Outpush fait rimer notification avec fidélisation et monétisation des sites
Cette start-up belge, cofondée par le multi-entrepreneur Vincent Vandegans, s'est spécialisée dans la monétisation de sites web en utilisant les notifications "web pushs".

- Publié le 12-04-2024 à 08h23

"C'est l'histoire de trois tech guys qui lancent une start-up sur une niche très peu connue de monétisation du web et ça cartonne"… Lorsque Vincent Vandegans nous a adressé ce message, voici quelques semaines, il n'a pas eu besoin d'en dire davantage pour susciter notre curiosité à propos de sa nouvelle start-up.
Vincent Vandegans n'en est pas à son coup d'essai. Fin 2022, lorsqu'il fut contraint de tirer la prise de eRowz, il avait expliqué sur LinkedIn, de manière à la fois très directe et humaine, qu'il avait connu, en vingt ans d'entrepreneuriat, de nombreux succès (dont le lancement de Verbolia avec Pierre-Olivier Danhaive et Bart Verschueren), plusieurs reventes, de gros échecs, des pertes financières importantes, des gains appréciables… "Bref, un peu de tout".
La valeur ajoutée des notifications
Mais cet ingénieur en électronique, passionné d'intelligence artificielle, n'est pas du genre à baisser les bras face à un échec. Début 2023, il crée la plateforme Minderlist pour démystifier et vulgariser l'IA, avec l'objectif de la rendre accessible au plus grand nombre (indépendants, PME, etc.).
"La question à l'origine d'Outpush était de savoir comment fidéliser et monétiser les visiteurs d'un site sans devoir y consacrer de gros budgets."
Mais si Vincent Vandegans a repris contact avec nous, c'est pour nous parler d'Outpush. Sur les rails depuis 2021, cette jeune pousse est le résultat de sa rencontre avec deux jeunes startupeurs basés à Lisbonne, le Belge Antoine Henrion et l'Argentin Jorge Yedro. "La question à l'origine d'Outpush, expliquent Vincent Vandegans et Antoine Henrion, était de savoir comment fidéliser et monétiser les visiteurs d'un site Internet sans devoir y consacrer de gros budgets (comme c'est généralement le cas pour des campagnes menées sur des plateformes comme Facebook, NdlR)".

Parmi les multiples solutions existantes permettant à la fois d'accroître la fidélisation et la monétisation de l'audience d'un site (c'est-à-dire les revenus publicitaires qu'il génère), les trois techies optent pour la notification push web. "C'est le seul format publicitaire qui permet de gagner de l'argent même lorsque les utilisateurs ne sont pas sur votre site", entament-ils. Sans entrer dans les détails techniques, les notifications push web sont en effet des messages envoyés aux utilisateurs qui se sont inscrits pour recevoir les mises à jour d'un site web (ou d'une application web). Et, bonne nouvelle, entre 5 et 15 % des visiteurs d'un site proposant du contenu – comme des articles de presse, des recettes de cuisine, des jeux, etc. – s'inscrivent pour recevoir ces notifications push (contre moins de 1 % pour l'email).
Une formule gagnante
Si Outpush n'a rien inventé en utilisant les notifications push web, sa valeur ajoutée réside dans le modèle mis en place pour permettre aux "petits" éditeurs de sites d'accéder à une sélection qualitative d'annonceurs. "On envoie des notifications publicitaires aux abonnés d'un site en sélectionnant les annonceurs appropriés. L'éditeur du site, lui, est rémunéré pour chaque clic généré par la base des utilisateurs", résument Vincent Vandegans et Antoine Henrion. Pour opérer ce tri parmi les annonceurs, Outpush collabore avec des supply-side platform (SSP, dont le rôle est de faire du ciblage publicitaire en fonction des audiences). "Travailler avec un SSP, comme Criteo ou Taboola, nécessite d'avoir de grosses audiences. Le rôle d'Outpush va être d'agréger des petits éditeurs de sites – dont l'audience peut aller de 50 000 à 500 000 visiteurs par mois – pour leur permettre d'accéder à ces SSP et de profiter de leur force de frappe publicitaire".
La formule est manifestement gagnante. Sans avoir dû lever le moindre euro jusqu'ici, Outpush est déjà parvenue à agréger 1 700 sites, principalement francophones (France, Suisse, Belgique…), et à réaliser plus de 5 millions d'euros de revenus en trois ans (dont 2,6 millions en 2023). La start-up a entamé le recrutement d'une équipe commerciale et s'est mise en quête de partenaires pour accélérer sa progression internationale.