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François De Smet : "Pour Hannah Arendt, c'est dans le vide de la pensée que naît le mal. Derrière cette phrase, vous avez tout un engagement politique"

La lecture d'"Eichmann à Jérusalem", par Hannah Arendt, a marqué un tournant intellectuel pour François De Smet, président de Défi et docteur en philosophie à l'ULB. Il s'agit sans doute du déclencheur de son engagement politique.

Bruxelles - Saint-Gilles: François De Smet (Defi- Philosophe, auteur et president de parti. A Bruxelles le 3 juillet 2023
Bruxelles - Saint-Gilles: François De Smet (Defi- Philosophe, auteur et president de parti. A Bruxelles le 3 juillet 2023 ©JC Guillaume

Quel est le livre qui a modifié votre vie et à quel âge l'avez-vous découvert ?

C'est Eichmann à Jérusalem, par Hannah Arendt, que j'ai découvert à 19 ans. Sur base de notes qu'elle prend pendant le procès d'Adolf Eichmann (un dignitaire nazi arrêté en 1961 en Argentine par les services secrets israéliens), Hannah Arendt réalise un reportage journalistique pour The New Yorker, mais assez intello, avec la mise en avant de concepts philosophiques. C'est un régal. Je me suis inscrit en études de philosophie à 18 ans car je me suis toujours intéressé à la philosophie politique, en fait. D'ailleurs, cela a beaucoup inquiété mon père qui se demandait ce que j'allais bien pouvoir faire avec ça… J'ai été influencé par John Rawls, Jürgen Habermas, j'aimais aussi Nietzsche à une époque. Mais Hannah Arendt, qui est une des seules femmes philosophes du Panthéon, c'est aussi un parcours. Celui d'une réfugiée juive allemande d'abord passée en France puis aux États-Unis. Elle n'avait pas pu suivre les procès de Nuremberg et voulait couvrir celui d'Eichmann avec son œil de penseuse critique. Elle est vraiment le prototype de l'intellectuelle engagée et qui prend des risques, même physiques.

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