Ces conseillers de l'ombre qui pilotent la campagne électorale des partis politiques
Il s'agit généralement d'une équipe resserrée autour de la présidence, chargée d'impulser les orientations stratégiques.




- Publié le 11-05-2024 à 07h11
- Mis à jour le 13-05-2024 à 22h36

On ne les voit pas. On ne les connaît pas. Et pourtant, ils sont des rouages essentiels de la campagne électorale des partis politiques dans la perspective des élections fédérales, régionales et européennes du 9 juin.
Chaque formation politique a une équipe resserrée de conseillers autour de la présidence dont le rôle est de déterminer les lignes directrices de la campagne, tant sur la forme que sur le fond ; d'adapter la stratégique et rebondir sur l'actualité quand cela le nécessite ; communiquer les éléments de langage aux candidats qui battent le pavé en province ; mobiliser les réseaux sociaux, devenus un outil central dans la communication politique ; mais aussi, plus prosaïquement, organiser la campagne sur le terrain, répondre aux sollicitations diverses (des médias, de la société civile, de l'électeur lambda), planifier la participation aux débats, etc.
Qui sont-ils, qui sont-elles ? La Libre vous fait découvrir les principaux conseillers de l'ombre des partis francophones.
Au PS, "tout le monde est mobilisé"
Au PS, le retour il y a quelques mois d'un ancien directeur de l'IEV (le centre d'étude du parti) pour diriger la campagne avait un peu surpris. Gilles Doutrelepont avait quitté son poste de chef de cabinet du ministre-Président wallon, Elio Di Rupo, fin 2020 pour travailler chez P&V (assurances) après de très nombreuses années passées dans le giron du parti, à l'IEV, mais aussi dans différents cabinets ministériels. C'est lui qui coordonne l'ensemble de la campagne pour le scrutin du 9 juin. Mais c'est l'ensemble du personnel du parti qui est évidemment sur le pont. "Tout le monde est mobilisé", explique le porte-parole du PS, Frédéric Masquelin. Ce dernier, qui joue un rôle important dans la campagne, a vu, dans la perspective des élections, le service de communication qu'il dirige, s'enrichir de quelques engagements, notamment un graphiste.

Mais au PS, on prépare déjà la suite. L'IEV (une douzaine de personnes) travaille sur les fiches et autres dossiers qui seront utiles au président, Paul Magnette, et aux éventuels autres négociateurs socialistes si ceux-ci sont en mesure de monter dans les futurs gouvernements. Le directeur de l'IEV, Amaury Caprasse et son équipe sont ainsi au cœur du dispositif pour ne rien laisser au hasard.
Au MR, Bouchez assume presque seul la stratégie
En bon libéral, croyant en l'individu et en lui-même, le président Georges-Louis Bouchez ne délègue pas grand-chose de sa réflexion stratégique électorale. Comme il l'a fait depuis qu'il a pris la tête du parti fin 2019, il se fie à ses intuitions pour déterminer les thèmes de campagne sur lesquels appuyer, les adversaires à attaquer et à quel moment… Toutefois, il est entouré de collaborateurs avec lesquels il teste ses idées.
Citons, entre autres, Jolan Vereecke, un ancien (mais jeune) avocat d'affaires arrivé au MR en même temps que "GLB". Une sorte de plombier politique, un facilitateur qui débloque les choses et participe à la réflexion politique… Jolan Vereecke n'est ni le chef de cabinet (Axel Miller, l'ancien patron de Dexia et de D'Ieteren), ni le conseiller en communication du MR mais une sorte de synthèse de tous ces rôles, une sorte de miroir tendu au président en permanence. Avenue de la Toison d'Or, leurs bureaux respectifs sont au même étage et se font face.

Dans cette campagne comme durant le reste de son mandat, Georges-Louis Bouchez a veillé à être très présent dans les médias flamands. Un homme est chargé d'assurer sa visibilité au nord du pays : John Hendrickx. Ce dernier a une très longue expérience aux côtés des mandataires du MR. Il a travaillé avec Didier Reynders pendant 10 ans.
Au PTB, c'est une direction collective
Au PTB, aucun directeur de campagne n'a été désigné. "Il y a une direction collective de la campagne exercée par ceux qui assurent la direction politique journalière du parti, explique germain Mugemangango, l'un des porte-parole francophones du PTB et élu wallon. Cette direction journalière veille à ce que la colonne vertébrale du parti touche toutes les provinces et toutes nos sections, parce que la campagne, elle se fait avant tout sur le terrain." Cette direction politique journalière est assurée avant tout par trois personnes : le président Raoul Hedebouw, son prédécesseur, Peter Mertens, qui occupe aujourd'hui le poste de secrétaire général du PTB, et le directeur politique du parti, à la tête aussi du service d'étude, David Pestieau, qui est un personnage clé dans le dispositif. Contrairement aux deux autres, il n'exerce pas de mandat électif et se consacre pleinement au parti.

