L'Europe rassurée par les annonces de Washington et Pékin
L'optimisme est de mise chez les investisseurs.
- Publié le 12-05-2025 à 17h59
- Mis à jour le 12-05-2025 à 18h00

Les Bourses européennes ont terminé dans le vert lundi, saluant la suspension pour 90 jours de la majeure partie des droits de douane prohibitifs que les Etats-Unis et la Chine s'étaient mutuellement imposés, ravivant l'optimisme des investisseurs. "La décision des États-Unis et de la Chine de réduire fortement les droits de douane a été accueillie à bras ouverts par les investisseurs et les contrats à terme américains laissent entrevoir une nouvelle vague d'optimisme", note Susannah Streeter, responsable des marchés chez Hargreaves Lansdown.
La Bourse de Paris a terminé en nette hausse de 1,37%, Francfort a gagné 0,29%, Londres 0,59% et Milan 1,40%. A Bruxelles, l'indice Bel 20 a clôturé en progression de 0,82%, à 4.410,05 points.
Le fret maritime en hausse
Les avancées sur le plan commercial entre Pékin et Washington étaient ainsi attendues depuis plusieurs semaines. "Les expéditions de marchandises quittant les ports chinois à destination des Etats-Unis ont chuté de 40% depuis le mois d'avril", illustrait Andreas Rees, chef économiste pour l'Allemagne chez UniCredit, dans une note.
Maersk, numéro 2 du transport de conteneurs, prenait 12,02% à Copenhague, l'armateur allemand Hapag-Lloyd s'envolait de 13,11% à Francfort, et le groupe suisse de transport et de logistique Kuehne+Nagel 4,61% à Zurich.
Sur le marché du pétrole, anticipant une hausse de la demande en or noir, les prix étaient orientés à la hausse. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord progressait de 3,83% à 66,36 dollars et le baril de West Texas Intermediate de 4,16% à 63,56 dollars.
La défense en repli
Kiev et ses alliés européens ont réclamé pendant le week-end un cessez-le-feu "complet et inconditionnel" de 30 jours à partir de lundi, condition préalable selon eux pour l'ouverture de discussions de paix directes entre Russes et Ukrainiens en Turquie, comme l'a proposé le président russe Vladimir Poutine.
"La perspective d'un cessez-le-feu signifie que les besoins de défense seront moindres", ce qui entraîne le secteur à la baisse lundi, a commenté Andrea Tueni. A Paris, Thales perdait 3,33%, à Francfort, Rheinmetall chutait de 5,22%, Saab de 4,25% à Stockholm.
Les valeurs pharmaceutiques reculent
Les valeurs pharmaceutiques sont "sous pression, en raison des projets de Trump d'ordonner une baisse des coûts des médicaments prescrits sur ordonnance aux Etats-Unis", note Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank.
Dimanche soir, Donald Trump avait annoncé qu'il signerait lundi à 13H00 GMT un décret mettant en ouvre cette nouvelle politique visant à diminuer les prix des médicaments sur ordonnance de 30% à 80%, sans donner plus de détails sur ce calcul.
A la Bourse de Paris, vers 12H05 GMT, Sanofi se délestait de 1,76%. A Londres, AstraZeneca (-3,24%) et GSK (-1,96%) étaient en forte baisse. A Francfort, Sartorius reculait de 1,48%. A Zurich, Novartis lâchait 2,58% et Roche 3,80%.
L'avis des Brokers :
Melexis (+ 8,98 % à 60,05 euros) a été relevé de " conserver " vers " acheter " chez Deutsche Bank, la cible étant relevée de 50 vers 70 euros. L'analyste estime qu'après la division par deux du cours intervenue depuis 2023, il est temps de redevenir positif sur les perspectives boursières. " La correction des stocks sur le secteur est désormais derrière nous, et le groupe est exposé sur le marché des véhicules électriques en Chine, qui connaît une forte croissance ".
AB Inbev (-0,33 % à 59,64 euros) a été relevé à " acheter " chez Goldman Sachs, avec un objectif remonté de plus de 25% à 78 euros. Le courtier estime que le brasseur est désormais en bonne position pour redevenir une action de référence sur son secteur, grâce notamment aux 60% du chiffre d'affaires généré sur les marchés émergents. L'analyste s'attend à une croissance des ventes autonomes de 4,5% à moyen terme, notamment grâce à l'important catalogue de bières premium dans le portefeuille, avec une croissance du résultat opérationnel qui devrait ressortir dans le haut de la fourchette de la direction.
Solvay (+3,87 % à 31,12 euros) a été maintenu à " conserver " chez Degroof Petercam, avec un objectif légèrement descendu vers 35 euros suite à la publication des résultats pour le premier trimestre. " Si le résultat opérationnel est ressorti sur un niveau conforme aux attentes, la prévision d'une baisse de cet indicateur pour le deuxième trimestre a constitué une déception ", souligne l'analyste. " Les clients sont devenus plus prudents en raison de la hausse des incertitudes macroéconomiques ".
