Les Windsor refermeront sans regret cette "annus horribilis" 2025
Après une année marquée par des révélations supplémentaires sur la conduite scabreuse d'Andrew, les traitements contre le cancer de Charles III et de Kate la duchesse de Cambridge et enfin les frictions entre les frères William et Harry, la famille royale britannique espère une année 2026 plus apaisée.

- Publié le 31-12-2025 à 12h04
- Mis à jour le 31-12-2025 à 12h15

La fin d'année n'aura pas épargné la famille royale. Chaque nouvelle publication du Département américain de la Justice sur le dossier Jeffrey Epstein est en effet venue confirmer l'implication d'Andrew, le frère du roi Charles III, dans les réseaux du proxénète américain, décédé en prison en 2019.
Rendu public la semaine dernière, un courriel envoyé le 16 août 2001 par Andrew à Ghislaine Maxwell, l'amie et collaboratrice d'Epstein, révèle ainsi une demande scabreuse de celui qui était encore le duc d'York : "M'as-tu trouvé de nouvelles amies inappropriées ?"… Une phrase on ne peut plus révélatrice de la part de celui qui est accusé d'avoir eu de multiples relations sexuelles avec des femmes mineures "fournies" par ses deux amis.
Andrew est désormais un paria
Quelques jours plus tôt, plusieurs photographies du trio Epstein, Maxwell et Andrew avaient déjà été diffusées. La première avait été prise en juin 2000 dans la loge royale des courses hippiques d'Ascot. La seconde en 1999 dans la campagne autour de la maison écossaise de la famille royale à Balmoral. Elles ont permis de confirmer le rôle majeur du frère du Roi dans les plans échafaudés par les deux criminels.
"Epstein s'est joué d'Andrew", avance Andrew Lownie, historien et auteur de livres sur la famille royale, dont une récente biographie d'Andrew et de son épouse Sarah Ferguson, également impliquée dans ce dossier. "Le prince était un idiot utile qui conférait à Epstein une certaine respectabilité, lui donnait accès aux dirigeants politiques et lui offrait des opportunités commerciales. Il trouvait facile de l'exploiter."
Un autre cliché est sans doute revenu dans les discussions de Noël de la famille royale : habillé en smoking, Andrew est allongé sur les genoux de cinq jeunes femmes (au visage flouté). Les spécialistes ont rapidement reconnu l'arrière-plan de cette photo : elle a été prise dans l'une des pièces de la demeure royale de Sandringham, où toute la famille royale s'est réunie cette année encore pour Noël. Mais sans le principal incriminé, cette fois, à qui son frère a retiré tous ses titres et qui se fait désormais appeler Andrew Mountbatten Windsor.
La santé fragile de Charles III
Ces révélations permettront-elles de souder une famille qui a traversé une annus horribilis ? Elle semble avoir été au moins aussi pénible que l'année 1992, lorsque trois des enfants de Elizabeth II s'étaient séparés ou avaient divorcé, que le château de Windsor avait partiellement brûlé et que la Reine avait été bombardée avec des œufs lors d'un séjour en Allemagne.
Le discours du roi Charles diffusé à la télévision le 12 décembre sur l'évolution positive de son cancer annonce peut-être un cru 2026 plus enthousiasmant, où l'ombre d'Andrew aura en grande partie disparu. Le souverain a indiqué que "son traitement sera réduit l'année prochaine" en raison des bons résultats enregistrés par ses médecins.
Ce message ne viserait pas seulement à encourager les Britanniques à se faire tester pour le cancer. Pour Richard Kay, le journaliste du tabloïd The Daily Mail en charge du suivi de la famille royale, "c'était juste un petit rappel de la part de Charles III pour dire : 'Bonjour, je suis toujours là. Je ne vais nulle part. Et tant que je serai roi, nous ferons les choses à ma façon'."
William affiche des envies de changement
Depuis la révélation de ce diagnostic, il est en effet devenu évident qu'à 77 ans, Charles III ne possède pas l'étonnante condition physique de sa mère, décédée à 96 ans. La montée sur le trône de son fils aîné William semblait alors se préciser. D'autant que ces derniers mois, le duc de Cambridge a remplacé son père à plusieurs reprises. "Père et fils sont devenus plus proches ces dernières années, depuis que William a compris ce que son travail implique, notamment soutenir son père", assure Andrew Lownie.
Le soutenir ne signifie cependant pas prendre sa place. Or, début octobre William avait indiqué dans un entretien diffusé sur Apple TV que "le changement fait partie de mes priorités". S'il trouvait "très important que la tradition perdure", le Prince de Galles se demandait si "la tradition est toujours adaptée à notre époque" et si la famille royale continuait à "avoir autant d'impact que possible". D'où sa volonté de "remettre davantage les choses en question".
Une déclaration directe sans doute perçue comme déplacée par son père, qui entend façonner la monarchie britannique pour quelques années encore.
Harry continue à diviser
D'autant qu'un sujet familial crée des tensions avec l'héritier du trône : le traitement de son cadet Harry, exilé sur la côte ouest des États-Unis et auteur d'une autobiographie qui a fini de braquer les siens contre lui. "William estime qu'on ne peut pas faire confiance à Harry", estime Andrew Lownie. "Il trouve que son père s'est montré trop faible et s'est laissé mener par le bout du nez, et qu'il doit se montrer sévère avec son frère." Une vision sans doute un peu trop émotionnelle, que ne partage pas son père. Depuis que le duc de Sussex a fait part en mai de son désir de se "réconcilier" avec ses proches, le Roi l'a rencontré à plusieurs reprises alors que Harry fait des séjours récurrents au Royaume-Uni.
Depuis son départ, ce dernier s'est lancé dans plusieurs croisades judiciaires. Il a d'abord contesté en justice la décision du ministère de l'Intérieur de réduire la sécurité mise à sa disposition lors de ses passages sur le sol britannique. Un procès perdu en appel au printemps. Il a aussi accusé plusieurs tabloïds britanniques d'avoir écouté illégalement sa vie privée. Le prochain procès, pour lequel le chanteur Elton John et l'actrice Liz Hurley se sont également constitués partie civile, débutera le 14 janvier.

L'enfant terrible de Charles III est également venu parler lors de différents événements des questions de santé mentale, l'une des causes qu'il défend. Et il sera présent lors de la prochaine édition des Invictus Games, la compétition sportive destinée aux vétérans de l'armée malades, handicapés ou blessés, se tiendra en 2027 à Birmingham. Le couple Harry-Meghan aura bien besoin de ce coup d'éclairage positif, tant il demeure parmi les membres les moins appréciés de la famille royale depuis leur exil impromptu et la multiplication des critiques contre les Windsor : ils récoltent à peine 34 % et 25 % d'opinions favorables auprès des Britanniques, selon l'institut YouGov, contre 62 % et 68 % pour William et Kate. Une popularité qui n'a pas été sensiblement affectée par les affaires familiales.