François Snoeck, CEO de BuildUp : "Le bâtiment représente à lui seul plus de 40 % des émissions de CO₂"
Le portrait de La Libre Immo | François Snoeck est le nouveau CEO de BuildUp, spécialiste de la construction hors site.

- Publié le 26-05-2025 à 10h23
- Mis à jour le 26-05-2025 à 10h28

Il y a dix ans, Hélène de Troostembergh lançait, au sein de LPW, la société familiale spécialisée dans les piscines, sa propre entreprise : be-Steel, active dans l'ossature métallique. Depuis, la start-up a bien grandi, pour devenir BuildUp en 2021, avec l'arrivée de Besix dans son capital. Aujourd'hui, elle compte une vingtaine d'employés et travaille, selon les besoins, avec des indépendants. Après dix ans, Hélène de Troostembergh a décidé de céder le flambeau à un nouveau CEO, François Snoeck.
Titulaire d'un double master d'ingénieur-architecte obtenu à la VUB et à l'ULB, François Snoeck a débuté sa carrière en 2011 chez Besix, où il a travaillé sur des projets dans le Benelux mais aussi en Egypte, en Suisse et en France. En 2021, il quitte Besix pour une start-up du groupe de construction, Neanex, où il gère l'équipe de consultance, et rejoint ensuite rapidement après une autre start-up, d'AGC cette fois, GénieVision, en tant que product manager. En 2023, il entre chez BuildUp. Il y met en place des optimisations de processus grâce à des bases de données centralisées, ce qui a permis de réduire les coûts de moitié et d'augmenter les ventes de 40 %. "Avec Hélène, nous avons progressivement formé un véritable binôme. Nos compétences étaient complémentaires : elle portait la vision stratégique, et moi, j'étais concentré sur l'opérationnel, l'amélioration des produits et de l'expérience client, raconte François Snoeck, CEO depuis avril. Hélène voulait lever le pied, mais elle reste très impliquée. Elle m'a fait confiance en estimant que mon profil correspondait aux besoins futurs de BuildUp. Et son empreinte reste forte : l'image de l'entreprise est indissociable de la sienne."
Dans un contexte de pénurie de logements, si l'on (re-)construit, autant le faire intelligemment – et durablement."
Deux divisions
BuildUp s'inscrit dans une démarche environnementale et propose de construire "un avenir durable avec des solutions innovantes qui inspirent et créent un impact". "Le bâtiment représente à lui seul plus de 40 % des émissions de CO2 et 50 % de la consommation de ressources naturelles. Dans un contexte de pénurie de logements, si l'on (re-)construit, autant le faire intelligemment – et durablement", insiste François Snoeck.
BuildUp compte deux divisions : beSteel, spécialisée dans la construction en acier léger, et Retrofitt, qui produit des murs préfabriqués à haute efficacité énergétique pour une rénovation rapide et écoénergétique de bâtiments existants. "Nous avons réalisé de beaux projets et nous en avons encore un en cours, mais nos marges sont faibles, voire négatives, indique François Snoeck à propos de Retrofitt. Nous sommes arrivés trop tôt sur le marché. L'enjeu, maintenant, c'est de standardiser notre solution pour pouvoir l'appliquer plus largement, sans devoir réinventer à chaque fois."
BuildUp entend donc se concentrer sur sa filiale beSteel, qui offre une méthode de construction qui réduit les émissions de CO2 de 50 % par rapport aux constructions traditionnelles. "Nous avons là une grande expertise et une grande maîtrise de ce produit. Et les marges sont plus saines." La technique est utilisée pour les surélévations – la structure est légère et répond bien aux besoins accrus de logements dans les villes – ou la construction (à 80 % pour des logements). La PME envisage aussi de faire de la réhabilitation de bâtiments existants. "L'idée est de construire une boîte dans la boîte. On a des demandes pour des projets, une église et un couvent, par exemple ; mais rien n'est encore fait."
BeSteel réalise des projets dans le Benelux, en France et en Suisse et vend aussi dans les Dom-Tom.
Un nouveau business model
Dans son modèle, beSteel fabrique, hors site, l'ossature métallique et les panneaux en bois mais ne réalise pas l'installation. Pour cela, elle travaille avec des entrepreneurs locaux (pour les plus petits projets) ou des partenaires (pour les plus gros projets) tels que Mecca Build, une entreprise installée juste à côté du site de production de BuildUp à Aarschot (Louvain). "Nous devons cependant revoir notre business model. Dans un projet de construction, c'est souvent le prix qui prime. Or le nôtre, qui est garanti, peut être plus élevé que celui d'une construction traditionnelle, bien qu'au même niveau de l'ossature bois. Mais si on considère le coût total et les aléas qu'on a sur les chantiers (retard, évolution des prix, faillite d'un intervenant…), notre solution, rapide, est plus abordable. Mais nous devons essayer de faire encore plus d'opérations hors site afin d'avoir le minimum d'intervenants et de limiter ainsi les aléas sur chantier, Le challenge est d'aller chercher plus de revenus avec une solution plus complète réalisée avec quelques partenaires."
