Quel produit a connu la plus forte hausse de prix en un an ? On a comparé nos tickets de caisse
Nous avons comparé nos courses de l'été 2021 avec les tarifs actuels.

- Publié le 18-07-2022 à 10h06
- Mis à jour le 19-07-2022 à 15h35

Depuis plusieurs mois, l'inflation n'en finit pas de grimper. Fin juin dernier, le dernier calcul de Statbel sur l'indice des prix à la consommation faisait état d'une inflation de 9,65 %, soit son plus haut niveau depuis 1982, quand on avait atteint 9,84 %. Des chiffres qui ne réjouissent évidemment personne, car on ressent partout la hausse des prix. Et si on se focalise sur l'énergie qui bat des records de mois en mois, ce sont pratiquement tous les achats du quotidien qui coûtent plus cher, à tel point qu'on se demande parfois si on ne va pas plus haut que ces 9,65 %, qui représentent une moyenne de toutes les augmentations, et donc le calcul est parfois difficile à saisir.

Nous avons donc voulu y aller d'un calcul très concret. Au sein de la rédaction, nous avons retrouvé plusieurs tickets de caisse de l'été 2021, provenant de supermarchés d'enseignes différentes. Nous avons refait exactement les mêmes courses un an plus tard pour comprendre à quel point les prix avaient augmenté, et pour quels produits exactement. Nous avons mixé les résultats et sélectionné 40 produits du quotidien qu'on retrouve dans la majorité des ménages : du lait, de l'eau, de l'essuie-tout, du fromage râpé ou encore des fruits et des légumes. Et le résultat est sans équivoque : notre panier a augmenté de 15,89 % en un an !

Parmi les plus fortes hausses, on retrouve en tête la purée de tomates (+78,79 %), le gel douche Tahiti (+50,79 %), les Cornetto Classico (+42,99 %) ou encore les paquets de mouchoirs en papier (+38,11 %). Et si les hausses ne sont parfois que d'une dizaine de centimes ou d'un peu plus d'un euro, le ticket de caisse final pèse bien plus lourd. Pour les 40 produits sélectionnés, il est passé de 120,73 € à 139,92 €, soit 19,19 € et 15,89 % de plus en un an. Si on multiplie cette différence par le nombre de courses réparties sur une année, la somme peut donc devenir bien plus conséquente et peser sur le budget des ménages, d'autant plus que l'indexation des salaires n'est ou ne sera pas du même niveau. On parle actuellement d'un peu moins de 10 %, sachant également que cette augmentation n'arrivera qu'en janvier 2023 pour certains, en fonction de leur commission paritaire.

Toujours selon les chiffres de Statbel, on découvre également que certains produits de tous les jours font partie du top 8 des plus fortes augmentations comme l'huile (+28,9 %) ou encore le beurre (+21 %).
Et au niveau des baisses de prix ? Nous n'en avons trouvé que deux dans notre sélection : une pâte brisée qui a baissé de 6,82 %, mais aussi de la crème liquide de cuisine qui a baissé de… 41,57 % ! Il est important de noter que ces deux produits sont des produits blancs Delhaize qui font partie de l'action P'tit Lion. Pour rappel, l'enseigne a décidé de bloquer ou diminuer le prix de certains produits blancs pour aider les consommateurs. Des actions similaires existent aussi dans d'autres grandes enseignes. Il nous revient, par exemple, de chez Colruyt que la stratégie du prix le moins cher du marché pour l'ensemble des produits est toujours d'actualité, et que l'enseigne s'adapte aux actions des concurrents.

La viande a pris plus de 20 % ces derniers mois
Parmi les produits qui ont le plus augmenté, on retrouve pratiquement toutes les viandes. Dans notre liste, les produits à base de viande ont augmenté en moyenne de 20%. Le secteur ayant besoin de beaucoup d'énergie pour fonctionner, la facture des éleveurs augmente de manière énorme. Aussi, le prix des engrais a explosé. Par effet rebond, puisqu'il faut bien nourrir les animaux, c'est un autre poste qui a fortement augmenté pour le secteur, comme l'explique Filagri, le collège des producteurs wallons. "L'augmentation du coût des engrais est considérable et s'élève à +138 % en un an. Les derniers chiffres font état sur février et mars de 150 %. Cela s'explique par l'augmentation du prix du gaz, la réduction des exportations d'engrais par la Russie et la Chine et la demande mondiale assez forte, apprend-on. L'Europe est très dépendante en engrais. Les prix de l'ammonitrate, de l'urée et de la solution azotée se rapprochent ou ont dépassé les 1 000 €/T."
Les habitudes de consommation semblent aussi changer. "La consommation en viande bovine avait connu une nette diminution entre 2000 et 2016, mais celle-ci s'est stabilisée et tend à remonter (2020 effet Covid ?). Des difficultés d'approvisionnement sur certaines classes d'animaux ne sont pas à exclure. La filière est passée d'une situation de légère suroffre à une situation de tension du marché amenant les acteurs à augmenter les prix pour pouvoir commercialiser de la viande bovine. "