaine d'agents consulaires, peuvent monter dans un C-130 danois en direction de Kaboul. Ils arrivent sur place dans la journée, montent un camp de fortune dans une zone de l'aéroport partagée avec des Canadiens. Le logement est sommaire. Un lit de camp, une moustiquaire et un pare-soleil qui aussi sert de toit.
Deux hommes intègrent le centre de coordination de l'aéroport. C'est là que la stratégie d'évacuation est établie avec les autres pays. Les Belges y négocient des créneaux (des slots ) pour leurs appareils. Ils en obtiennent quatre pour le vendredi 20 (ce chiffre va varier dans le temps). Trente minutes par avion. À peine le temps d'atterrir, d'embarquer les personnes déjà présentes à l'aéroport et de redécoller. Les moteurs restent allumés, on n'attend personne, pas le temps.

"C'était le Far West, des avions dans tous les sens"
"C'était le Far West , décrira plus tard Koen Matton, un pilote de C-130. Ce qui était compliqué, c'est que les vols étaient assez courts, donc assez intenses. Après 20 minutes (la durée du vol entre Islamabad et Kaboul, NdlR), on arrivait dans la zone. Il y avait énormément de trafic, des avions dans tous les sens. Les contacts radio étaient mauvais." Il y avait aussi le relief, une région montagneuse, la menace d'attaques sol-air, et "la pression des délais" . "Une demi-heure après l'atterrissage, on redécolle. Le calme ne revient que quand on passe la frontière pakistanaise, du moins s'il n'y a pas d'orage… mais il y en avait tous les jours."
Au Pakistan, les Belges prennent leurs quartiers dans une gate de l'aéroport. C'était plus simple que de commencer à négocier des autorisations pour débarquer les armes et le matériel militaire. C'est là qu'ils accueilleront les ressortissants évacués de Kaboul pour leur transfert vers Bruxelles.
En Belgique, les principaux ministres du gouvernement se réunissent à nouveau. Sophie Wilmès fait savoir que la compagnie aérienne Brussels Airlines n'est pas en mesure de fournir des appareils pour effectuer la liaison Islamabad-Bruxelles pour rapatrier les personnes sorties de Kaboul. Georges Gilkinet (Écolo), ministre de la Mobilité, sollicite Air Belgium. La question est réglée dans l'après-midi. Au total, Air Belgium fera sept fois le trajet à l'aide d'un Airbus A340 (un long- courrier). Des avions de transport militaires de type MRTT seront aussi utilisés pour deux allers-retours.
Aucune extraction en ville n'est possible
Les ministres étudient par ailleurs la possibilité d'effectuer des extractions de Belges à l'extérieur de l'aéroport. Mais l'évidence leur saute aux yeux : c'est impossible. "Pour des raisons de sécurité, la Défense belge n'était pas capable de le faire seule. Nous n'étions pas équipés" , rapporte un ministre. Les Américains ont aussi demandé que personne ne sorte de l'aéroport, tant la situation est critique.
"On est un petit pays, on n'allait pas rajouter du chaos au chaos, on est des gens responsables , commente le colonel Tom Bilo, qui a coordonné toutes les opérations depuis Islamabad. En tant que chef sur place, je ne vais jamais proposer qu'on aille jouer aux cow-boys. Ma mission, elle est réussie si je sors un maximum d'ayants droit, mais aussi si je sors tous mes mecs."
Les premières évacuations ont lieu le vendredi 20. La journée ne se passe pas bien. Le Pakistan tarde à donner les autorisations de survol du pays. "Il n'y a pas eu de problèmes particuliers. Tout cela prend quelques heures, c'est normal" , minimise un interlocuteur. Entre Islamabad et Bruxelles, les canaux diplomatiques sont restés ouverts en permanence.
Les talibans frappent, des gens meurent
À Kaboul, c'est l'enfer. Des milliers de gens s'entassent dans une chaleur suffocante devant la porte nord ( North Gate ), contrôlée par les Américains. Cet accès se présente comme un entonnoir. Hommes, femmes, enfants, tous s'entassent entre des murs en béton qui font plusieurs fois la hauteur d'un être humain, sur des dizaines de mètres de long. Au milieu, des hommes, sans doute des talibans, croient pouvoir ramener de l'ordre à coups de bâton. Ils frappent sans distinction. Des militaires afghans sont également présents. On entend des coups de feu. Cette attitude provoque des mouvements de foule. Des gens meurent écrasés, étouffés, sous les yeux des soldats occidentaux, impuissants.
