Voilà la Twingo électrique, ou le retour de la voiture avec une bonne bouille de grenouille
Renault réinvestit un segment délaissé par la concurrence avec cette icône à moins de 20 000 euros.

- Publié le 07-11-2025 à 10h12
- Mis à jour le 11-11-2025 à 12h09

Le défi était de taille. En novembre 2023, le directeur général du groupe Renault Luca de Meo avait surpris pas mal de monde en annonçant le projet de proposer une Renault électrique à moins de 20 000 euros dans les deux ans, alors que le temps nécessaire pour développer un nouveau modèle est plutôt de 48 mois ou de 36 mois dans le meilleur des cas.
Les équipes ont dû se retrousser les manches pour respecter le timing, et même battre ce calendrier en ficelant le projet en 21 mois à peine. La Twingo électrique est désormais prête à partir à l'assaut du marché, dès début 2026. "Nous n'avons jamais dévoilé une voiture aussi rapidement", a souligné François Provost, nouveau directeur général du groupe.
L'endroit choisi pour cette présentation haute en couleurs était le défilé Renaut, un showroom installé sur les Champs-Élysées non loin de l'Arc de Triomphe à l'endroit même où un certain Louis Renault avait ouvert un magasin exposition en 1910.
De quoi jouer à la fois sur le passé de la marque au losange et sur l'avenir avec cette nouvelle vitrine sur la plus balle Avenue du monde. C'est d'ailleurs dans l'esprit de la nouvelle Twingo, vendue à plus de 4 millions d'exemplaires depuis son lancement en 1992.
"Ce que j'aime dans cette voiture, c'est qu'elle parvient à la fois à être un hommage à ses origines et un bond vers l'avenir", a évoqué Fabrice Cambolive, Directeur général de Renault. "Ce n'est pas simplement une autre voiture. Elle est assemblée en Europe, elle propose beaucoup de valeur aux clients, elle produit 60 % de CO2 en moins que la version essence et elle coûte moins de 20 000 euros".
Une Renault électrique à moins de 20 000 euros (entre 18 000 et 20 000 pour la version de base) ? Pour cela, Renault a réussi à réaliser un joli tour de force digne d'une marque chinoise comme Leapmotor ou BYD. Justement en s'adossant au savoir faire chinois pour une partie de la phase développement.
L'apport chinois
Renault a ainsi collaboré avec une entreprise chinoise spécialisée dans le développement des voitures. L'organisation du travail est totalement différente. A l'inverse de l'approche européenne, toutes les équipes impliquées dans le processus de développement sont présentes sur le même plateau, ce qui facilite et accélère le travail. C'est donc un gain de temps, et le temps, c'est de l'argent. C'est aussi une batterie de type LFP (Lithium-Fer-Phosphate) qui diminue le coût de 20 %. C'est encore moins de pièces – 750, contre 1200 habituellement.
De quoi permettre de passer sous la barre des 20 000 euros pour le modèle Evolution (entrée de gamme) pourtant assemblé en Europe, en Slovénie. Cette voiture "made in Europe" est toutefois chinoise pour pères de la moitié. "La valeur des pièces chinoises représente aujourd'hui 40 % de la Twingo. Ce sera moins de 20 % d'ici quelques mois lorsque la batterie sera construite en Europe", explique Bruno Vanel, Directeur de la performance produit.
De quoi, en tout cas, permettre à Renault de repartir avec une voiture électrique à la conquête du marché des citadines électrique, que la plupart des constructeurs ont délaissé ces dernières années à tel point qu'il ne représente plus aujourd'hui que 5 malheureux pour cent du marché européen.
"C'est une voiture qui a de la personnalité. On la reconnaît à 50 mètres, poursuit Bruno Vanel, "Quand vous vous approchez de la voiture, elle vous fait un clin d'œil", grâce à la forme des phares et à la barre horizontale de la calandre. "C'est une voiture qui rend heureux. Elle apporte un vent de fraîcheur", ajoute Arnaud Belloni, Directeur marketing monde.
Bouille de grenouille
Le vert sera la couleur de la campagne marketing, avec des grenouilles comme figurants. "On dit souvent qu'elle a une bouille de grenouille", sourit-il.
La calandre n'est pas sans rappeler celle de la première génération. Logique. C'est encore des sièges coulissants qui permettent d'offrir une habitabilité supérieure à celle de la R5 malgré une longueur du véhicule inférieure de 20 centimètres. "C'est une voiture du segment A qui offre un espace intérieur d'une voiture de segment B", note Vittorio d'Arienzo, Vice-Président. C'est par contre 4 portes et non deux, comme c'était le cas pour le premier modèle. La Twingo dispose aussi de 24 aides à la conduite et d'une batterie bi-directionnelle. "Le meilleur de la technologie", assure Fabrice Cambolive.
263 kilomètres d'autonomie
La Twingo E-Tech electric connaîtra-t-elle le même succès que la R5, avant tout achetée pour son design et non pour sa motorisation électrique ? La Twingo se profile surtout comme une deuxième voiture d'une famille avec son autonomie de 263 kilomètres. Un peu peu ? La moyenne quotidienne des citadins est de 30-35 kilomètres. "Une seule charge par semaine devrait donc suffire", estime Vittorio d'Arienzo
Avec cette nouvelle Twingo, Renault veut en tout cas propulser la voiture électrique vers une catégorie de prix "abordable". "Ce sera pour beaucoup de clients la première voiture électrique de la famille", remarque encore Vittorio d'Arienzo. De quoi faciliter le futur le passage vers les voitures sans émission.
