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Jules César aux abris, aucun survivant

Une consternante destruction scénique du chef-d'œuvre haendélien.

Nicolas Blanmont
Sesto et Cornelia aux mains d'Achilla et Tolomeo
Sesto et Cornelia aux mains d'Achilla et Tolomeo ©Monika Rittershaus Salzburger Festspiele

Les mises en scène de Dimitri Tcherniakov se classent en deux catégories : les opéras russes qu'il traite le plus souvent avec fidélité, et les œuvres "occidentales" qu'il aime réinventer en racontant une tout autre histoire où les protagonistes se distancient de leur personnage. Les spectateurs bruxellois ont ainsi pu apprécier d'un côté son Conte du tsar Saltane plutôt poétique et de l'autre sa Carmen radicalement réécrite.

À Salzbourg, pour ses premiers pas dans le répertoire baroque, le Russe opte pour un troisième axe d'approche : une transposition mais pas de réécriture véritable, pas de récit substitutif mais une destruction minutieuse de la beauté intrinsèque de l'œuvre à travers une accumulation de poncifs du Regietheater des trente dernières années. Sans qu'on sache pourquoi (il explique seulement dans le programme que "Malheureusement, il n'a jamais été en Égypte"), l'action est transposée dans un abri souterrain où retentissent régulièrement des explosions. Ukraine ? On peut l'imaginer, même si Tcherniakov, prudent, ne propose aucune explication en ce sens.

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