Finales du Concours Reine Elisabeth : les sons raffinés d'Andrew Ilhoon Byun
Le candidat canadien séduit sans convaincre totalement.
- Publié le 30-05-2026 à 21h36
- Mis à jour le 30-05-2026 à 21h53

Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, samedi soir. Les orages ont légèrement fait baisser la température de la salle Henry Le Bœuf, mais la tension n'en est pas moins palpable : plus que deux finalistes et, vers minuit, les résultats seront annoncés. Après son voyage aux Etats-Unis pour les justes motifs que toute la Belgique connaît désormais, la Reine Mathilde est de retour dans la loge royale.
Andrew Ilhoon Byun ouvre la soirée avec Four Odes to the Tidings of Flowers, l'imposé de Fang Man. L'ordre choisi ? Prunus, Orchidée, Bambou et Chrysanthème, soit la suite des saisons en commençant par l'hiver. Dans le premier mouvement, le candidat opte pour une approche ludique, où les glissandi et autres figures de style atypiques résonnent presque comme des onomatopées de dessin animé. La maîtrise technique est là, l'inspiration un peu moins, surtout dans les mouvements printanier et estival qui passent, à des tempi plutôt contenus, sans retenir l'attention. Jouant d'un bel instrument de Goffredo Cappa, luthier de Saluces formé auprès des Amati, Byun produit une très belle sonorité, mais cette qualité de son ne suffit pas à garantir à son discours un niveau constant d'inspiration.
Ce ressenti sera confirmé dans Tout un monde lointain d'Henri Dutilleux, qu'il est le deuxième à jouer cette semaine (après Maria Zaitseva lundi). Byun séduit à nouveau par la rondeur et la chaleur de son instrument. Il y a de vrais moments de grâce et de beaux moments de force, mais on cherche vainement le fil conducteur. Ce qui n'empêche pas de constater que le violoncelliste joue superbement et que, même quand il semble perdu dans son monde lointain, il sait dialoguer avec l'orchestre.