En plus, les Américains rechignent à laisser pénétrer les gens dans l'aéroport. Un moment, un Belge (un Anversois) est blessé par une balle en caoutchouc tirée par un soldat US . Les Américains finiront par fermer la porte nord.
De l'autre côté de l'aéroport, à Abbey Gate , la situation est un peu meilleure. Pour atteindre cette porte, gardée par les Britanniques, il y a deux chemins étroits, séparés par un égout à ciel ouvert profond de 2 bons mètres et large de 3 ou 4 mètres. Les militaires et le personnel des Affaires étrangères sont sur l'une des routes. Les gens qui demandent à être évacués sur l'autre, en face. Lorsqu'un Belge est repéré, il descend dans l'égout, traverse l'eau souillée, est hissé par les militaires sur le chemin où ils se trouvent, et entre dans l'aéroport après un contrôle. Mais la grande difficulté, dans cette foule compacte, c'est de repérer les Belges…
L'envoi des renforts
La première journée se termine sur un maigre bilan de 16 Belges évacués en trois rotations, l'un des C-130 étant même reparti vide. 18 Belges ont aussi pu embarquer dans des appareils néerlandais, avec qui la collaboration est excellente. Quelque 442 personnes avaient pourtant été convoquées à l'aéroport, selon une source politique de premier plan.
Le vendredi, également, pour pallier une éventuelle défaillance des vieux C-130, un troisième appareil de ce type arrive à Islamabad, et des renforts humains partent de Bruxelles. "Les conditions sur place étaient extrêmement pénibles. Le personnel ne dormait pas. Il fallait lui permettre de se reposer et assurer le suivi. Et puis, on s'était dit que des renforts seraient peut-être nécessaires en fonction de l'évolution de la situation" , nous expose-t-on. Au total, plus de 300 militaires et agents consulaires ont participé à Red Kite.
Le samedi 21, les Belges affinent leurs procédures d'évacuation. Il est demandé aux ressortissants de se rendre à l'aéroport uniquement au moment où ils sont convoqués. Et d'avoir un signe distinctif sur eux. Un drapeau belge, par exemple, ou un smiley griffonné sur la main. Une écharpe jaune fait également l'affaire. Ce signe-là, on le doit à une famille qui n'arrivait pas à pénétrer dans l'aéroport. Catastrophée, elle a appelé l'ambassade à Islamabad. "On est là, mais on n'arrive pas à entrer" , s'inquiète-t-elle. Un diplomate demande s'ils ont quelque chose sur eux pour s'identifier. Oui, une écharpe jaune. Le message est transmis aux soldats sur place. Ça marche. La famille est repérée. Elle a pu quitter Kaboul.
Convoqués par WhatsApp
Le samedi 21, 222 ayants droit sont évacués. 174 le lendemain. Et 292 le lundi 23. Ce même lundi, en Belgique, le gouvernement se rend compte que la fenêtre d'évacuation commence à se refermer. Les Américains ont prévu de quitter Kaboul le 31 août. Ils tiendront ce calendrier, malgré la pression internationale, et ils demandent aux Occidentaux de quitter l'aéroport pour le 27 août au plus tard.
Les autorités belges font en parallèle le constat qu'il est de plus en plus difficile d'atteindre l'aéroport. Les Britanniques ferment, puis rouvrent Abbey Gate pour tenter de fluidifier la foule, ce qui rend encore plus incertain l'accès aux lieux. En plus, les Britanniques commencent à plier bagage. Les Belges décident alors de tenter un coup…
"On avait eu vent de la possibilité d'aller chercher des gens en ville avec des bus civils , raconte Tom Bilo. Cela s'organisait avec les Américains, depuis le centre de coordination de l'aéroport. On a dit qu'on voulait profiter du prochain convoi. Ce qu'on n'aimait pas, c'est qu'on ne maîtrisait pas à 100 % la situation. C'était un peu mystérieux, on ne savait pas bien comment cela se passait, mais on savait où les bus allaient s'arrêter."
