Des zombies, et d'autres raretés lyriques
L'ORW annonce une saison audacieuse riche de neuf spectacles.
- Publié le 15-04-2026 à 18h25

Ça commence en septembre par un Macbeth mis en scène par Stefano Poda, et cela se termine en juin (2027) avec Turandot, il y aura trois opéras en italien, trois en français, deux en allemand et un en tchèque, mais qu'on ne s'y trompe pas : au-delà de cette apparente normalité, la prochaine saison de l'ORW est une des plus audacieuses et des plus alléchantes qu'on ait annoncé à Liège depuis longtemps. Stefano Pace et Giampaolo Bisanti – directeur général et directeur musical, toujours complices – avaient d'ailleurs invité un troisième compère mercredi pour lever le voile : Andrea Battistoni, par ailleurs directeur musical du Regio de Turin, qui va prouver la saison prochaine qu'il n'est pas pour rien paré du titre de "compositeur en résidence". Non seulement, il signera un nouveau final (musique, mais aussi livret) pour Turandot, laissé inachevé par Puccini à sa mort en 1924, mais en plus il proposera en octobre son Zombie opéra, un opéra sur les zombies et bien sûr avec des zombies. On savait déjà que Battistoni serait, en mai 2028, le compositeur de Theodora, un nouvel opéra sur un livret d'Éric Emmanuel Schmitt, mais on apprend ainsi qu'une création peut en cacher une autre : Zombie Opera, précise le musicien italien, ne sera ni un opéra rock ni un musical mais un véritable opéra. Composé en italien mais traduit ici en, français.
Le troisième opéra italien sera, en avril, Roberto Devereux, le moins joué de la trilogie des Tudor Queens, dirigé – comme Macbeth – par Bisanti lui-même, le directeur musical assurant également une nouvelle production de Lohengrin, une évidence dans le répertoire mais une rareté à Liège (plus vu depuis 1989) pour laquelle il retrouvera Jean-Claude Berutti, avec lequel il avait déjà collaboré l'an passé pour un autre Wagner, Tristan et Isolde. Et l'autre titre en allemand n'a tout simplement jamais été donné à Liège : c'est le superbe Capriccio de Richard Strauss, qu'il reviendra à Rodula Gaitanou (metteuse en scène à Liège d'une mémorable Rusalka) de transposer dans une maison lyrique d'aujourd'hui pour repenser le conflit entre musique et texte sous le prisme de l'actuel débat entre primat de la musique ou de la mise en scène.
Les deux opéras français (de langue mais aussi de compositeur) seront trois : d'abord le diptyque ravélien L'heure espagnole et L'enfant et les sortilèges dans une double affiche mise en scène du fidèle Jean-Louis Grinda venue de Monte-Carlo (et avec Anne-Catherine Gillet en Concepcion), et puis le très rare Thaïs de Massenet, dont on connaît la "Méditation" pour violon mais que Liège (et le reste de la Belgique) n'avait plus vu depuis 1990.
Baiser tchèque
Mais la plus intéressante rareté sera peut-être Hubicka (Le baiser), premier opéra en langue tchèque de Bedrich Smetana, jamais joué à Liège – et à nouveau probablement nulle part ailleurs dans notre pays. Ce sera en mars 2027, juste avant la quatrième édition du CIDOO, le Concours International de chef d'orchestre d'opéra.
Rens. : www.operaliege.be