Le personnel du PTB est donc focalisé pour l'instant sur toutes les questions qui ne manquent pas de surgir dans l'espace public pendant une campagne électorale. "Ils sont plus orientés vers les besoins concrets de ceux qui sont sur le terrain", explique encore Germain Mugemangango. Ils s'occupent aussi de la production des différents supports matériels utiles pour les candidats en campagne et pour les militants.
Écolo, en mode "intelligence collective"
À la Green House, le siège commun d'Écolo et de Groen à Bruxelles, Jean-Marc Nollet est considéré comme un cerveau hyperactif. Dormant peu la nuit, il en profite pour travailler et noircir d'idées ses petits carnets. Il est au cœur de la réflexion et de stratégie du parti.
Mais le coprésident, en adepte de l'écologie politique, se doit de miser aussi sur l'intelligence collective, qui est l'un des principes de base des assemblées de militants. On pense mieux à plusieurs que tout seul, pour résumer. Par conséquent, les piliers de la campagne des verts en ce qui concerne les collaborateurs du parti sont assez nombreux. Trois directeurs de campagne ont été désignés : Nicolas Blanchart, directeur politique adjoint ; Catherine Marion, directrice en charge des évènements ; Hélène Wallemacq, directrice du pôle "ancrage local" du parti. À leurs côtés, Nicolas Lemoine officie comme directeur politique d'Écolo.

Au niveau de la cellule com', une arrivée récente renforce les effectifs : après 19 ans de journalisme chez RTL, où il a été notamment titulaire de l'interview matinale en radio, Antonio Solimando est devenu le directeur du service communication des verts francophones.
Chez Les Engagés, une répartition claire des rôles
Le premier cercle des conseillers autour du président Maxime Prévôt compte une petite dizaine de personnes. D'abord son chef de cabinet, Stéphane Nicolas. Il supervise l'ensemble du contenu politique qui est diffusé par le parti ou les candidats lors de toutes leurs interventions. À ses côtés, la porte-parole du parti, Audrey Jacquiez, gère les demandes médiatiques pour le président et les candidats, tandis que le directeur de la communication, François Dubru, coordonne la stratégie, la production et la diffusion de la communication digitale (web, réseaux sociaux) et sur les supports promotionnels. Le secrétaire général du parti, Gauthier de Sauvage, coordonne, lui, la dynamique interne de la campagne avec, entre autres, les coordinateurs locaux, l'équipe d'animation (Francine Vanuytrecht) et la responsable juridique (Isabelle Karl). Il gère aussi les dimensions financière et opérationnelle.
Le président du centre d'étude, Laurent de Briey, alimente la vision stratégique du parti en cohérence avec son Manifeste, ses statuts et le processus participatif de consultation citoyenne. Il fournit également des argumentaires aux candidats. Enfin, l'assistante administrative de M. Prévot, Danielle Hubert, coordonne et répond au flux des demandes de débats, de questionnaires et mémorandums venant de toutes parts.

Chez Défi, une petite équipe soudée autour De Smet
Chez Défi, la campagne est souvent une affaire fort urbaine, et bruxelloise. Et même si en juin 2019 le parti vise une percée en Wallonie, c'est dans la capitale que se joue toutefois l'essentiel des enjeux. Défi, plus petit parti francophone représenté à la Chambre, est loin d'avoir les moyens de ses concurrents. Autour du président François De Smet, une petite équipe constitue le cœur du réacteur de la campagne. Abdullah Mohammad, ex-chef de cabinet du président, n'en fait plus partie. Il était l'homme de l'ombre, en charge de la logistique et de la gestion des affaires courantes du parti. Il en est sorti en raison du délétère conflit qui l'a opposé à Olivier Maingain. Il assume actuellement la direction du centre d'études, et contribue malgré tout à la campagne sur le plan logistique et technique. C'est Christophe Verbist, l'ancien directeur du Centre d'études, qui l'a remplacé provisoirement, pour assumer la fonction de bras droit du président. Cet ancien directeur de cabinet d'Olivier Maingain, très respecté à l'intérieur du parti, s'occupe, entre autres, de la préparation des (nombreux) débats prévus avant le 9 juin. Il y a aussi, Clémentine Roelants, qui a rejoint le parti l'an dernier, et est chargée de l'événementiel du parti amarante. Citons encore Michaël Carletta, attaché presse, qui se charge quant à lui des relations avec les médias.
