Pannes d'AdBlue: la plateforme d'indemnisation de Stellantis est lancée, mais les Belges vont devoir attendre
L'association de consommateurs Testachats salue le geste mais regrette que les clients belges doivent encore attendre.

- Publié le 21-01-2025 à 10h17
- Mis à jour le 21-01-2025 à 11h18

Les propriétaires de voitures diesel le savent, le système AdBlue peut être une galère. Pourtant, le système est louable, puisque l'AdBlue est un liquide à ajouter à son véhicule diesel pour réduire la pollution. Le problème, c'est que de nombreux véhicules affichaient des "pannes" pas toujours justifiées, ce qui empêchait par exemple de redémarrer sa voiture. De nombreuses marques de voitures ont été épinglées pour ces pannes, dont, entre autres, celles du constructeur Stellantis, qui a décidé de réagir. Il l'avait annoncé en décembre, il passe désormais à l'action.
"La semaine dernière, Stellantis a lancé une plateforme en ligne via laquelle les consommateurs peuvent se signaler s'ils ont subi des dommages dans les dossiers PureTech et AdBlue. La mise en place de cette plateforme fait suite à diverses plaintes introduites par des organisations de consommateurs en Europe, telles que Testachats en Belgique. Les premières analyses montrent que les Belges ne pourront pas bénéficier de remboursements dans l'immédiat. Toutefois, les consommateurs belges peuvent d'ores et déjà créer un compte sur la plateforme, et – selon diverses sources – leurs dossiers devraient être traités à partir de la fin du mois de février", annonce l'association de consommateurs Testachats. Rappelons que le changement d'un réservoir d'AdBlue défectueux peut coûter jusqu'à 1200 euros.
"Désastreuse"
"Normalement, Stellantis devait, ce 15 janvier, mettre en place une plateforme en ligne afin d'indemniser les consommateurs lésés par un système AdBlue défectueux. Finalement, la plateforme a été mise en place avec un jour de retard et n'a été communiquée que le lendemain, vendredi dernier", tacle d'entrée de jeu l'association.
"Offrir aux consommateurs la possibilité de demander leur indemnisation est évidemment une bonne nouvelle, mais la manière dont cela a été organisé est désastreuse", poursuit Jean-Philippe Ducart, porte-parole de Testachats, regrettant que la date ne soit pas respectée mais surtout que les consommateurs belges doivent encore attendre plus longtemps, "et des conditions très spécifiques s'appliquent pour obtenir une indemnisation. Nous surveillerons évidemment de très près le respect par Stellantis de ses engagements, et continuons de plaider pour des conditions plus souples pour pouvoir en bénéficier", signale-t-il.
Le décrié moteur PureTech "posant des risques sérieux"
Autre problème chez Stellantis, les moteurs PureTech (qui équipent beaucoup de Peugeot, de Citroën, mais aussi des marques d'autres constructeurs, comme Opel et Toyota) défectueux.
"Le principal problème observé est la détérioration rapide de la courroie de distribution, qui obstrue le filtre à huile, entraînant une baisse de la pression d'huile. Cela peut provoquer divers dommages, dont une consommation excessive d'huile, voire une défaillance totale du moteur, posant des risques sérieux pour la sécurité des conducteurs sur la route", explique Testachats, qui a porté plainte auprès de l'Inspection économique en décembre 2023. "Depuis avril 2024, Stellantis propose une extension de garantie de 175 000 km ou 10 ans sur les véhicules concernés. Mais la communication autour de cette extension n'a pas eu lieu, et les conditions pour pouvoir en bénéficier sont jugées trop restrictives pour Testachats", avance l'association.
Reste à voir si Stellantis va améliorer sa communication. Et si les autres marques, utilisant les moteurs PureTech ou l'AdBlue, vont réagir également.