"La génétique n'est responsable qu'à 20 % de la longévité"
- Publié le 09-07-2019 à 13h49
- Mis à jour le 09-07-2019 à 13h51

Le Dr Valinducq a enquêté dans les "zones bleues", à commencer par le Costa Rica. Sur France 5, à 20 h 50.Vincent Valinducq, médecin généraliste, a enquêté aux côtés de la naturopathe Angèle Ferreux-Maeght, dans des espaces du monde où la concentration de centenaires et de nonagénaires bat des records. Les quatre épisodes de Zones bleues, les secrets de la longévité , que propose France 5 nous emmènent au Costa Rica, en Italie, au Japon et en Grèce.
D'où vient l'idée de ce programme ?
Un pilote avait déjà été tourné avec Angèle Ferreux-Maeght, en Équateur. France 5 avait adoré le concept, mais il manquait le support scientifique d'un médecin. Je suis moi-même médecin généraliste à Paris et cela faisait un ou deux ans qu'on me sollicitait pour faire de la télé, mais je n'y trouvais pas d'intérêt. Quand on m'a parlé de ce programme, l'idée de voyager, d'aller à la rencontre des gens, de vulgariser la médecine en approchant les nonagénaires et les centenaires en bonne santé, tout cela m'a attiré. J'ai répondu à la proposition sans trop réfléchir. On a fait des essais. Et j'ai été sélectionné.
Vous étiez déjà intéressé par les secrets de la longévité ?
J'ai fait de la médecine d'urgence, des études de statistique appliquée en médecine, j'ai été formé à la médecine anti-âge, et au vieillissement cellulaire et cutané. Mais la richesse de ce programme, ce sont d'abord les rencontres humaines. Je trouve intéressant aussi que l'on mène une enquête, Angèle amenant son regard de naturopathe et de spécialiste de la nutrition, et moi, mon regard de scientifique et médecin. J'ai adoré cette aventure. Le réalisateur, Fitzgerald Jégo, qui a déjà travaillé sur Rendez-vous en terre inconnue, apporte de belles images.
Avez-vous fait des découvertes ?
Je pensais que notre patrimoine génétique était pour beaucoup responsable de la longévité, et de la bonne santé. En fait, la génétique n'est responsable qu'à 20 % de la longévité et les 80 % restant, ce qu'on appelle l'épigénétique, dépendent des liens sociaux, de l'activité physique, de l'alimentation… Par notre comportement alimentaire ou social, nous allons pouvoir modifier favorablement notre ADN, empêcher de s'exprimer certains gènes qui pourraient favoriser le développement d'une maladie. Et nous pouvons éventuellement transmettre ce patrimoine à notre descendance, à condition que notre partenaire ait aussi une bonne hygiène de vie. Je trouve ça dingue. Tous ceux que nous avons rencontrés ont eu des vies très dures, mais ont un moral de dingue. C'est une leçon de vie.
Selon les zones bleues, ces régions où l'on vit, en moyenne, plus longtemps, les recettes ne sont pas les mêmes…
Dans chacune de ces régions, on apprend des choses différentes. Un des points communs, c'est que les habitants sont isolés, dans des petits villages, sur des îles, ce qui les a protégés de certaines maladies. Une autre clé importante, c'est le lien social. En Sardaigne, les anciens sont gardés dans le foyer familial, ou reçoivent des visites de leur famille tous les jours. Vivre en groupe permet de sécréter les hormones de bien-être, l'ocytocine et les endorphines, et diminue le stress.
Y a-t-il eu des divergences entre votre approche et celle d'Angèle ?
Il y a eu des échanges. Nos approches sont complémentaires. Pendant nos études de médecine, l'axe préventif n'est pas assez exploré, même si je prends davantage de temps avec mes patients pour parler de leur alimentation notamment. Dans cette émission, je diffuse des infos pop-corn, pour permettre aux gens d'avoir une conduite préventive au quotidien.
Y aura-t-il une suite ?
Il pourrait y avoir une saison 2 en fonction des audiences. Mais France 5 est conquise par le programme.