Pollution de l'air, de l'eau et des sols : la Wallonie peut mieux faire
L'environnement wallon fait face à de nombreux défis qu'un nouveau rapport tente d'objectiver le plus précisément possible.
- Publié le 16-04-2024 à 18h55
Réchauffement climatique, érosion de la biodiversité, disponibilité d'eau potable en quantité suffisante, pollution des sols… L'environnement wallon fait face à de nombreux défis que le "Diagnostic environnemental de la Wallonie" tente d'objectiver le plus précisément possible. Cette analyse, qui vient compléter la série des "Rapports sur l'État de l'environnement wallon" publiés par la Région depuis près de quarante ans offre une vue d'ensemble de la situation environnementale du Sud du pays en se concentrant sur quatre grandes thématiques : l'air, l'eau, les sols et la biodiversité.
Qualité de l'air : des émissions de CO2 en baisse, mais toujours supérieures à la moyenne européenne
De nombreuses améliorations ont été enregistrées au niveau de la qualité de l'air ces dernières décennies, affirme le rapport. Des améliorations qui se manifestent à la fois par une baisse des rejets de gaz à effet de serre et de plusieurs polluants atmosphériques (comme les particules en suspension qui ont diminué de 60% entre 2000 et 2021, le dioxyde d'azote et les substances acidifiantes) et par une diminution globale de la concentration en polluants dans l'air ambiant.
Le rapport indique ainsi que les concentrations en particules, en ozone et en substances acidifiantes respectent les normes européennes. Elles restent cependant supérieures aux normes, plus strictes, de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Mais ces évolutions positives doivent être tempérées, admettent les auteurs du rapport. Tout d'abord, parce que la diminution des émissions s'explique principalement par des facteurs qui auront moins d'impact dans les années à venir comme la fermeture d'entreprises actives dans le secteur de l'industrie lourde (sidérurgie…). Ensuite, parce que les données d'émissions présentées dans le Diagnostic environnemental de la Wallonie ne tiennent pas compte des émissions liées aux importations de biens et services consommés par les Wallons.
L'impact positif du covid sur la pollution de l'air se confirme
En 2020, les émissions de gaz à effet de serre affichaient une baisse de 5 % par rapport à 2019. Une baisse qui s'explique essentiellement par les mesures liées à la crise du covid. Le confinement, la limitation des déplacements et le télétravail ont fortement contribué à faire chuter les émissions du transport routier (-18 % par rapport à 2019), secteur qui représentait à lui tout seul 21 % des émissions de CO2 en 2021.
En 2021, la Wallonie a ainsi globalement émis dans l'atmosphère 34 millions de tonnes équivalent CO2 de gaz à effet de serre, principalement produites par l'industrie et le transport routier.
La trop lente amélioration de l'état des eaux wallonnes
Les eaux wallonnes font elles aussi face à de nombreuses pressions. "L'eau est une ressource renouvelable grâce au cycle de l'eau mais sa disponibilité reste limitée et sa qualité et celle des écosystèmes aquatiques sont altérées par les activités humaines", souligne le rapport.
Depuis 2010, la directive-cadre sur l'eau établit des règles et fixe des objectifs pour mettre fin à la détérioration de l'état des masses d'eau et parvenir au bon état des rivières, lacs et eaux souterraines. Des améliorations sont observées mais elles restent lentes notamment en raison des nombreuses formes de pollution diffuse qui touchent l'eau.
Les sécheresses saisonnières, de plus en plus fréquentes augmentent également la pression sur l'eau. Le rapport pointe dès lors les enjeux de priorisation des usages qui risquent d'intervenir si les sécheresses devaient encore s'accentuer.
Selon le rapport, aucune masse d'eau de surface wallonne n'est en bon état chimique, c'est-à-dire épargnée par les polluants. Mercure, polybromodiphényléthers, hydrocarbures aromatiques polycycliques… la liste des polluants qui déclassent les masses d'eau wallonnes est longue comme le bras. Sans eux, 73 % des masses d'eau seraient jugées en bon état chimique. C'est dans le bassin de l'Escaut et dans quelques sous-bassins de la Meuse que la pollution est la plus forte.
Les sols soumis à de nombreuses pressions
Au même titre que l'eau et que l'air, les sols wallons sont soumis à de nombreuses pressions qui les empêchent d'assurer leurs fonctions de biodégradation de certains polluants et de régulation du climat local.
Parmi ces enjeux, l'artificialisation des sols liée la construction de nouveaux logements, les pressions agricoles et les traces de l'industrialisation passée qui continuent à jouer un rôle important.
Parmi les multiples défis actuels pour améliorer l'état des sols, le rapport cite prioritairement la maîtrise de la consommation en sol dans un contexte de demande toujours croissante, l'augmentation des teneurs en matière organique dans les sols agricoles et la lutte contre les phénomènes d'érosion des sols agricoles, la lutte contre les phénomènes de pollution diffuse.
