L'absentéisme de longue durée est près de deux fois plus fréquent à temps partiel… qu'à temps plein : voici pourquoi
C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par la société Securex auprès d'employeurs. Les explications sont diverses.

- Publié le 23-10-2025 à 07h01

Sur le front de l'absentéisme, les choses ne s'arrangent guère dans notre pays. Selon une étude réalisée par Securex, l'absentéisme de longue durée, soit plus d'un an, a en effet augmenté de 4 % au cours du premier semestre de cette année, atteignant un nouveau record de 3,51 %, soit 105 086 travailleurs. Précisons que Securex, d'un point de vue méthodologique, se base des données enregistrées par les employeurs et se base sur un échantillon de plus de 20 000 employeurs (NdlR : comptant jusqu'à 1 000 travailleurs dans le secteur privé belge) et de plus de 160 000 travailleurs.
Doublement en 11 ans
Autre signe inquiétant et interpellant : la hausse du nombre de malades de longue durée ces dernières années est particulièrement marquée dans les cas de contrats à temps partiel, où le chiffre a augmenté quatre fois plus vite que dans le cas des contrats à temps plein. "En l'espace de 11 ans, la proportion de malades de longue durée parmi les travailleurs à temps partiel a plus que doublé, passant de 2,13 % au premier semestre de 2014 à 5,41 % au premier semestre de 2025", note même Securex. À titre de comparaison, chez les travailleurs à temps plein, il est passé sur la même période de 2,15 % à 2,99 %. "Les travailleurs sous contrat partiel ont aujourd'hui près de deux fois de jours d'absence pour cause de maladie de longue durée", ajoute encore Securex.
Un paradoxe qui n'est qu'apparent
Comment expliquer le paradoxe apparent de voir l'absentéisme de longue durée croître plus rapidement pour les travailleurs à temps partiel qu'à temps plein, où la pression professionnelle est en principe plus élevée ?
Les travailleurs à temps partiel occupent souvent des emplois dans des secteurs soumis à des conditions de travail spécifiques qui peuvent également jouer un rôle."
"Les travailleurs à temps partiel sont plus souvent confrontés à une charge privée plus élevée, liée à la garde des enfants et/ou les soins aux parents. Des plus les travailleurs à temps partiel occupent souvent des emplois dans des secteurs soumis à des conditions de travail spécifiques qui peuvent également jouer un rôle", explique Christine Nauwelaers, HR consultant chez Securex, cité dans le communiqué de la société. Autre élément d'explication : une personne qui présente des problèmes de santé est plus susceptible d'opter pour un travail à temps partiel.

Les femmes davantage touchées
Les femmes sont davantage exposées que les hommes à ce risque d'absence de longue durée : 6,37 % d'entre elles travaillant à temps partiel sont absentes de longue durée, le chiffre descendant à 3,62 % pour les femmes travaillant à temps plein.
Là aussi, la charge de famille et le fait que les femmes sont plus nombreuses à travailler dans des secteurs où le travail à temps partiel est largement répandu – comme les titres services ou les soins de santé – permettent d'expliquer cette situation.
Pour Securex, au vu de ces chiffres, le soutien aux jeunes parents est crucial, tout comme il est essentiel d'investir dans des structures d'accueil abordables et accessibles et de prévoir un cadre légal flexible et favorable aux congés thématiques, comme le congé parental ou pour les aidants proches.