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Comment ne pas aimer cette monstrueuse Medusa ?

Un nouvel opéra à la Monnaie avec des vrais personnages, du plaisir musical et de l'émotion.

Nicolas Blanmont
Medusa, vestale du temple d'Athena
Medusa, vestale du temple d'Athena ©La Monnaie Simon Van Rompay

Le défi n'était pas évident. Créer un opéra – genre supposé moribond – autour d'une figure mythologique – référentiel supposé passéiste –, mais le créer pour parler de questions éternelles, donc actuelles : les violences sexuelles, la survivance post-traumatique, le suicide. En deux heures, deux actes et sept personnages, Medusa, de Iain Bell et Lydia Steier, première création de l'ère Scheppelmann à la Monnaie, relève le gant.

Inconnu jusqu'ici en Belgique, le compositeur britannique Iain Bell a six opéras à son actif : du métier, et cela se sent. Une capacité d'écrire une musique qui tombe bien dans les voix, jusqu'à oser çà et là une ivresse vocale qui n'est jamais gratuite mais toujours au service de l'expressivité, un talent d'orchestrateur coloriste (fût-ce, comme ici, avec un ensemble d'effectif traditionnel et de dimensions moyennes – moins de soixante musiciens) capable de varier les effets – silences compris – pour susciter toute une palette d'émotions, un vrai sens mélodique (notamment dans la berceuse qui revient régulièrement) et, surtout, pas de fausse pudeur autour de la volonté de plaire au public, avec une partition pleinement contemporaine mais qui n'éprouve aucune gêne à être consonante. La direction musicale de Michiel Delanghe est elle aussi digne d'éloges.

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