L'IA, largement plus prisée à la maison qu'au bureau pour les Belges : 7 % de la population l'utilise pour son travail
Comme chaque année, Deloitte dévoile son "Digital Consumer Trends", rapport qui analyse les habitudes technologiques des consommateurs en Belgique et dans le monde. Pour cette édition, la tendance est axée sur l'utilisation de l'intelligence artificielle.

- Publié le 15-11-2023 à 16h05
- Mis à jour le 15-11-2023 à 16h06

Les Belges utilisent de plus en plus l'intelligence artificielle dans le cadre de sa vie privée. Son utilisation pour le quotidien est même largement majoritaire par rapport à son usage au travail. C'est du moins ce qu'avance le géant de l'audit et du conseil Deloitte, dans son étude Digital Consumer Trends, qui analyse les habitudes technologiques des consommateurs sur les adultes de 18 à 75 ans dans le monde, y compris en Belgique.
L'étude révèle qu'environ une personne sur quatre (23 %, soit 1,9 million de Belges) a adopté l'IA de manière fréquente, et une personne sur vingt en fait usage quotidiennement. Malgré cela, l'usage prédominant de la technologie demeure à des fins personnelles, avec 71 % des personnes interrogées affirmant l'utiliser pour sa vie privée pour par exemple trouver une recette de cuisine, demander la météo du jour ou encore informations du quotidien. Parmi ceux qui ont expérimenté l'IA générative, seulement 29 % l'intègrent dans leurs activités professionnelles ou éducatives, représentant ainsi 7 % de la population totale. Une tendance qui suggère que, bien que la technologie ait trouvé sa place dans la sphère personnelle, elle peine encore à s'imposer dans le monde du travail.
Un impact certain sur l'emploi
Malgré une adoption croissante de cette technologie, une inquiétude palpable persiste parmi la population interrogée quant à l'impact futur de l'intelligence artificielle sur l'emploi. La crainte majeure réside dans la possibilité de voir leur travail remplacé par des algorithmes. En effet, la moitié des personnes sondées, soit 49 %, expriment cette préoccupation, tandis que seulement 23 % ne la partagent pas.
Une nuance intéressante se dessine également dans les perceptions. Alors que 36 % imaginent que l'IA pourrait agir comme un "copilote" dans l'exercice de leurs fonctions, apportant un soutien sans nécessairement les remplacer, un pourcentage légèrement supérieur (39 %) ne partage pas cette vision quant à une collaboration harmonieuse avec l'IA dans leur travail quotidien. "À l'avenir, nous nous attendons à ce que la technologie soit utilisée plus souvent pour automatiser des tâches simples et augmenter ainsi la productivité. Mais l'IA doit être digne de confiance pour atteindre un niveau d'adoption plus élevé et plus durable", indique Vincent Fosty, responsable des technologies et télécommunications chez Deloitte.
Ces chiffres soulignent un équilibre délicat entre l'anticipation de l'IA comme un atout collaboratif et la crainte persistante de son impact potentiellement déstructurant sur le marché du travail.
Leader ChatGPT
Sans surprise, ChatGPT demeure l'outil d'IA le plus utilisé en Belgique, avec 43 % de notoriété parmi les personnes interrogées. Des alternatives telles que My AI de Snapchat (8 %), Microsoft Bing Chat (6 %), et Google Bard (4 %) restent moins connues, soulignant la prédominance persistante de l'outil signé OpenAI comme la porte d'entrée vers l'univers de l'IA générative.
Mais l'étude met également en lumière une méconnaissance significative des limites de l'IA parmi les utilisateurs. Un tiers des participants estime que ces outils produisent toujours des réponses factuellement exactes et impartiales. Vincent Fosty souligne que "l'hypothèse selon laquelle l'IA ne commet pas d'erreurs est très problématique, car les outils d'IA générative actuellement disponibles sur le marché sont des modèles de langage qui peuvent faire des prédictions erronées, un phénomène également connu sous le nom d'" hallucination". Par exemple, le modèle peut présenter des phrases qui sont factuellement incorrectes, mais qui semblent très plausibles à certains lecteurs en raison du contexte", ajoutant que des initiatives au niveau fédéral (Plan national de convergence pour le développement de l'intelligence artificielle) et régional (DigitalWallonia4.ai pour la Wallonie) sont déjà mises en place pour une meilleure maîtrise de l'outil.