"Je n'ai pris aucun plaisir" : Nafi Thiam réagit après son abandon aux Mondiaux d'athlétisme (VIDEO)
Notre heptathlonienne a mis fin à son concours après cinq épreuves, une situation inédite dans toute sa carrière internationale.
- Publié le 20-09-2025 à 07h43
- Mis à jour le 20-09-2025 à 08h00
Nafi Thiam a mis un terme à son heptathlon après cinq épreuves, ce samedi aux championnats du monde de Tokyo. Après un concours du saut en longueur qui n'a pas répondu à ses attentes, notre compatriote a rencontré la presse pour expliquer qu'elle hésitait à continuer mais sans doute sa décision était-elle déjà prise à ce moment-là.
"Je ne vais pas prendre de décision à chaud, je vais d'abord en discuter avec l'équipe. Clairement mon corps n'est pas content ! Je n'ai pas envie de faire des bêtises parce que je pense que maintenant, finir, ce serait pour le principe."
Quelques minutes plus tard, son coach Michael Van der Plaetsen, en colère suite aux événements des derniers jours et pointant du doigt une fédération incapable selon lui de la placer "dans sa bulle, dans de bonnes conditions", a officialisé l'abandon de son athlète.
Voici ce que Nafi avait à dire après la cinquième épreuve de cet heptathlon…
"Cela a été difficile dès le début, j'ai essayé de me battre, de passer à travers ces difficultés mais clairement cela ne suit pas. J'ai du mal à l'expliquer moi-même."
Je n'ai même pas les mots pour ma performance sur 200m !
Votre début d'heptathlon, vendredi, était somme toute correct.
"Oui, les trois premières épreuves n'étaient pas extraordinaires mais décentes, et par rapport aux autres j'étais encore bien placée. Et puis le 200 m, je ne comprends pas… Je partais avec les mêmes intentions et la même envie que sur les autres épreuves mais voilà… Je ne sais pas si c'était la fatigue des épreuves qui se sont enchaînées. Ayant terminé la hauteur la dernière, et étant dans la première série du 200 m, je n'ai même jamais eu le temps de m'asseoir. Le couloir sur 200 m n'était pas top, mais au-delà de ça je n'ai même pas les mots pour ma performance. Cela a vraiment été un gros coup au moral, qui n'était déjà pas au beau fixe avant…"
Quel était votre état d'esprit ce samedi matin ?
"Je me suis dit que je devais me battre jusqu'au bout pour ne pas repartir les mains vides. J'ai quand même fait du bon travail cette année, j'ai fait de bonnes compétitions en longueur aussi, je savais que j'étais capable de faire quelque chose de bien et de me battre pour ma place dans le ranking. Malheureusement ce n'est pas comme ça que ça s'est passé… Déçue !"
Racontez-nous ce concours de longueur.
"J'ai fait des sauts qui n'étaient pas mal. Au premier, je ne suis pas sur la planche, donc je perds pas mal de centimètres. Le deuxième était bon mais je mords d'un rien. Et sur le troisième j'y vais vraiment à fond, n'ayant plus rien à perdre, c'était tout ou rien, et c'était rien ! C'est le sport, c'est difficile mais c'est comme ça."
Avez-vous pu trouver le sommeil vendredi soir ?
"Difficilement, très difficilement. J'ai mal dormi, mais bon comme souvent pendant les heptathlons, rien d'exceptionnel à ce niveau-là. Non, au-delà des performances, le plus dur pour moi c'est de m'être dit que je venais ici pour prendre du plaisir et m'amuser parce que c'était une bonne occasion, après les saisons précédentes, d'arriver sans pression, de faire ce que j'aime et ça n'a vraiment pas du tout été le cas."
J'avais énormément de pensées négatives, que j'ai essayé de bloquer.
Dans quelle mesure les événements de ces dernières semaines ont-ils influencé votre compétition ?
"C'est difficile de quantifier ces choses-là et peu importent les raisons de comment je me sens, cela reste la vérité de comment je me sens. Quand tu commences une compétition avec autant de négativité, c'est dur de le transformer en amusement en arrivant sur la piste. Cela a été vraiment un combat : le premier jour, j'avais énormément de pensées négatives, que j'ai essayé de bloquer, mais j'avais vraiment un nuage noir qui m'a suivi pendant toute la compétition. C'est ça le plus dur."
Votre préparation n'a pas été idéale…
"J'ai pris mon temps, il y a eu des petits couacs physiques et il y a eu peu de compétitions, mais j'ai déjà fait des heptathlons avec seulement des entraînements derrière moi. Je n'étais certes pas dans la meilleure forme mais le sport c'est toujours un ensemble de choses et on ne peut pas toujours tout expliquer. C'est aussi un peu tôt pour moi, à chaud, de prendre du recul. Je suis déçue."
Avez-vous pu bénéficier de soins ?
"Oui, Didier (Verhasselt, un des kinés de la délégation) était avec moi pendant les deux jours."
Ceci pourrait-il avoir conséquences pour l'avenir ?
"Je crois que c'est un peu tôt, il va d'abord falloir que je digère ces deux jours-là, et on verra après… Je n'ai pas trop envie de me projeter.
