Quand Van Dam se raconte
Films et livre évoquent le grand chanteur récemment disparu.
- Publié le 30-10-2026 à 14h06
Un peu plus de huit mois se sont écoulés depuis la disparition, le 17 février dernier, de José Van Dam, et le monde de la musique classique n'a pas terminé de lui rendre hommage. La Monnaie, dont il fut un des piliers pendant de nombreuses années, a ainsi choisi de fédérer sous sa bannière deux résonances récentes du parcours du grand baryton basse belge.
C'est d'abord, la Cinematek qui propose jusqu'au 28 novembre une rétrospective autour de Gérard Corbiau : le cinéaste belge, connu internationalement pour son Farinelli (1994), a non seulement réalisé avec Van Dam le long métrage Le maître de musique (1988), mais lui a également consacré deux portraits, l'un en 1982 et l'autre en 2007 sous le titre José Van Dam, 25 ans après. On peut voir également voir à la Cinematek une carte blanche constituée de dix films choisis par Corbiau dans lesquels la musique occupe une place prépondérante, mais aussi un documentaire qu'il avait réalisé sur une production de Wozzeck à Bruxelles – Van Dam n'y chantait pas encore à l'époque, mais il allait s'y produire lors des reprises de 1989. Un écho anticipatif, bien sûr, à la nouvelle mise en scène du chef-d'œuvre d'Alban Berg qui sera à l'affiche de la Monnaie en novembre. On annonce même une exposition en ligne avec une série de documents autour de la réalisation du Maître de musique sur le site cinematek.be.
Véritables mémoires
Parallèlement, les éditions Samsa publient José Van Dam, Confidence pour Confidence, un très riche livre de souvenirs recueillis et mis en forme par Michèle Friche, amie de longue date du chanteur (auquel elle avait déjà consacré un premier livre en 1988) et qui fut critique musicale au Soir. Ce sont, rédigés à la première personne, les véritables mémoires de Van Dam, évoquant d'abord – de façon chronologique – son enfance, sa jeunesse et le début de sa carrière, puis alternant diverses évocations. Evocations des rôles interprétés, Friche ayant inséré des extraits de critiques publiées dans la presse, ou évocations des personnalités rencontrées, et elles sont nombreuses, de Karajan à Mortier en passant par Maazel, Strehler, Wilson et tant d'autres.
Le livre est illustré de photos et, si les clichés noir et blanc manquent parfois de netteté, un cahier central de seize pages en couleurs rend mieux justice aux souvenirs égrenés. Si le livre ne comprend pas de discographie complète – elle reste à établir, mais ce n'est pas tâche facile, car elle est disséminée chez divers éditeurs – on y trouvera par contre un très précieux index des noms cités. Et aussi une préface signée Antonio Pappano, qui fut le directeur musical de la Monnaie à la fin du siècle passé et travailla, à ce titre, plusieurs fois avec Van Dam dont il évoque l'humour, la personnalité attachante et l'extraordinaire talent de comédien.
"José Van Dam, Confidence pour Confidence", Samsa Editions, 350 pp. ; www.cinematek.be