Les ressortissants belges sont convoqués par WhatsApp. On leur donne une heure et un point de rendez-vous. L'opération est un succès. Une centaine d'ayants droit étaient attendus, dans la nuit du 23 au 24 août, devant l'entrée principale de l'aéroport ( Main Gate ). Ils seront 280, selon une source gouvernementale. Le bouche-à-oreille a fonctionné. Des Afghans, qui n'étaient pas sur les listes des Affaires étrangères, ont aussi tenté leur chance, mais ont dû être refoulés.
La deuxième tentative échoue
Une deuxième tentative d'extraction par bus est lancée dans la foulée. Des Belges peuvent embarquer dans un convoi de l'Union européenne. Mais celui-ci n'atteindra jamais l'aéroport. Les talibans l'ont bloqué et ont dispersé les passagers. "Une hypothèse , explique le colonel Bilo, c'est que les talibans craignaient une fuite des cerveaux. Ils effectuaient des contrôles et dès qu'il y avait quelqu'un dans le bus qui ne montrait pas patte blanche, c'est tout le bus qui était refusé."
Le mercredi 25, la sentence tombe. Les Belges vont quitter l'aéroport de Kaboul dans la soirée, deux jours plus tôt que prévu. Plusieurs éléments entrent dans la réflexion : le constat que l' "on sort plus d'étrangers que de Belges de Kaboul" , dixit une source de premier plan ; la pression croissante des talibans ; la crainte de faire la rotation de trop et d'avoir des difficultés à évacuer les forces belges. Mais surtout une situation sécuritaire de plus en plus alarmante.
Les coups de feu se multiplient autour de l'aéroport, les violences contre les civils aussi, des drapeaux du groupe terroriste État islamique au Khorassan ont été repérés et les menaces d'un attentat suicide s'amplifient. "À un moment, j'ai eu le sentiment qu'il fallait partir d'ici, et vite" , dit Tom Bilo.
Pour le gouvernement, ce n'est pas une décision facile à prendre car il sait que des ressortissants sont encore à Kaboul. Mais les risques sont trop élevés. Heureusement pour les Belges, les Néerlandais resteront un jour de plus sur place. Quelques-uns pourront repartir avec eux le jeudi 26.

Le gouvernement espère encore trouver un moyen
Au Parlement belge, le 26 après-midi, Alexander De Croo, Sophie Wilmès, Ludivine Dedonder et Sammy Mahdi sont en train de dresser un premier bilan de Red Kite, lorsque survient un attentat suicide devant Abbey Gate . On apprendra plus tard qu'un Belge (un Bruxellois) a été blessé dans l'attaque. Il a pu être soigné dans un hôpital de Kaboul et est aujourd'hui rentré en Belgique. Personne ne pouvait prédire que cet attentat se produirait précisément à ce moment-là, à cet endroit. Mais il est évident qu'il a conforté a posteriori le gouvernement dans sa décision.
L'opération Red Kite ne s'est terminée que le 2 septembre. Pendant une semaine, le trio De Croo, Wilmès, Dedonder espère encore trouver un moyen d'évacuer des gens. Des familles ont, par exemple, pu rejoindre, seules, le Pakistan par la route. "On voulait être sûrs de ne pas passer à côté d'une opportunité" , raconte-t-on dans l'entourage du gouvernement. L'état-major de la Défense investigue toutes les pistes, notamment des interventions armées à la frontière afghano-pakistanaise, mais le Pakistan voyait cela d'un très mauvais œil. Les opérations ont donc pris fin.
Red Kite a permis d'évacuer au total plus de 1 400 personnes de Kaboul. "Vous commencez avec 30 personnes, vous terminez avec 1 400… Il est difficile de parler de réussite vu le contexte, mais ça s'est très bien passé" , dit un ministre. "Cette mission m'a beaucoup touché, conclut Cédric, le soldat des Forces spéciales. Avoir pu sauver tous ces petits enfants, toutes ces familles, cela me donne un très bon sentiment."